Plan fran­çais et maths : un dis­po­si­tif issu de PPCR, pour aller vers le nou­veau mana­ge­ment du « Grenelle »

2 Sep, 2021Com­mu­ni­qué, Défense du statut

Le ministre a envoyé pen­dant les congés une cir­cu­laire inti­tu­lée « Conso­li­da­tion des plans fran­çais et mathé­ma­tiques » aux rec­teurs et IA-DASEN. Elle concerne les for­ma­tions dites « en constel­la­tion » mises en place dans le pre­mier degré et les « labo­ra­toires de mathé­ma­tiques » du second degré. Rap­pe­lons que ces dis­po­si­tifs sont lar­ge­ment reje­tés par les per­son­nels là où ils ont été imposés.

Le ministre met la pres­sion sur les direc­tions aca­dé­miques pour ampli­fier ce dis­po­si­tif et indique « des indi­ca­teurs de sui­vi des plans fran­çais et mathé­ma­tiques seront deman­dés aux aca­dé­mies au cours du pre­mier tri­mestre 2021–2022 et leur ana­lyse fera l’objet d’un échange au moment du dia­logue stra­té­gique de ges­tion et de per­for­mance des aca­dé­mies avec le minis­tère. »

Dans le pre­mier degré, il pré­cise même qu’il s’agit « d’un objec­tif de for­ma­tion essen­tiel et d’une prio­ri­té en matière de rem­pla­ce­ment » ! Alors que les postes manquent par­tout et que, dès la ren­trée, des classes sont sans ensei­gnant… Les per­son­nels apprécieront !

Pour­quoi un tel achar­ne­ment à impo­ser ce plan, en par­ti­cu­lier compte tenu des condi­tions actuelles de rentrée ?

Pour com­prendre, il faut par­tir de l’origine (le pro­to­cole PPCR sur l’évaluation des ensei­gnants et son volet « accom­pa­gne­ment ») pour aller vers l’objectif du ministre (le « Gre­nelle » qui vise à tota­le­ment indi­vi­dua­li­ser les car­rières en ins­tau­rant une logique RH comme dans le privé).

Un accom­pa­gne­ment qui découle de PPCR, ins­crit dans les lignes direc­trices de ges­tion promotions

Le plan maths-fran­çais ne vient pas de nulle part : le ministre réaf­firme lui-même que cela découle de PPCR dans son pro­jet de « Lignes Direc­trices de Ges­tion rela­tives aux pro­mo­tions et à la valo­ri­sa­tion des par­cours pro­fes­sion­nels ». Dans le cha­pitre « Un accom­pa­gne­ment des per­son­nels tout au long de leur car­rière », il est pré­ci­sé que les DRH aca­dé­miques contri­buent « à l’accompagnement pro­fes­sion­nel des per­son­nels par la mise en place et la coor­di­na­tion de dis­po­si­tifs d’aide, de sou­tien et de conseil ain­si que de for­ma­tion en lien avec le ser­vice aca­dé­mique de la for­ma­tion conti­nue de tous les per­son­nels. (…) Les per­son­nels doivent, selon leurs fonc­tions : (…) faire évo­luer leurs pra­tiques pro­fes­sion­nelles (…) et par­ta­ger leurs expé­riences entre pairs ».

La FNEC FP-FO, depuis la mise en place de PPCR qu’il n’a pas signé, a tou­jours aler­té sur le dis­po­si­tif d’accompagnement PPCR, indi­vi­duel ou col­lec­tif, visant à remettre en cause l’indépendance pro­fes­sion­nelle et la liber­té péda­go­gique pour impo­ser les contre-réformes ministérielles.

Accen­tuer encore cet « accom­pa­gne­ment » permanent 

La cir­cu­laire pré­co­nise de « conso­li­der les dyna­miques en cours ».

Dans le pre­mier degré, le ministre demande l’ « anti­ci­pa­tion (iden­ti­fi­ca­tion des PE et consti­tu­tion des constel­la­tions), (la) pla­ni­fi­ca­tion de la for­ma­tion de tous les PE de chaque cir­cons­crip­tion sur 6 années, (l’)articulation et (la) com­plé­men­ta­ri­té des plans entre eux et des temps de for­ma­tion – for­ma­tions ren­for­cées et ani­ma­tions péda­go­giques ».

