« Dérou­lé de car­rière » : Des pro­po­si­tions dan­ge­reuses qui ne répondent pas aux revendications

27 Nov, 2023Com­mu­ni­qué, Salaires

Après un pre­mier GT cen­tré sur l’entrée dans le métier et les concours, le ministre Attal a réuni les orga­ni­sa­tions syn­di­cales le 21 novembre 2023 concer­nant la recon­nais­sance et l’attractivité pour les ensei­gnants sur le sujet du « dérou­lé de car­rière ». Quelles sont les pistes avan­cées par le ministère ?

Un pre­mier bilan en autosatisfecit

Le ministre annonce que les ensei­gnants ont été aug­men­tés de 258 € net en moyenne :

  • 136€ cor­res­pondent aux mesures Fonc­tion publique : hausse du point d’indice en juillet 2022 (3,5% soit 80€ en moyenne), en juillet 2023 (1,5% soit 36€ en moyenne) et octroi de 5 points d’indice pré­vu en jan­vier 2024 (20€ en moyenne).
  • 122€ cor­res­pondent à l’augmentation de l’ISOE/ISAE (envi­ron 95€ pour tous) et à une moyenne de la prime d’attractivité concen­trée sur le début de car­rière (où les ensei­gnants ne touchent presque plus rien à par­tir du 7e éche­lon de la classe nor­male et plus rien à par­tir du 9e éche­lon de la classe nor­male, à la hors classe et à la classe exceptionnelle.)

La FNEC FP-FO a donc rap­pe­lé qu’avec une infla­tion à 10%, la « reva­lo­ri­sa­tion his­to­rique » se tra­duit par une perte de pou­voir d’achat. Une fois enle­vées les aug­men­ta­tions Fonc­tion publique, qui sont loin de com­pen­ser l’inflation, l’augmentation des seuls ensei­gnants se résume pour une majo­ri­té d’entre eux à 95€ pour solde de tout compte. Bien loin donc des pro­messes du can­di­dat Macron d’augmenter tous les ensei­gnants de 10%.

Face à ces remarques, le minis­tère ose affir­mer que l’inflation a été en grande par­tie absor­bée par l’État et les entre­prises avec des mesures comme le bou­clier tari­faire, l’augmentation des abon­ne­ments trans­port ou la prime excep­tion­nelle de pou­voir d’achat… Les per­son­nels qui voient leur bud­get courses explo­ser (+20% d’augmentation sur les pro­duits de pre­mière néces­si­té) ou confron­tés à l’augmentation des loyers, du car­bu­rant, de l’électricité…apprécieront. La FNEC FP-FO s’est indi­gnée de tels propos !

« Redy­na­mi­ser le milieu de car­rière » … sans aucune aug­men­ta­tion indi­ciaire de prévue !

Quelles sont ses propositions ?

Piste 1 : Avan­cer la plage d’appel pour l’accès à la hors classe afin que ce grade occupe une part plus impor­tante dans la carrière.

Après une baisse du nombre de pro­mus de 2021 à 2022 (-2000 pro­mus envi­ron), une aug­men­ta­tion de 2022 à 2023 (+3500 pro­mus envi­ron) avec le pas­sage du taux de 18% à 21%, le minis­tère pré­voit, mal­gré l’augmentation à 22% en 2024 et 23% en 2025, une baisse de 6500 pro­mus envi­ron d’ici 2025.

La mesure envi­sa­gée par le minis­tère per­met­trait donc d’augmenter le nombre de pro­mou­vables et donc de pro­mus, mais en ins­tau­rant plus d’arbitraire puisque, plus de per­sonnes étant pro­mou­vables, le poids de l’appréciation de la hié­rar­chie est renforcé.

Piste 2 : Aug­men­ta­tion du nombre des éche­lons et/ou réduc­tion et homo­gé­néi­sa­tion de leur durée

La FNEC FP-FO a indi­qué que le prin­ci­pal pro­blème n’était pas le nombre d’échelons, mais que c’était l’accès arbi­traire à la hors classe et à la classe excep­tion­nelle qui posait problème.

