Le « choc des savoirs », c’est aus­si la des­truc­tion de nos statuts !

1 Avr, 2024Com­mu­ni­qué

Confron­té à une résis­tance achar­née des per­son­nels et des parents d’élèves, en Seine-Saint- Denis et ailleurs, le gou­ver­ne­ment, seul contre tous, a publié le décret et la note de ser­vice rela­tifs à la mise en place des groupes de niveau en mathé­ma­tiques et en fran­çais au collège.

C’est dans cette situa­tion que le direc­teur géné­ral des res­sources humaines du minis­tère s’est adres­sé aux rec­teurs le 28 mars dans le cadre de la pré­pa­ra­tion de la ren­trée 2024.

Ren­trée 2024 : moins de postes, moins de listes com­plé­men­taires, plus de contractuels !

Le minis­tère indique d’emblée son inquié­tude : « La forte ten­sion sur la res­source ensei­gnante que nous connais­sons appelle un tra­vail de pré­pa­ra­tion rigou­reux en vue de la ren­trée 2024 afin de dis­po­ser du nombre de per­son­nels suf­fi­sant dès le jour de la rentrée »

Mais qui est res­pon­sable de cette « ten­sion » annon­cée sinon les gou­ver­ne­ments Macron qui ont suc­ces­si­ve­ment sup­pri­mé 7900 postes dans le 2d degré lors du pre­mier quin­quen­nat, 2000 postes à la ren­trée 2023 et encore 650 postes dans le 1er degré à la ren­trée 2024 ?

Pour faire face au désastre annon­cé, le minis­tère n’envisage aucune créa­tion de postes sup­plé­men­taires, ni même un recours accru aux listes com­plé­men­taires, au contraire : « Si les exer­cices 2022 et 2023 ont per­mis une très large mobi­li­sa­tion des listes com­plé­men­taires, l’exercice 2024 pour­rait s’avérer plus ten­du en rai­son des contraintes qui pèsent sur le sché­ma d’emploi de cer­taines académies. »

Seule option envi­sa­gée par le minis­tère, un recours accru aux contrac­tuels : « En plus de la fidé­li­sa­tion des contrac­tuels exis­tants, de nou­veaux contrac­tuels devront être recrutés. »

Choc des savoirs : des « solu­tions inno­vantes » pour liqui­der nos sta­tuts et avan­cer vers le corps unique !

Mais la ren­trée 2024 est pla­cée pour le minis­tère sous le signe de la mise en place des groupes de niveau, mas­si­ve­ment reje­tés par les per­son­nels et les parents d’élèves.

Et si ces groupes de niveau en mathé­ma­tiques et en fran­çais vont engen­drer un véri­table tri social ain­si qu’une désor­ga­ni­sa­tion totale du fonc­tion­ne­ment des col­lèges, ils vont éga­le­ment être l’occasion pour le minis­tère, au tra­vers de « solu­tions inno­vantes », d’avancer vers la mise en œuvre d’autres objec­tifs… Jugez vous-mêmes !

« Afin d’accompagner les aca­dé­mies dans la recherche d’enseignants dans ces deux dis­ci­plines, une cam­pagne com­plé­men­taire de déta­che­ment du corps de pro­fes­seur des écoles vers le corps des pro­fes­seurs cer­ti­fiés est orga­ni­sée par la DGRH début avril. Les aca­dé­mies auront la pos­si­bi­li­té de réa­li­ser une cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion et de recru­te­ment de pro­fes­seurs des écoles volon­taires pour un déta­che­ment dans les deux dis­ci­plines ciblées en direction :

  • des pro­fes­seurs des écoles issus des dépar­te­ments de leur aca­dé­mie. La DGRH éta­bli­ra les arrê­tés de déta­che­ment des pro­fes­seurs des écoles rete­nus par les aca­dé­mies. Afin de com­pen­ser ces départs dans le pre­mier degré, des recru­te­ments sup­plé­men­taires pour­ront être effec­tués sur liste complémentaire ;

  • des pro­fes­seurs des écoles actuel­le­ment en dis­po­ni­bi­li­té pour conve­nance per­son­nelle, notam­ment pour rap­pro­che­ment de conjoint, qui pour­raient rejoindre leur aca­dé­mie de pré­fé­rence via un déta­che­ment dans le corps des pro­fes­seurs cer­ti­fiés. »

Ain­si, en fai­sant appel – pour l’instant – aux pro­fes­seurs des écoles volon­taires et en s’appuyant sur les résul­tats catas­tro­phiques des muta­tions inter­dé­par­te­men­tales dans le 1er degré, le minis­tère entend pro­cé­der à un recru­te­ment mas­sif d’enseignants du 1er degré au collège !

