Macron confirme ses objec­tifs et sa méthode pour dis­lo­quer l’École de la République

29 Août, 2022Com­mu­ni­qué, Défense du statut

Ce n’est pas le ministre Ndiaye, mais le pré­sident Macron lui-même qui a ouvert la réunion de ren­trée des rec­teurs jeu­di 25 août.

L’école n’est pas à la hau­teur, leur a expli­qué le chef de l’Etat : « Nous avons trop d’é­lèves mal­heu­reux, trop de parents anxieux, de pro­fes­seurs désa­bu­sés ou qui ont le sen­ti­ment de ne pas être recon­nus et trop d’en­tre­prises qui ne trouvent pas de jeunes for­més. »

Ce sombre constat, cela fait des années que les per­son­nels le font. C’est le résul­tat des contre- réformes et des poli­tiques de réduc­tions bud­gé­taires impo­sées par Macron, Blan­quer et leurs pré­dé­ces­seurs. Ce sont eux les responsables.

C’est le gel des salaires et la mas­te­ri­sa­tion des concours qui ont conduit à cette ren­trée catas­tro­phique où l’on va man­quer par­tout d’enseignants sous sta­tut. Quant aux pers­pec­tives éco­no­miques, comme toute la popu­la­tion, les per­son­nels se demandent com­ment ils pour­ront faire face à l’inflation qui ne cesse de grimper…

Mais le Pré­sident Macron balaie ces « dif­fi­cul­tés » d’un revers de main, et vou­drait, à tra­vers ses débats dans les écoles, dans les éta­blis­se­ments, asso­cier les per­son­nels au dyna­mi­tage du cadre natio­nal de l’Ecole et des sta­tuts. Il vou­drait, à tra­vers son Conseil Natio­nal de la Refon­da­tion, asso­cier les syn­di­cats et les poli­tiques à la pour­suite de ses projets :

  • ache­ver toutes les mesures de ter­ri­to­ria­li­sa­tion et de pri­va­ti­sa­tion de l’École en s’appuyant sur le modèle de l’expérimentation marseillaise,
  • conti­nuer à rem­pla­cer les fonc­tion­naires par des contractuels,
  • indi­vi­dua­li­ser les rému­né­ra­tions en les condi­tion­nant à tou­jours plus de tâches,
  • mettre le lycée pro­fes­sion­nel et ses per­son­nels direc­te­ment sous le joug du patro­nat pour for­mer des apprentis,
  • « adap­ter les diplômes et les for­ma­tions au mar­ché du tra­vail », c’est-à-dire en finir avec les qua­li­fi­ca­tions recon­nues dans les conven­tions collectives…

Les débats dans les écoles et les éta­blis­se­ments devront abou­tir à la rédac­tion d’un pro­jet local, en lien avec les élus, les asso­cia­tions locales et les parents pour pas­ser un contrat avec l’E­tat, pour déro­ger au cadre natio­nal des pro­grammes et des sta­tuts. Cette auto­no­mie de l’Ecole s’accompagnera d’une dis­tri­bu­tion de moyens et de droits dif­fé­rents sui­vant les poli­tiques locales.

La FNEC FP-FO com­bat le cadre ter­ri­to­ria­li­sé des expé­ri­men­ta­tions et « concer­ta­tions » diverses qui ne visent qu’à dis­lo­quer l’École de la Répu­blique, à Mar­seille et ailleurs.

FO se féli­cite de la mobi­li­sa­tion des lau­réats pour le recru­te­ment de toutes les listes com­plé­men­taires, qui a com­men­cé à faire recu­ler le ministre : on continue !

Elle invite tous les per­son­nels à se réunir en heure d’information syn­di­cale dès la pre­mière semaine de ren­trée pour orga­ni­ser la mobi­li­sa­tion sur leurs reven­di­ca­tions, pour le recru­te­ment de per­son­nels sous sta­tut, pour l’augmentation des salaires et le rat­tra­page des pertes de pou­voir d’achat, pour le réta­blis­se­ment du cadre natio­nal de l’Ecole.

Mon­treuil, le 26 août 2022

Contre le bud­get Macron-Lecor­­nu, la mobi­li­sa­tion a commencé !

La mobi­li­sa­tion s’in­ten­si­fie dans toute la France contre les sup­pres­sions de postes dans l’É­du­ca­tion natio­nale. Des grèves éclatent dans plu­sieurs dépar­te­ments, avec des AESH en lutte depuis une semaine dans le Tarn et plus de 20 col­lèges pari­siens qui appellent à rejoindre le mou­ve­ment le 10 février. La FNEC FP-FO pré­pare une résis­tance d’am­pleur avec blo­cages et occu­pa­tions d’écoles.

Plus de 4000 sup­pres­sions de postes ! Des mil­liers de fer­me­tures de classes à venir ! Inac­cep­table ! Pré­pa­rons la mobi­li­sa­tion sans attendre !

