Le futur pro­fes­seur : un contrac­tuel de moins en moins onéreux !

12 Oct, 2020Défense du sta­tut, Salaires

Ins­crites dans l’agenda social et le « Gre­nelle des pro­fes­seurs », la réforme des concours et la géné­ra­li­sa­tion de l’alternance pour les futurs can­di­dats aux concours prennent tout leur sens. Le ministre d’un côté essaie de « vendre » 400 mil­lions de pseu­do reva­lo­ri­sa­tion des salaires des pro­fes­seurs, ce qui fait moins de 30 euros par mois, de l’autre il veut mettre en place un nou­veau pro­fes­seur-alter­nant-étu­diant pour huit heures de cours pour les pro­fes­seurs des écoles et six heures dans le second degré avec une rému­né­ra­tion sous le seuil de pauvreté !

Le ministre ne pré­voit rien de mieux que de recu­ler le concours à la fin du M2. Pen­dant les années de M1 et M2, l’étudiant en MEFF, est contrac­tuel pour 12 mois, il enseigne en res­pon­sa­bi­li­té, il devient le bouche-trou, pas cher. Il sera obli­gé de se confor­mer aux demandes de l’institution, car la vali­da­tion de son mas­ter dépend de son zèle (son expé­rience en milieu pro­fes­sion­nel confé­re­ra au mini­mum 20 ECTS). Il sera rému­né­ré 865 euros brut par mois.

Fau­drait-il s’habituer à la pré­ca­ri­té, à la sur­charge de tra­vail, au salaire de plus en plus bas ? Est-cela ce qu’appelle le ministre : « le hus­sard du 21ème siècle » ?

Actuel­le­ment, par exemple, un sta­giaire du second degré sans expé­rience de l’enseignement dans la dis­ci­pline a une obli­ga­tion de ser­vice de 9 heures par semaine pour un trai­te­ment indi­ciaire brut de 1818,17 euros (cer­ti­fié 1er éche­lon de la classe nor­male). L’heure de cours revient donc à 48 euros. L’étudiant contrac­tuel alter­nant aura une ORS de 6 heures d’enseignement pour une rému­né­ra­tion de 865 euros, soit un coût de l’heure de cours de 34 euros. Le gain pour l’État est de 14 euros.

Enfin s’il réus­sit son CAPES lorsqu’il sera sta­giaire, il devra assu­rer un ser­vice com­plet soit 18 heures. D’où un coût de l’heure de cours qui tombe à 24 euros.

Le gou­ver­ne­ment géné­ra­lise le stage en alter­nance lors de la 2ème année de mas­ter dans le bud­get 2021, puis pour les pre­mières années.

Le ministre veut bais­ser le coût du tra­vail à tout prix

Ce que le ministre veut mettre en place chez les futurs pro­fes­seurs pré­lude de ce qu’il veut faire chez les titu­laires. Explo­ser les droits sta­tu­taires, les obli­ga­tions régle­men­taires de ser­vice, le temps de tra­vail. S’il est pos­sible d’enseigner en des­sous du seuil de pau­vre­té, nul besoin pour le ministre de répondre aux reven­di­ca­tions sala­riales. Mais les per­son­nels conti­nuent de deman­der le rat­tra­page de 20% du point d’indice, soit la perte subie avec le blo­cage du point d’indice depuis 2000, et 183 euros tout de suite, sans contre­par­ties, comme les per­son­nels hos­pi­ta­liers l’ont obte­nu par la grève.

Tous ces dis­po­si­tifs illus­trent le conte­nu du « Gre­nelle des pro­fes­seurs » : la déré­gle­men­ta­tion tous azi­muts. FO s’y oppose et pren­dra toutes les ini­tia­tives néces­saires en défense des droits des per­son­nels, des garan­ties sta­tu­taires et des salaires.

Elle invite les per­son­nels à se réunir et à par­ti­ci­per aux ras­sem­ble­ments qui se tiennent la semaine pro­chaine devant les rec­to­rats et IA.

Mon­treuil le 12 octobre 2020

Plus de 4000 sup­pres­sions de postes ! Des mil­liers de fer­me­tures de classes à venir ! Inac­cep­table ! Pré­pa­rons la mobi­li­sa­tion sans attendre !

Plus de 4 000 sup­pres­sions de postes sont annon­cées pour la ren­trée pro­chaine dans l’É­du­ca­tion natio­nale, impo­sées par le 49–3 du Pre­mier ministre Lecor­nu. Der­rière l’an­nonce de 2 000 postes pour l’É­cole inclu­sive se cache un véri­table enfu­mage, tan­dis que les aca­dé­mies de Lille, Ver­sailles et Nan­­cy-Metz figurent par­mi les plus dure­ment frap­pées par cette saignée.

Échos des mobilisations

De la pre­mière vic­toire contre les « classes défense » dans les Hauts-de-Seine aux grèves d’AESH exas­pé­rées par leurs condi­tions de tra­vail, en pas­sant par les mobi­li­sa­tions contre les fer­me­tures de classes à Paris et l’ap­pel à la grève en Gua­de­loupe contre un décret dis­cri­mi­na­toire : par­tout sur le ter­ri­toire, les per­son­nels de l’É­du­ca­tion natio­nale se mobi­lisent. Un pano­ra­ma des luttes en cours qui témoigne d’une colère gran­dis­sante face à la dégra­da­tion du ser­vice public d’éducation.

