15 juillet 2020

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Circulaire de rentrée 2020 : Blanquer aggrave le chaos !

Le même gou­ver­ne­ment qui refuse de four­nir le dépis­tage des per­son­nels et des élèves, qui a impo­sé le télé­tra­vail sans res­pect d’aucune dis­po­si­tion régle­men­taire, a pri­vé de quatre mois de cours plus de douze mil­lions d’élèves, a impo­sé le contrôle conti­nu pour le bac­ca­lau­réat, a impo­sé un pro­to­cole sani­taire n’ayant de sani­taire que le nom, épui­sant les per­son­nels, déna­tu­rant leurs mis­sions, ter­ri­to­ria­li­sant l’école, s’apprête à accé­lé­rer les coups pour la ren­trée 2020.

Pro­to­cole « sani­taire » à la ren­trée : bis repe­ti­ta
Trois sce­na­rii sont envi­sa­gés à la ren­trée : le pre­mier, c’est le pro­to­cole avec res­pect des gestes bar­rières et retour de tous les élèves. On le sait, c’est celui qui a été mis en place à par­tir du 22 mai avec les 2S2C en prime et l’externalisation des ensei­gne­ments d’EPS, d’arts plas­tiques et d’éducation musi­cale. Les deux autres scé­na­rii, on les connaît aus­si : confi­ne­ment par­tiel ou total avec un ensei­gne­ment hybride ou com­plè­te­ment en dis­tan­ciel et une pseu­do « conti­nui­té péda­go­gique » puisque l’enseignement dis­tan­ciel, de l’aveu de tous, y com­pris du ministre, ce n’est pas de l’enseignement et c’est l’inégalité à tous les étages. Mais de dépis­tage ou de mesures de sécu­ri­té en cas de sus­pi­cion de Covid-19 dans les éta­blis­se­ments, il n’en est tou­jours pas question.

Sta­tuts et temps de tra­vail : le ministre veut accé­lé­rer la liqui­da­tion
« plus de 1,5 mil­lion d’heures sup­plé­men­taires, l’en­semble des moyens de rem­pla­ce­ment non uti­li­sés ain­si que les AED en pré­pro­fes­sion­na­li­sa­tion et tous les par­te­naires de l’É­cole dans le cadre de Devoirs faits seront mobi­li­sés et concen­trés entre sep­tembre et décembre sur cet accom­pa­gne­ment. » se féli­cite le ministre. Ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il s’agit de fonc­tion­ner à bud­get constant alors que la FNEC FP-FO demande la créa­tion de postes et de classes et l’abondement des DHG en heures pour satis­faire les reven­di­ca­tions des per­son­nels.
En plus de la deuxième heure sup­plé­men­taire impo­sée dans le second degré, des heures de for­ma­tion pen­dant les congés, des heures d’autoformation dans le pre­mier degré, il s’agit d’une nou­velle remise en cause des obli­ga­tions régle­men­taires de ser­vice des ensei­gnants.
Le dis­po­si­tif appe­lé faus­se­ment de « pré­pro­fes­sion­na­li­sa­tion » vise à sol­li­ci­ter des per­son­nels pré­caires, non for­més pour pal­lier le défaut de recru­te­ment et d’investissement, en lieu et place de per­son­nels sous sta­tut.
« Tous les par­te­naires de l’école » seraient sol­li­ci­tés pour ce qu’il appelle « la lutte contre le décro­chage ». Il s’agit des « ser­vices civiques » qui ne coû­te­ront rien et des asso­cia­tions dans le cadre des 2S2C.
Le chef d’établissement peut ain­si pro­po­ser « un par­cours sco­laire et péri­sco­laire (…) » avec des heures consa­crées à la lec­ture et au cal­cul en 6e qui « peuvent être assu­rées par unpro­fes­seur du col­lège ou un pro­fes­seur des écoles. Elles sont orga­ni­sées en petits groupes, sur le temps consa­cré à d’autres ensei­gne­ments (…) »
Les horaires dis­ci­pli­naires ? Les emplois du temps heb­do­ma­daires ? Les sta­tuts par­ti­cu­liers ? Le ministre feint que tout cela n’existe pas. Chaque éta­blis­se­ment devra orga­ni­ser son mode de fonc­tion­ne­ment. Le ministre s’en lave les mains.

Les éva­lua­tions com­munes et le contrôle conti­nu au lycée
« Les équipes édu­ca­tives orga­nisent cha­cune des éva­lua­tions com­munes quand elles le jugent oppor­tun avec deux ren­dez-vous en 1re et un en ter­mi­nale. Les sujets sont choi­sis dans la banque natio­nale de sujets et les copies cor­ri­gées par un autre pro­fes­seur que celui de l’é­lève. »
Le ministre veut recom­men­cer la mas­ca­rade du contrôle conti­nu et livrer une nou­velle géné­ra­tion de bac­ca­lau­réats locaux. Dans le même temps, les per­son­nels doivent se débrouiller et sont expo­sés à toutes les pressions.

L’école de la mise au pas
Alors que l’État se désen­gage de l’école et de l’obligation qu’il a de per­mettre à chaque élève l’accès à l’instruction publique, le ministre veut faire de l’école un lieu de pro­pa­gande : déve­lop­pe­ment durable, équipes « Valeurs de la répu­blique », « culture de l’engagement », ser­vice natio­nal uni­ver­sel… C’est ce même ministre qui envoie les CRS dans les lycées pour mater la mobi­li­sa­tion des per­son­nels et des élèves contre le déman­tè­le­ment du baccalauréat.

Des dizaines de mil­liers de per­son­nels ont fait grève contre la loi Blan­quer. Ils se sont mobi­li­sés contre la réforme des retraites, contre le Bac Blan­quer. Ils n’en veulent tou­jours pas. Avec le pro­to­cole pseu­do-sani­taire, et la dis­lo­ca­tion de l’École publique en juin, le rejet s’est appro­fon­di.
FO invite les per­son­nels à se réunir, dès la pré­ren­trée, pour dres­ser la liste des reven­di­ca­tions et pré­pa­rer la résistance.

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