16 mai 2026

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Face à la militarisation, organiser l’École contre la guerre ! La FNEC FP-FO a été reçue au ministère

Une délé­ga­tion de la FNEC FP-FO a été reçue au minis­tère le 6 mai, par deux conseillers minis­té­riels, suite au cour­rier adres­sé au ministre Gef­fray le 9 jan­vier pour lui deman­der de reti­rer le guide « accul­tu­rer les jeunes à la défense », publié en novembre 2025, et de mettre fin aux dis­po­si­tifs d’embrigadement des élèves comme les « classes défense et sécu­ri­té glo­bale », les ral­lyes citoyens, etc.

La délé­ga­tion a rap­pe­lé à cette occa­sion, l’attachement de notre fédé­ra­tion à la mis­sion d’instruction qui fonde l’École publique dans notre pays, et a réaf­fir­mé à ce titre notre refus de toute mesure ten­dant à mili­ta­ri­ser l’École dont le rôle n’est pas de pré­pa­rer nos élèves, nos étu­diants à la guerre, de même que de toute pro­pa­gande mili­taire sous quelle forme que ce soit, dont nous consi­dé­rons qu’elle n’a pas sa place au sein des écoles, col­lèges, lycées et lycées pro­fes­sion­nels comme au sein de l’Université.

Dans ce cadre, la délé­ga­tion a aler­té les repré­sen­tants du ministre sur des dérives consta­tées dans cer­tains dépar­te­ments, comme par exemple lors de « ral­lyes citoyens » où des élèves ont été pla­cés dans des situa­tions encou­ra­geant le recours à la vio­lence, ou comme en Côte d’Or où l’intervention de la gen­dar­me­rie dans un col­lège, devant ini­tia­le­ment por­ter sur le cyber har­cè­le­ment a fina­le­ment don­né lieu à un cours sur les armes, durant lequel a été pré­sen­té aux élèves un pano­ra­ma des dif­fé­rentes sortes d’armes exis­tantes et des uti­li­sa­tions qui pou­vaient en être faites selon les circonstances.

Dans leurs réponses, les repré­sen­tants du ministre se sont vou­lus ras­su­rants. Ain­si ont-ils expliqué

« que seul 0,03% des élèves est concer­né par les classes défense et sécu­ri­té glo­bale ». Ce qui est faux et lar­ge­ment sous-esti­mé. Ce sont plus de 30 000 élèves qui sont ins­crits dans ces classes, sans comp­ter les autres dis­po­si­tifs (ral­lyes citoyens, cadets de la défense ou de la gen­dar­me­rie, ou les classes d’engagement répu­bli­cain dont le pro­gramme « péda­go­gique » est défi­ni par le Pré­fet de police de Paris).

Le minis­tère explique qu’ « on ne peut pas ren­trer dans ce sujet par les dérives », mais que bien enten­du il « doit étu­dier les dis­po­si­tifs exis­tants pour ration­na­li­ser tout ce qui n’est pas per­ti­nent » et mener « une réflexion glo­bale sur la manière dont ça doit fonc­tion­ner pour évi­ter les dérives ».

Ils ont alors insis­té sur « la néces­si­té de cadrer la nature des inter­ven­tions pour qu’elles cor­res­pondent bien aux enjeux de l’éducation à la défense », pré­ci­sant qu’elles « doivent avoir lieu en pré­sence de l’enseignant ». Ils ont dit leur accord sur le fait « qu’on ne sou­haite pas que les élèves portent des armes » ou encore que « l’école n’est pas un orga­nisme de pré-recru­te­ment », de sorte qu’il convient que « les par­te­naires (…) sachent dans quel cadre leur inter­ven­tion s’inscrit » et que « ce n’est pas parce qu’on a affaire à un par­te­naire minis­té­riel (le minis­tère des armées) qu’on ne doit pas avoir les mêmes exi­gences qu’avec les par­te­naires édu­ca­tifs ».

Mais sur le fond, le minis­tère ne satis­fait aucune de nos revendications :

Que ce soit sur l’arrêt de l’intervention de mili­taires au sein de l’école, la fin des stages ou PFMP au sein d’unités mili­taires, la fin des avan­tages octroyés pour les « volon­taires » du ser­vice natio­nal (notam­ment dans l’examen du dos­sier sur Par­cour­sup), l’abrogation de ce SNV et l’arrêt de sa pro­mo­tion au sein des éta­blis­se­ments scolaires…

En effet, depuis l’ouverture de la cam­pagne pour le ser­vice natio­nal, qui coïn­cide avec Par­cour­sup, les per­son­nels font l’objet de sol­li­ci­ta­tions pour faire connaître aux élèves le ser­vice natio­nal volon­taire et les inci­ter à s’engager.