Le ministre entend donc impo­ser à tous les PE au moins deux années sur six de for­ma­tion en « constel­la­tion » (une fois en fran­çais, une fois en mathé­ma­tiques sur six ans) pour une durée annuelle de 30H (contre 18H nor­ma­le­ment pré­vues pour la for­ma­tion dans les obli­ga­tions régle­men­taires de ser­vice des PE). Il est deman­dé aux IA de pla­ni­fier ce calen­drier sur 6 ans dès l’année 2021/2022.

Dans le second degré, c’est « 150 labo­ra­toires par an sur les deux pro­chaines années » en col­lège avec l’objectif de « 600 labo­ra­toires mathé­ma­tiques à l’horizon 2023 ». « 4 demi-jour­nées visant à ren­for­cer les mathé­ma­tiques au col­lège » sont pré­vues sans qu’il soit pré­ci­sé sur quel temps ces jour­nées seraient prises. Dans le cadre de la réforme du Lycée, les labo­ra­toires contri­buent à « l’innovation péda­go­gique au cœur des ensei­gne­ments, notam­ment pour les options mathé­ma­tiques com­plé­men­taires et expertes ». « Des lettres de mis­sion pour les pro­fes­seurs coor­don­na­teurs des labo­ra­toires » seront rédigées.

Vers le nou­veau mana­ge­ment du « Grenelle » 

Le ministre explique lui-même que « les plans fran­çais et mathé­ma­tiques répondent aux enjeux sou­le­vés par les par­ti­ci­pants au Gre­nelle de l’Éducation, en faveur d’une for­ma­tion de proxi­mi­té, dans la durée, entre pairs et répondent à des besoins contextualisés ».

Anti­ci­pant la fusion des corps d’inspection et avan­çant davan­tage vers celle des corps ensei­gnants, il décide que chaque plan sera pilo­té par un binôme 1er et 2d degré (IEN et IA IPR), que les « labo­ra­toires mathé­ma­tiques (du 2d degré) peuvent accueillir les constel­la­tions (…) et favo­risent ain­si la mise en place d’une for­ma­tion inter-degré effi­cace ».

Rap­pe­lons que le ministre pré­voit que l’évaluation des ensei­gnants se fasse par des pairs (conseillers péda­go­giques, direc­teurs d’école, ensei­gnants dési­gnés par lettre de mis­sion…) tout en recen­trant les mis­sions des ins­pec­teurs sur le « pilo­tage », c’est-à-dire le sui­vi des contre-réformes ministérielles.

Ces mesures s’articulent avec la géné­ra­li­sa­tion de l’évaluation des éta­blis­se­ments (per­ma­nente en REP+ avec la mise en place de la part variable), le sta­tut des direc­teurs d’école, la mise en place de « RH de proximité » …

Assu­rer le « geste pro­fes­sion­nel et la chaîne de pilotage »

Pour finir, le ministre entend à tra­vers ce plan enga­ger « la trans­for­ma­tion de la for­ma­tion conti­nue » pour aller vers « la fixa­tion et l’atteinte d’objectifs quan­ti­ta­tifs et qua­li­ta­tifs (…) Il s’agit d’assurer le geste pro­fes­sion­nel des pro­fes­seurs (…) et la chaîne de pilo­tage, du rec­teur aux pro­fes­seurs. »

Tout est dit…

La FNEC FP-FO conti­nue ses inter­ven­tions à tous les niveaux pour faire échec aux contre-réformes du « Gre­nelle » dont le plan fran­çais et mathé­ma­tiques est un élé­ment saillant. Elle invite les per­son­nels à se réunir pour dis­cu­ter des reven­di­ca­tions et des moyens de les faire aboutir.

À la ren­trée aux côtés des lycéens et étu­diants : Tous doivent accé­der à la filière de leur choix !

Face à la crise de l’ac­cueil dans l’en­sei­gne­ment supé­rieur, la FNEC FP-FO mobi­lise ensei­gnants, lycéens et étu­diants pour exi­ger des places et l’a­bro­ga­tion de Par­cour­sup. Décou­vrez com­ment le syn­di­cat s’op­pose à la sélec­tion à l’u­ni­ver­si­té et orga­nise la riposte pour se…

Céré­mo­nie du 11 novembre : Pas de pro­pa­gande guer­rière à l’École !

