24 décembre 2024

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Courrier à la ministre : situation à Mayotte

Madame la Ministre,

En com­plé­ment du mail et du cour­rier envoyés le 20 décembre au minis­tère, nous avons de nou­velles ques­tions et demandes :

1°) Nous avons échan­gé avec nos col­lègues de Mayotte ce matin. Les pro­messes du pré­sident de la Répu­blique concer­nant l’eau, l’électricité, la nour­ri­ture ne sont pas sui­vies d’effet dans de nom­breux vil­lages, notam­ment sur Grande-Terre et dans cer­tains quar­tiers de Petite-Terre. Sur toute l’île, les détri­tus s’accumulent. Les routes doivent être déblayées pour per­mettre l’évacuation des déchets… L’air est deve­nu irres­pi­rable. La popu­la­tion craint la famine et les épidémies.

2°) La Fédé­ra­tion des Per­son­nels des Ser­vices publics et des Ser­vices de San­té Force Ouvrière a infor­mé que des fonds sont déblo­qués sur le bud­get natio­nal et de la région Île-de-France et outre-mer où est rat­ta­ché le dépar­te­ment de Mayotte et que dans un pre­mier temps, une aide d’urgence de 1000 € sera octroyée sur simple demande à chaque agent hospitalier.

Pou­vez-vous nous indi­quer si, pour les per­son­nels de l’Éducation natio­nale, l’aide d’urgence sera octroyée à même hau­teur et selon les mêmes moda­li­tés que pour les agents hospitaliers ?

Sur le plan de l’action sociale, nous deman­dons que la réserve de pré­cau­tion soit uti­li­sée pour dis­tri­buer en toute urgence une aide finan­cière à tous les agents du minis­tère de l’Éducation natio­nale exer­çant à Mayotte, ain­si qu’aux ayants droit des per­son­nels décé­dés au cours ou en consé­quence du pas­sage du cyclone afin de leur per­mettre de sub­ve­nir à leurs besoins. Les per­son­nels qui ont per­du leur loge­ment pour­ront-ils être relo­gés ? Quand ? Où ?

3°) Mon­sieur le Rec­teur de Mayotte, a envoyé le 20 décembre un mes­sage aux per­son­nels expli­quant que nous entrons dans la deuxième phase à savoir : « la prise en compte indi­vi­duelle des per­sonnes qui sou­haitent un départ du ter­ri­toire, pour se soi­gner, rejoindre sa famille ou sim­ple­ment béné­fi­cier d’un repos qui est lar­ge­ment dû. Un pro­cess est mis en place inté­grant des prio­ri­tés : Enfants, malades, sinis­trés en urgence maté­rielle absolue.

Les pre­miers effets pren­dront forme rapi­de­ment et nous aspi­rons à des solu­tions mas­sives dans la semaine pro­chaine avec la res­tau­ra­tion pro­gres­sive des vols commerciaux. »

Or cette annonce semble entrer en contra­dic­tion avec l’information selon laquelle tous les vols com­mer­ciaux sont annu­lés jusqu’à la fin de l’année.

Pou­vez-vous nous confir­mer que les vols com­mer­ciaux vont reprendre dès main­te­nant ? L’État doit per­mettre aux agents qui ont peur et qui veulent se mettre à l’abri de par­tir de Mayotte, tout comme il doit per­mettre à ceux qui le veulent de retour­ner auprès des leurs à Mayotte.

Le désastre Chi­do est venu accen­tuer le sou­hait pour cer­tains col­lègues de métro­pole de retour­ner à Mayotte pour s’occuper de leur famille. Or, nous appre­nons par une col­lègue SAENES qu’il n’est pas pos­sible de sai­sir sa demande de muta­tion, l’a­ca­dé­mie de Mayotte étant gri­sée sur le ser­veur AMIA, alors que son conjoint ensei­gnant n’a ren­con­tré aucune dif­fi­cul­té pour vali­der sa demande. En outre, le motif « muta­tion simul­ta­née » pour lier sa demande de muta­tion à celle de son conjoint n’est pas sur AMIA pour cette campagne.

4°) Nous atten­dons tou­jours des réponses à nos ques­tions posées lors de l’audience inter­syn­di­cale du 18 décembre sur la situa­tion à Mayotte.

Com­bien d’agents sont morts ? Com­bien ont été bles­sés ? Com­bien ont été impac­tés par des pertes humaines dans leur entou­rage ou d’importants dégâts maté­riels comme la perte de leur maison ?

Le pré­sident de la Répu­blique ne semble pas avoir inté­gré que, dans la situa­tion, l’ur­gence n’est pas la ren­trée sco­laire. Elle se fera, mais pas main­te­nant alors que des éta­blis­se­ments à Mamoud­zou, Kawé­ni, Sada, Chi­co­ni et bien d’autres sont très for­te­ment impac­tés, voire rasés. L’ur­gence, ce sont : l’eau, la nour­ri­ture, les com­mu­ni­ca­tions ter­restre, aérienne, et mari­time (barges) et les télé­com­mu­ni­ca­tions, la sécu­ri­té sur le territoire.

Par­mi les mes­sages qui ont pu nous par­ve­nir de Mayotte, voi­ci celui d’une de nos adhé­rentes : « Le pré­sident est venu mettre de l’huile sur le feu hier soir à Pamand­zi. Il dit qu’il va expul­ser les sinis­trés des écoles pour ouvrir le 13 jan­vier. Nous ne vou­lons pas de cet acte d’inhumanité supplémentaire. »

Nous vous deman­dons de nous confir­mer qu’aucun sinis­tré ne se retrouve sans refuge, au pré­texte qu’il fau­drait effec­tuer la ren­trée sco­laire à tout prix le 13 jan­vier, ce qui est impossible.

De nom­breuses familles de Mayotte ont rejoint La Réunion. Quels moyens sont pré­vus pour per­mettre d’accueillir ces per­sonnes, en par­ti­cu­lier les élèves qui retour­ne­ront à l’école ?

La réponse des auto­ri­tés locales à La Réunion qui invitent les direc­teurs et chefs d’établissement à ne pas ins­crire ces élèves est pro­blé­ma­tique. Des moyens doivent être dégagés.

Nous sou­hai­tons avoir des pré­ci­sions au sujet de l’appel à volon­ta­riat de per­son­nels d’encadrement pour être envoyés à Mayotte. Dans quelles condi­tions ? Pour­quoi faire ?

Cela n’a pas été évo­qué lors de l’audience du 18 décembre, mais ces appels cir­culent dans des académies.

Enfin, les per­son­nels redoutent que le Rec­teur de Mayotte bloque le mou­ve­ment inter­aca­dé­mique, ce qui ne serait pas acceptable.

Veuillez rece­voir, Madame la ministre, l’assurance de notre par­faite considération.

Clé­ment Poullet,

Secré­taire géné­ral de la FNEC FP-FO

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