Mais le ministre a d’autres « solu­tions inno­vantes » comme :

  • le recours aux pro­fes­seurs retrai­tés : « Un peu plus de 1 000 ensei­gnants de lettres et de mathé­ma­tiques sont par­tis à la retraite au cours de la pré­cé­dente année sco­laire, sur l’ensemble du Afin de mobi­li­ser ce vivier habi­tuel­le­ment peu enclin à se réin­ves­tir, les aca­dé­mies pour­ront leur pro­po­ser un temps d’intervention limi­té dans le temps, mais assor­ti d’une rému­né­ra­tion attractive »

  • le recru­te­ment de « pro­fes­seurs asso­ciés » non diplô­més : « Les pro­fes­seurs asso­ciés sont recru­tés par le rec­teur sur pro­po­si­tion des chefs d’é­ta­blis­se­ment sans condi­tion de diplôme, notam­ment pour les dis­ci­plines pro­fes­sion­nelles dont le domaine d’activité est Un modèle de contrat éla­bo­ré par la DGRH est à la dis­po­si­tion des aca­dé­mies. Leur recru­te­ment est pos­sible pour une durée de trois ans renou­ve­lable une fois. Les direc­teurs opé­ra­tion­nels des cam­pus des métiers et des qua­li­fi­ca­tions et les chefs des bureaux des entre­prises peuvent être sol­li­ci­tés sur les besoins de recrutement. »

Ain­si, la mise en place du « choc des savoirs » et des groupes de niveau n’est pas seule­ment un tri social, c’est aus­si le pré­texte pour détruire les sta­tuts des ensei­gnants et avan­cer vers la mise en place d’un corps unique !

AG par­tout le 2 avril pour dis­cu­ter de la recon­duc­tion de la grève !

Ce cour­rier du minis­tère aux rec­teurs ne fait que confor­ter la FNEC FP-FO dans sa reven­di­ca­tion de retrait des mesures du « choc des savoirs » et d’abrogation du décret du 17 mars et de la note de ser­vice du 18 mars qui les mettent en œuvre.

Dans cette situa­tion, la FNEC FP-FO appelle les per­son­nels, et dès mar­di 2 avril à ampli­fier la tenue d’assemblée géné­rale dans les éta­blis­se­ments, les com­munes, les sec­teurs, avec les parents d’élèves, et de dis­cu­ter des moyens effi­caces de faire recu­ler ce gou­ver­ne­ment iso­lé et pro­vo­ca­teur, notam­ment par la recon­duc­tion immé­diate de la grève.

Plus de 4000 sup­pres­sions de postes ! Des mil­liers de fer­me­tures de classes à venir ! Inac­cep­table ! Pré­pa­rons la mobi­li­sa­tion sans attendre !

Plus de 4 000 sup­pres­sions de postes sont annon­cées pour la ren­trée pro­chaine dans l’É­du­ca­tion natio­nale, impo­sées par le 49–3 du Pre­mier ministre Lecor­nu. Der­rière l’an­nonce de 2 000 postes pour l’É­cole inclu­sive se cache un véri­table enfu­mage, tan­dis que les aca­dé­mies de Lille, Ver­sailles et Nan­­cy-Metz figurent par­mi les plus dure­ment frap­pées par cette saignée.

Échos des mobilisations

De la pre­mière vic­toire contre les « classes défense » dans les Hauts-de-Seine aux grèves d’AESH exas­pé­rées par leurs condi­tions de tra­vail, en pas­sant par les mobi­li­sa­tions contre les fer­me­tures de classes à Paris et l’ap­pel à la grève en Gua­de­loupe contre un décret dis­cri­mi­na­toire : par­tout sur le ter­ri­toire, les per­son­nels de l’É­du­ca­tion natio­nale se mobi­lisent. Un pano­ra­ma des luttes en cours qui témoigne d’une colère gran­dis­sante face à la dégra­da­tion du ser­vice public d’éducation.

À l’attention de Mes­dames les dépu­tées, Mes­sieurs les dépu­tés : Votez CONTRE la pro­po­si­tion de loi « Yadan » !