Le ministre Gef­fray impose une nou­velle céré­mo­nie mili­taire obli­ga­toire dans toutes les écoles à par­tir de 2026. La FNEC FP-FO dénonce cette ins­tru­men­ta­li­sa­tion de l’É­cole et appelle à l’ar­rêt immé­diat de la mili­ta­ri­sa­tion de l’é­du­ca­tion nationale.

La cani­cule, pré­texte à la pri­va­ti­sa­tion de l’École ?

Face à la cani­cule qui étouffe les éta­blis­se­ments sco­laires, EDF et d’autres grandes entre­prises annoncent des aides finan­cières mas­sives. Mais la FNEC FP-FO dénonce un leurre : ces dis­po­si­tifs frag­men­tés ne règlent rien et masquent le véri­table désen­ga­ge­ment de l’État …

Pro­lon­ga­tion du pré­avis de grève à la rentrée

Face à l’aus­té­ri­té bud­gé­taire, aux sup­pres­sions de postes mas­sives et à des éta­blis­se­ments inadap­tés aux crises cli­ma­tiques, la FNEC FP-FO pro­longe son pré­avis de grève jus­qu’en octobre 2026. Une mobi­li­sa­tion d’en­ver­gure pour défendre les salaires gelés, les conditions …

Ins­crip­tion immé­diate de tous les bachelier·e·s dans la filière de leur choix !

Par­cour­sup 2026 atteint des records de sélec­ti­vi­té avec plus de 10 000 lycéens déjà exclus de la pla­te­forme. Décou­vrez com­ment le gou­ver­ne­ment pour­suit sa poli­tique de réduc­tion des places et d’o­rien­ta­tion des jeunes vers des alter­na­tives payantes ou mili­taires, tandis …

La FNEC FP-FO était à Londres les 19 et 20 juin pour le mee­ting inter­na­tio­nal contre la guerre

La FNEC FP-FO s’est mobi­li­sée aux côtés de mil­liers d’ac­ti­vistes euro­péens lors d’un mee­ting inter­na­tio­nal à Londres pour construire un front uni contre la guerre et la mili­ta­ri­sa­tion. Décou­vrez com­ment les syn­di­cats euro­péens s’or­ga­nisent pour défendre les ser­vices pub…

Appel de la confé­rence inter­na­tio­nale contre la guerre adop­té à Londres le 19 juin

Une confé­rence inter­na­tio­nale ras­semble les voix contre la guerre et le réar­me­ment, appe­lant à redi­ri­ger les richesses publiques vers l’é­du­ca­tion, la san­té et les ser­vices publics. Décou­vrez les trois mobi­li­sa­tions majeures lan­cées pour construire un mou­ve­ment irrésisti…

La FNEC FP-FO sou­tient la réunion « École contre la guerre » le 1er juillet à la Bourse du Travail

Tan­dis que le gou­ver­ne­ment détourne les res­sources vers l’ar­me­ment et impose l’ac­cul­tu­ra­tion mili­taire dans les écoles, les per­son­nels de l’é­du­ca­tion se mobi­lisent. Décou­vrez com­ment ensei­gnants, CPE et parents s’u­nissent pour défendre l’é­cole publique et la paix, lors …

Cani­cule et fer­me­tures d’écoles : assez de l’hypocrisie ! Les bud­gets doivent être déblo­qués MAINTENANT !

845 écoles fer­mées, des bac­ca­lau­réats repor­tés, des per­son­nels et élèves suf­fo­quant dans des bâti­ments vétustes. Ce chaos n’est pas une fata­li­té : c’est le résul­tat d’an­nées de dés­in­ves­tis­se­ment assu­mé. Pen­dant que des mil­liards reve­naient au minis­tère non dépen­sés, 6,7…

Audience « Vague de cha­leur » Mépris pour les per­son­nels et pour la jeu­nesse… Le gou­ver­ne­ment per­siste et signe !

Face aux vagues de cha­leur, le gou­ver­ne­ment pro­pose des mesures au cas par cas tan­dis que la FNEC FP-FO dénonce un manque d’an­ti­ci­pa­tion et d’in­ves­tis­se­ments struc­tu­rels. Décou­vrez com­ment la fédé­ra­tion conteste cette ges­tion et les obli­ga­tions légales que l’É­tat ignore…