À l’attention de Mes­dames les dépu­tées, Mes­sieurs les dépu­tés : Votez CONTRE la pro­po­si­tion de loi « Yadan » !

Une pro­po­si­tion de loi adop­tée de jus­tesse en com­mis­sion sera sou­mise au vote de l’As­sem­blée natio­nale la semaine pro­chaine. La FNEC FP-FO appelle les par­le­men­taires à reje­ter ce texte qui intro­duit de nou­veaux délits et reprend une défi­ni­tion contro­ver­sée de l’an­ti­sé­mi­tisme, crai­gnant une atteinte majeure aux liber­tés aca­dé­miques et à la liber­té d’ex­pres­sion sur la Palestine.

« Conces­sions » ? « Avan­cées sociales » ? Non ! Lecor­nu impose par 49–3 son bud­get d’austérité et de guerre

Alors que 4 000 postes d’en­sei­gnants sont sup­pri­més et que le bud­get de la vie étu­diante baisse de 200 mil­lions d’eu­ros, le bud­get des armées béné­fi­cie de 36 mil­liards sup­plé­men­taires pour « un enga­ge­ment majeur d’i­ci 3 ou 4 ans ». Face à ce bud­get d’aus­té­ri­té et de guerre impo­sé par le 49–3, la FNEC FP-FO appelle les per­son­nels à la mobilisation.

L’État se désen­gage du CNED : vers une pri­va­ti­sa­tion de sa mis­sion de ser­vice public

Le CNED fait face à un désen­ga­ge­ment finan­cier mas­sif de l’É­tat : sa sub­ven­tion publique ampu­tée de près de 25% d’i­ci 2026, une ponc­tion sup­plé­men­taire de 15 M€ votée par les séna­teurs, et un retrait du finan­ce­ment de la pro­tec­tion sociale des per­son­nels. Cette poli­tique de rigueur menace direc­te­ment l’a­ve­nir de l’é­ta­blis­se­ment et sa mis­sion de ser­vice public.

Sou­tien total aux étu­diants et per­son­nels de l’Université de Bir­zeit en Cis­jor­da­nie occupée !

Une inter­ven­tion mili­taire israé­lienne sur un cam­pus uni­ver­si­taire en Cis­jor­da­nie a fait plu­sieurs bles­sés par­mi les étu­diants. Le motif ? Le refus de cen­su­rer un film docu­men­taire. La FNEC FP-FO réagit fer­me­ment face à cette attaque contre le monde uni­ver­si­taire et la liber­té d’expression.

AESH : pour un sta­tut à 24h temps plein, avec un vrai salaire ! Pour l’abandon des PAS et des PIAL !

Le Sénat rejette le sta­tut des AESH pour rai­sons bud­gé­taires, tan­dis que 7 mil­liards sup­plé­men­taires sont pré­vus pour les dépenses mili­taires. La FNEC FP-FO dénonce cette contra­dic­tion et appelle les per­son­nels à se mobi­li­ser pour obte­nir un véri­table sta­tut de fonc­tion­naire et la fin de la précarité.

Audience FO au Minis­tère : la refon­da­tion de la san­té sco­laire à marche forcée !

Alors que le cadre natio­nal n’est pas encore adop­té, des aca­dé­mies mettent déjà en œuvre les mesures des assises de la san­té sco­laire, allant jus­qu’à nom­mer des per­sonnes sans diplôme en psy­cho­lo­gie à des postes de réfé­rents en san­té men­tale. La FNEC FP-FO alerte sur une refon­da­tion qui remet en cause les sta­tuts et mis­sions des per­son­nels dans un contexte de baisse dras­tique des recru­te­ments et de vacance mas­sive des postes.

Ser­vice natio­nal volon­taire : STOP à la mili­ta­ri­sa­tion de l’École !

Alors que 103 000 jeunes se retrouvent sans affec­ta­tion Par­cour­sup chaque année, le gou­ver­ne­ment lance un ser­vice natio­nal « volon­taire » ali­gné sur le calen­drier de l’o­rien­ta­tion sco­laire. Der­rière les 800 euros men­suels et les cré­dits uni­ver­si­taires pro­mis, la FNEC FP-FO dénonce une entre­prise d’embrigadement de la jeunesse.

Tem­pé­ra­tures néga­tives et neige le chaos n’est pas une fatalité !

Face aux tem­pé­ra­tures néga­tives, les écoles sombrent dans le chaos : salles non chauf­fées, ensei­gne­ment à dis­tance impro­vi­sé, et des enfants sans abri dor­mant dans la rue. La FNEC FP-FO dénonce l’i­nac­tion de l’É­tat et s’en­gage à blo­quer le bud­get gou­ver­ne­men­tal pour défendre les droits des per­son­nels et des élèves.