21 mai 2026

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Un statut et de nouvelles missions pour 20 % des AESH : ces propositions ne répondent pas aux revendications !

Un groupe de tra­vail « AESH » s’est réuni le mer­cre­di 20 mai 2026. Il avait pour objet de rendre compte d’un rap­port conjoint de l’inspection géné­rale de l’éducation, du sport et de la recherche et de l’inspection géné­rale des affaires sociales sur le « rôle et mis­sions des AESH ».

Un sou­tien total à la poli­tique d’inclusion sys­té­ma­tique et forcée

Ce rap­port s’inscrit tota­le­ment dans l’acte 2 de l’Ecole inclu­sive com­bat­tu par la FNEC FP-FO. Il pré­voit « un nou­veau cap à la mise en œuvre réelle de la loi de 2005, en prio­ri­sant le cap de l’accessibilité. » L’objectif est ain­si de mettre plus d’« acces­si­bi­li­té » (du conseil et du « coa­ching », notam­ment via les PAS, Pôles d’Appui à la Sco­la­ri­té, des res­sources péda­go­giques, par­fois du maté­riel…) et moins de « com­pen­sa­tion » (des moyens humains pour prendre en charge les élèves : ensei­gnants spé­cia­li­sés, édu­ca­teurs spé­cia­li­sés, AESH…)

Il indique ain­si qu’il faut « outiller les ensei­gnants par la for­ma­tion ini­tiale, l’appui en res­sources dédiées (métiers de l’accessibilité), le sou­tien aux PAS et éva­luer les direc­teurs d’établissement/proviseurs sur l’atteinte d’objectifs sur leur pro­jet d’accessibilité. »

Il sou­tient le prin­cipe du « ser­vice médi­co-social à l’Ecole » donc le déman­tè­le­ment pro­gram­mé des éta­blis­se­ments sociaux et médi­co-sociaux avec leur externalisation.

Remettre en cause l’aide indi­vi­dua­li­sée et réduire le nombre d’AESH

Concer­nant les AESH, hor­mis quelques vœux pieux (reva­lo­ri­sa­tion de la grille des AESH, pri­vi­lé­gier les affec­ta­tions à l’année…), les pré­co­ni­sa­tions du rap­port sont plus qu’inquiétantes :

  • Il faut « pri­vi­lé­gier une approche por­tée sur l’adaptation col­lec­tive de la classe plu­tôt que sur l’aide individualisée »

  • « Le dis­po­si­tif des AESH incarne le modèle de l’accompagnement humain pré­caire » [à qui la faute !]

  • « L’effet écran [c’est-à-dire la pré­sence d’une AESH en aide indi­vi­dua­li­sée] consti­tue un frein au déve­lop­pe­ment des apprentissages »

  • Il faut « cla­ri­fier le décompte des heures connexes en veillant au sui­vi de leur uti­li­sa­tion pour la for­ma­tion » [les AESH sont trop payées… Elles peuvent bien effec­tuer des for­ma­tions sur leur temps hors classe !]

  • Il faut valo­ri­ser et sécu­ri­ser la fonc­tion d’AESH référente.

Un « sta­tut » pour 20 % des AESH qui devien­draient « assis­tantes d’accessibilité »

Concer­nant le Sta­tut, le rap­port écarte d’un revers de main la « fonc­tion­na­ri­sa­tion géné­rale » et indique : « sans poly­va­lence ou exten­sion du temps de ser­vice (sur le péri­sco­laire ou l’extra-scolaire), l’AESH dans sa fonc­tion d’accompagnant ne peut exer­cer à temps com­plet. » [Et pour­quoi donc ? Les sta­tuts par­ti­cu­liers existent !]

Le rap­port pré­co­nise une piste alter­na­tive : « créa­tion d’un corps d’ « assis­tant d’accessibilité », fonc­tion­naires de caté­go­rie B à temps plein (1607h/an), avec un temps d’accompagnement des élèves (non pas de manière indi­vi­duelle mais dans un ser­vice à la classe) et d’autres mis­sions en com­plé­ment (mise en œuvre de l’en­semble des tech­niques et méthodes concou­rant à la réa­li­sa­tion des mis­sions d’accessibilité, par exemple res­pon­sables du bon fonc­tion­ne­ment du maté­riel adap­té, de l’encadrement des AESH et de leur for­ma­tion, et de l’assistance aux pro­fes­seurs dans les tra­vaux d’accessibilité.) »

L’entrée au sein du corps se ferait par concours mais seule­ment pour une par­tie des AESH… L’administration a pré­ci­sé ora­le­ment que cela ne concer­ne­rait que 20 % des AESH.

Et pour les 80 % qui res­tent ? « Main­tien d’AESH contrac­tuels [tou­jours à temps par­tiel impo­sé donc tou­jours sous payées] pour exer­cer la mis­sion d’accompagnement des élèves en situa­tion de han­di­cap afin de main­te­nir un recru­te­ment au fil de l’eau. » Inac­cep­table !

Cette fonc­tion d’assistant d’accessibilité serait cha­peau­tée par une autre nou­velle fonc­tion : le « conseiller prin­ci­pal acces­si­bi­li­té (CPA), res­pon­sable du déve­lop­pe­ment de l’accessibilité au sein de la cir­cons­crip­tion ou de l’EPLE, avec auto­ri­té fonc­tion­nelle sur les per­son­nels res­sources de l’école inclu­sive (notam­ment ERSEH, for­ma­teurs, per­son­nels RASED et AESH), en lien avec le PAS. »

La FNEC FP-FO consi­dère ces annonces comme extrê­me­ment dan­ge­reuses ! Elles ne répondent en rien aux reven­di­ca­tions des personnels !

Le minis­tère a indi­qué ne pas avoir encore sta­tué et sou­haite pour­suivre les concer­ta­tions. Un nou­veau groupe de tra­vail est pro­chai­ne­ment convoqué.

La FNEC FP-FO a indi­qué pour sa part son refus des pro­po­si­tions pro­vo­ca­trices conte­nues dans ce rap­port et a réaf­fir­mé ses reven­di­ca­tions concer­nant les AESH :

  • un vrai sta­tut de fonc­tion­naire pour toutes les AESH à 24 heures temps plein

  • l’augmentation immé­diate des salaires des AESH

  • l’abandon des PAS, des PIAL et de la poli­tique de mutualisation

  • la subro­ga­tion immédiate

  • l’octroi effec­tif des jours de fractionnement

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