Une pro­po­si­tion de loi adop­tée de jus­tesse en com­mis­sion sera sou­mise au vote de l’As­sem­blée natio­nale la semaine pro­chaine. La FNEC FP-FO appelle les par­le­men­taires à reje­ter ce texte qui intro­duit de nou­veaux délits et reprend une défi­ni­tion contro­ver­sée de l’an­ti­sé­mi­tisme, crai­gnant une atteinte majeure aux liber­tés aca­dé­miques et à la liber­té d’ex­pres­sion sur la Palestine.

« Conces­sions » ? « Avan­cées sociales » ? Non ! Lecor­nu impose par 49–3 son bud­get d’austérité et de guerre

Alors que 4 000 postes d’en­sei­gnants sont sup­pri­més et que le bud­get de la vie étu­diante baisse de 200 mil­lions d’eu­ros, le bud­get des armées béné­fi­cie de 36 mil­liards sup­plé­men­taires pour « un enga­ge­ment majeur d’i­ci 3 ou 4 ans ». Face à ce bud­get d’aus­té­ri­té et de guerre impo­sé par le 49–3, la FNEC FP-FO appelle les per­son­nels à la mobilisation.

L’État se désen­gage du CNED : vers une pri­va­ti­sa­tion de sa mis­sion de ser­vice public

Le CNED fait face à un désen­ga­ge­ment finan­cier mas­sif de l’É­tat : sa sub­ven­tion publique ampu­tée de près de 25% d’i­ci 2026, une ponc­tion sup­plé­men­taire de 15 M€ votée par les séna­teurs, et un retrait du finan­ce­ment de la pro­tec­tion sociale des per­son­nels. Cette poli­tique de rigueur menace direc­te­ment l’a­ve­nir de l’é­ta­blis­se­ment et sa mis­sion de ser­vice public.

Sou­tien total aux étu­diants et per­son­nels de l’Université de Bir­zeit en Cis­jor­da­nie occupée !

Une inter­ven­tion mili­taire israé­lienne sur un cam­pus uni­ver­si­taire en Cis­jor­da­nie a fait plu­sieurs bles­sés par­mi les étu­diants. Le motif ? Le refus de cen­su­rer un film docu­men­taire. La FNEC FP-FO réagit fer­me­ment face à cette attaque contre le monde uni­ver­si­taire et la liber­té d’expression.

AESH : pour un sta­tut à 24h temps plein, avec un vrai salaire ! Pour l’abandon des PAS et des PIAL !

Le Sénat rejette le sta­tut des AESH pour rai­sons bud­gé­taires, tan­dis que 7 mil­liards sup­plé­men­taires sont pré­vus pour les dépenses mili­taires. La FNEC FP-FO dénonce cette contra­dic­tion et appelle les per­son­nels à se mobi­li­ser pour obte­nir un véri­table sta­tut de fonc­tion­naire et la fin de la précarité.

Audience FO au Minis­tère : la refon­da­tion de la san­té sco­laire à marche forcée !

Alors que le cadre natio­nal n’est pas encore adop­té, des aca­dé­mies mettent déjà en œuvre les mesures des assises de la san­té sco­laire, allant jus­qu’à nom­mer des per­sonnes sans diplôme en psy­cho­lo­gie à des postes de réfé­rents en san­té men­tale. La FNEC FP-FO alerte sur une refon­da­tion qui remet en cause les sta­tuts et mis­sions des per­son­nels dans un contexte de baisse dras­tique des recru­te­ments et de vacance mas­sive des postes.

Ser­vice natio­nal volon­taire : STOP à la mili­ta­ri­sa­tion de l’École !

Alors que 103 000 jeunes se retrouvent sans affec­ta­tion Par­cour­sup chaque année, le gou­ver­ne­ment lance un ser­vice natio­nal « volon­taire » ali­gné sur le calen­drier de l’o­rien­ta­tion sco­laire. Der­rière les 800 euros men­suels et les cré­dits uni­ver­si­taires pro­mis, la FNEC FP-FO dénonce une entre­prise d’embrigadement de la jeunesse.

Tem­pé­ra­tures néga­tives et neige le chaos n’est pas une fatalité !

Face aux tem­pé­ra­tures néga­tives, les écoles sombrent dans le chaos : salles non chauf­fées, ensei­gne­ment à dis­tance impro­vi­sé, et des enfants sans abri dor­mant dans la rue. La FNEC FP-FO dénonce l’i­nac­tion de l’É­tat et s’en­gage à blo­quer le bud­get gou­ver­ne­men­tal pour défendre les droits des per­son­nels et des élèves.