Piste 3 : Adap­ter les ren­dez-vous de car­rière à la struc­tu­ra­tion de la carrière

« Le caden­ce­ment des ren­dez-vous car­rière (RDVC) pour­rait être le suivant :

  • Un pre­mier RDVC après quatre/cinq ans d’exercice, pour évi­ter qu’il ne soit trop tar­dif dans la car­rière d’un agent ren­con­trant, au démar­rage, des dif­fi­cul­tés dans l’exercice de ses fonctions
  • Un deuxième RDVC dans la pers­pec­tive de la pro­mo­tion à la hors classe
  • Un troi­sième RDVC en amont de la plage d’appel à la classe »

Quid des deux accé­lé­ra­tions de car­rière au 6e et 8e éche­lon s’il n’y a plus qu’un RDVC ? Le 3e RDVC serait-il fixé à un éche­lon don­né de la hors classe (qui ne serait donc pas pla­cé au même moment de la car­rière pour tout le monde) ? Pas de réponse. La FNEC FP-FO a rap­pe­lé que toute modi­fi­ca­tion des règles en cours de route lèse cer­tains per­son­nels. C’est déjà le cas avec la modi­fi­ca­tion de l’accès à la classe excep­tion­nelle. Elle a rap­pe­lé sa demande que les per­son­nels qui le sou­haitent puissent être rééva­lués à la hausse pour l’accès à la hors classe.

La FNEC FP-FO a poin­té qu’aucune des pistes n’envisage tout sim­ple­ment la reva­lo­ri­sa­tion de la grille actuelle par des aug­men­ta­tions indiciaires.

Refus du minis­tère de dis­cu­ter du Pacte !

La FNEC FP-FO a indi­qué que dans le docu­ment de 33 pages, le Pacte n’est jamais men­tion­né. Il était pour­tant pré­sen­té comme une mesure de reva­lo­ri­sa­tion par le ministre Ndiaye et a été bud­gé­té comme tel.

Le ministre Attal ayant recon­nu que le Pacte ne consti­tuait pas une reva­lo­ri­sa­tion, mais qu’il s’agissait de mis­sions sup­plé­men­taires au « béné­fice » des élèves, le sujet du Pacte ne peut être abor­dé dans ce GT… Inac­cep­table pour la FNEC FP-FO qui exige l’abandon du Pacte et la res­ti­tu­tion de l’enveloppe bud­gé­tée (300 mil­lions) pour reva­lo­ri­ser tous les per­son­nels sans contrepartie !

Aucune des pro­po­si­tions du ministre ne répond donc pour l’heure aux reven­di­ca­tions. La FNEC FP-FO conti­nue­ra de por­ter ses exigences :

  • Aug­men­ta­tion indi­ciaire de tous les per­son­nels sans contre­par­tie : 10% tout de suite et ouver­ture de négo­cia­tions pour le rat­tra­page du pou­voir d’achat per­du (28%)
  • Aban­don du Pacte
  • Dérou­le­ment de car­rière basée sur l’ancienneté qui garan­tisse aux per­son­nels qui ont effec­tué une car­rière com­plète de finir leur car­rière au grade et à l’échelon le plus élevé.

« Conces­sions » ? « Avan­cées sociales » ? Non ! Lecor­nu impose par 49–3 son bud­get d’austérité et de guerre

Alors que 4 000 postes d’en­sei­gnants sont sup­pri­més et que le bud­get de la vie étu­diante baisse de 200 mil­lions d’eu­ros, le bud­get des armées béné­fi­cie de 36 mil­liards sup­plé­men­taires pour « un enga­ge­ment majeur d’i­ci 3 ou 4 ans ». Face à ce bud­get d’aus­té­ri­té et de guerre impo­sé par le 49–3, la FNEC FP-FO appelle les per­son­nels à la mobilisation.

L’État se désen­gage du CNED : vers une pri­va­ti­sa­tion de sa mis­sion de ser­vice public

Le CNED fait face à un désen­ga­ge­ment finan­cier mas­sif de l’É­tat : sa sub­ven­tion publique ampu­tée de près de 25% d’i­ci 2026, une ponc­tion sup­plé­men­taire de 15 M€ votée par les séna­teurs, et un retrait du finan­ce­ment de la pro­tec­tion sociale des per­son­nels. Cette poli­tique de rigueur menace direc­te­ment l’a­ve­nir de l’é­ta­blis­se­ment et sa mis­sion de ser­vice public.

Sou­tien total aux étu­diants et per­son­nels de l’Université de Bir­zeit en Cis­jor­da­nie occupée !