Les conseillers du ministre ont mini­mi­sé l’impact des dis­po­si­tifs d’embrigadement des élèves en expli­quant que « sur le ser­vice natio­nal volon­taire, la cible des armées c’est d’avoir 3 000 jeunes sur l’ensemble de la cohorte ins­crite sur Par­cour­sup, (ce qui est) minime », puis ont conclu qu’ « il y a tout de même un objec­tif de faire com­prendre aux élèves à quoi servent les corps en uni­forme ».

C’est donc clair : la pres­sion exer­cée sur l’École pour la sou­mettre à la marche à la guerre et pré­pa­rer nos élèves à une « guerre majeure de haute inten­si­té » (Revue natio­nale stra­té­gique 2025), va se pour­suivre et s’amplifier.

Face à cette situa­tion, les per­son­nels, les jeunes orga­nisent la résis­tance et opposent leurs reven­di­ca­tions

Dans une motion adop­tée en heure d’information syn­di­cale, les per­son­nels du col­lège Jean Lolive de Pan­tin (Seine-St-Denis, aca­dé­mie de Cré­teil), dans l’unité avec les syn­di­cats SNES, SNFOLC, CGT, SUD et CNT déclarent : « Nous n’acculturerons pas nos élèves « aux enjeux de la défense (en vue) d’un réar­me­ment moral de la popu­la­tion, notam­ment de la jeu­nesse » (actua­li­sa­tion de la loi de pro­gram­ma­tion mili­taire). (…) Nous vou­lons ensei­gner. Nous vou­lons des heures pour nos dis­ci­plines. Nous vou­lons que le nombre d’élèves par classe soit limi­té. Nous vou­lons une reva­lo­ri­sa­tion de nos salaires, un vrai sta­tut pour les AESH et AED. Comme ensei­gnants, CPE, AED, AESH, assis­tante sociale, infir­mière, méde­cin sco­laire, on ne marche plus. Qui veut la paix, pré­pare la paix. Nous vou­lons arrê­ter cette poli­tique d’armement qui détruit nos ser­vices publics ». Puis ils concluent en invi­tant leurs col­lègues des autres éta­blis­se­ments à se réunir avec les syn­di­cats à la Bourse du Tra­vail de Pan­tin le mar­di 19 mai « afin d’organiser l’école contre la guerre ».

Dans divers dépar­te­ments, comme la Côte d’Or, l’Essonne, des ini­tia­tives du même ordre ont eu lieu ou s’organisent.

À Pont-Aude­mer et à Caen, dans l’académie de Nor­man­die, le 7 mai, des cen­taines d’élèves se sont ras­sem­blés devant leurs éta­blis­se­ments contre les sup­pres­sions d’options et des heures de cours les pri­vant des moyens d’étudier, et contre la mili­ta­ri­sa­tion de l’École.

Ils ont rai­son ! La FNEC FP-FO se tient aux côtés de tous ceux, per­son­nels, parents, lycéens, qui refusent la marche à la guerre, la mili­ta­ri­sa­tion de la socié­té, de l’école et l’embrigadement de la jeu­nesse. Elle sou­tient et appelle à mul­ti­plier toutes les ini­tia­tives dans ce sens, afin de réunir les condi­tions du rap­port de force qui contrain­dra le minis­tère à répondre aux revendications :

  • Retrait du guide « accul­tu­rer les jeunes à la défense » ;
  • Aban­don des classes défenses et de tout dis­po­si­tif repo­sant sur un par­te­na­riat entre l’école et l’armée ;
  • Abro­ga­tion du SNV et l’arrêt de sa pro­mo­tion au sein des éta­blis­se­ments scolaires ;
  • Retrait de la pro­po­si­tion de loi Blan­chet pour le ren­for­ce­ment de l’enseignement à la défense ;
  • Retrait du pro­jet de loi d’actualisation de la loi de pro­gram­ma­tion mili­taire (LPM) 2024–2030 ;
  • De l’argent pour l’Ecole, pour l’Hôpital, pour les ser­vices publics, pour les salaires, pas pour la guerre !

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