Plus de 4 000 sup­pres­sions de postes sont annon­cées pour la ren­trée pro­chaine dans l’É­du­ca­tion natio­nale, impo­sées par le 49–3 du Pre­mier ministre Lecor­nu. Der­rière l’an­nonce de 2 000 postes pour l’É­cole inclu­sive se cache un véri­table enfu­mage, tan­dis que les aca­dé­mies de Lille, Ver­sailles et Nan­­cy-Metz figurent par­mi les plus dure­ment frap­pées par cette saignée.

Échos des mobilisations

De la pre­mière vic­toire contre les « classes défense » dans les Hauts-de-Seine aux grèves d’AESH exas­pé­rées par leurs condi­tions de tra­vail, en pas­sant par les mobi­li­sa­tions contre les fer­me­tures de classes à Paris et l’ap­pel à la grève en Gua­de­loupe contre un décret dis­cri­mi­na­toire : par­tout sur le ter­ri­toire, les per­son­nels de l’É­du­ca­tion natio­nale se mobi­lisent. Un pano­ra­ma des luttes en cours qui témoigne d’une colère gran­dis­sante face à la dégra­da­tion du ser­vice public d’éducation.

À l’attention de Mes­dames les dépu­tées, Mes­sieurs les dépu­tés : Votez CONTRE la pro­po­si­tion de loi « Yadan » !

Une pro­po­si­tion de loi adop­tée de jus­tesse en com­mis­sion sera sou­mise au vote de l’As­sem­blée natio­nale la semaine pro­chaine. La FNEC FP-FO appelle les par­le­men­taires à reje­ter ce texte qui intro­duit de nou­veaux délits et reprend une défi­ni­tion contro­ver­sée de l’an­ti­sé­mi­tisme, crai­gnant une atteinte majeure aux liber­tés aca­dé­miques et à la liber­té d’ex­pres­sion sur la Palestine.

« Conces­sions » ? « Avan­cées sociales » ? Non ! Lecor­nu impose par 49–3 son bud­get d’austérité et de guerre

Alors que 4 000 postes d’en­sei­gnants sont sup­pri­més et que le bud­get de la vie étu­diante baisse de 200 mil­lions d’eu­ros, le bud­get des armées béné­fi­cie de 36 mil­liards sup­plé­men­taires pour « un enga­ge­ment majeur d’i­ci 3 ou 4 ans ». Face à ce bud­get d’aus­té­ri­té et de guerre impo­sé par le 49–3, la FNEC FP-FO appelle les per­son­nels à la mobilisation.

L’État se désen­gage du CNED : vers une pri­va­ti­sa­tion de sa mis­sion de ser­vice public

Le CNED fait face à un désen­ga­ge­ment finan­cier mas­sif de l’É­tat : sa sub­ven­tion publique ampu­tée de près de 25% d’i­ci 2026, une ponc­tion sup­plé­men­taire de 15 M€ votée par les séna­teurs, et un retrait du finan­ce­ment de la pro­tec­tion sociale des per­son­nels. Cette poli­tique de rigueur menace direc­te­ment l’a­ve­nir de l’é­ta­blis­se­ment et sa mis­sion de ser­vice public.

Sou­tien total aux étu­diants et per­son­nels de l’Université de Bir­zeit en Cis­jor­da­nie occupée !

Une inter­ven­tion mili­taire israé­lienne sur un cam­pus uni­ver­si­taire en Cis­jor­da­nie a fait plu­sieurs bles­sés par­mi les étu­diants. Le motif ? Le refus de cen­su­rer un film docu­men­taire. La FNEC FP-FO réagit fer­me­ment face à cette attaque contre le monde uni­ver­si­taire et la liber­té d’expression.

AESH : pour un sta­tut à 24h temps plein, avec un vrai salaire ! Pour l’abandon des PAS et des PIAL !

Le Sénat rejette le sta­tut des AESH pour rai­sons bud­gé­taires, tan­dis que 7 mil­liards sup­plé­men­taires sont pré­vus pour les dépenses mili­taires. La FNEC FP-FO dénonce cette contra­dic­tion et appelle les per­son­nels à se mobi­li­ser pour obte­nir un véri­table sta­tut de fonc­tion­naire et la fin de la précarité.

Audience FO au Minis­tère : la refon­da­tion de la san­té sco­laire à marche forcée !

Alors que le cadre natio­nal n’est pas encore adop­té, des aca­dé­mies mettent déjà en œuvre les mesures des assises de la san­té sco­laire, allant jus­qu’à nom­mer des per­sonnes sans diplôme en psy­cho­lo­gie à des postes de réfé­rents en san­té men­tale. La FNEC FP-FO alerte sur une refon­da­tion qui remet en cause les sta­tuts et mis­sions des per­son­nels dans un contexte de baisse dras­tique des recru­te­ments et de vacance mas­sive des postes.

Ser­vice natio­nal volon­taire : STOP à la mili­ta­ri­sa­tion de l’École !

Alors que 103 000 jeunes se retrouvent sans affec­ta­tion Par­cour­sup chaque année, le gou­ver­ne­ment lance un ser­vice natio­nal « volon­taire » ali­gné sur le calen­drier de l’o­rien­ta­tion sco­laire. Der­rière les 800 euros men­suels et les cré­dits uni­ver­si­taires pro­mis, la FNEC FP-FO dénonce une entre­prise d’embrigadement de la jeunesse.