Une inter­ven­tion mili­taire israé­lienne sur un cam­pus uni­ver­si­taire en Cis­jor­da­nie a fait plu­sieurs bles­sés par­mi les étu­diants. Le motif ? Le refus de cen­su­rer un film docu­men­taire. La FNEC FP-FO réagit fer­me­ment face à cette attaque contre le monde uni­ver­si­taire et la liber­té d’expression.

AESH : pour un sta­tut à 24h temps plein, avec un vrai salaire ! Pour l’abandon des PAS et des PIAL !

Le Sénat rejette le sta­tut des AESH pour rai­sons bud­gé­taires, tan­dis que 7 mil­liards sup­plé­men­taires sont pré­vus pour les dépenses mili­taires. La FNEC FP-FO dénonce cette contra­dic­tion et appelle les per­son­nels à se mobi­li­ser pour obte­nir un véri­table sta­tut de fonc­tion­naire et la fin de la précarité.

Audience FO au Minis­tère : la refon­da­tion de la san­té sco­laire à marche forcée !

Alors que le cadre natio­nal n’est pas encore adop­té, des aca­dé­mies mettent déjà en œuvre les mesures des assises de la san­té sco­laire, allant jus­qu’à nom­mer des per­sonnes sans diplôme en psy­cho­lo­gie à des postes de réfé­rents en san­té men­tale. La FNEC FP-FO alerte sur une refon­da­tion qui remet en cause les sta­tuts et mis­sions des per­son­nels dans un contexte de baisse dras­tique des recru­te­ments et de vacance mas­sive des postes.

Ser­vice natio­nal volon­taire : STOP à la mili­ta­ri­sa­tion de l’École !

Alors que 103 000 jeunes se retrouvent sans affec­ta­tion Par­cour­sup chaque année, le gou­ver­ne­ment lance un ser­vice natio­nal « volon­taire » ali­gné sur le calen­drier de l’o­rien­ta­tion sco­laire. Der­rière les 800 euros men­suels et les cré­dits uni­ver­si­taires pro­mis, la FNEC FP-FO dénonce une entre­prise d’embrigadement de la jeunesse.

Tem­pé­ra­tures néga­tives et neige le chaos n’est pas une fatalité !

Face aux tem­pé­ra­tures néga­tives, les écoles sombrent dans le chaos : salles non chauf­fées, ensei­gne­ment à dis­tance impro­vi­sé, et des enfants sans abri dor­mant dans la rue. La FNEC FP-FO dénonce l’i­nac­tion de l’É­tat et s’en­gage à blo­quer le bud­get gou­ver­ne­men­tal pour défendre les droits des per­son­nels et des élèves.

Concours d’enseignement 2026 : plus de 80 000 étu­diants pris en otages au nom du chan­tage bud­gé­taire gouvernemental !

Alors que plus de 80 000 étu­diants se sont enga­gés avec déter­mi­na­tion dans la pré­pa­ra­tion des nou­veaux concours de fin de L3, le ministre de l’É­du­ca­tion natio­nale annonce que les postes pro­mis ne seraient fina­le­ment pas ouverts. Cette déci­sion, prise au nom d’une « loi spé­ciale », inter­vient dans un contexte où le gou­ver­ne­ment débloque simul­ta­né­ment plus de 10 mil­liards d’eu­ros pour un porte-avions.

À bas la guerre ! À bas les bud­gets de guerre ! Satis­fac­tion des revendications !

Alors que l’a­gres­sion mili­taire amé­ri­caine au Vene­zue­la ouvre l’an­née sous le signe de la guerre, la FNEC FP-FO tire la son­nette d’a­larme sur la mili­ta­ri­sa­tion crois­sante de l’É­cole fran­çaise. Entre bud­gets de guerre en hausse et aus­té­ri­té impo­sée aux ser­vices publics, le syn­di­cat appelle à la mobi­li­sa­tion sous le mot d’ordre : « Pain, paix, liberté ! »

20e Congrès de la FNEC FP-FO réuni à Angers : Motion de sou­tien aux ensei­gnants de Cis­jor­da­nie en grève

Depuis plus de deux mois, les ensei­gnants de Cis­jor­da­nie sont en grève pour le paie­ment inté­gral et régu­lier des salaires, pour le droit de tra­vailler à temps plein et pour l’autorisation de consti­tuer leur syn­di­cat indé­pen­dant de l’Autorité palestinienne.…