Décla­ra­tion FO au Conseil Supé­rieur de l’Éducation du 8 février 2024 (« choc des savoirs »)

9 Fév, 2024CSA/CSE

Mon­sieur le pré­sident, Mes­dames et Messieurs,

Le Conseil Supé­rieur de l’Éducation convo­qué aujourd’hui se réunit alors que depuis 4 mois, la popu­la­tion pales­ti­nienne se fait mas­sa­crer par les bom­bar­de­ments israé­liens, avec des dizaines de mil­liers de morts dont la moi­tié sont des enfants. La popu­la­tion y est affa­mée et sou­mise à la mala­die. La FNEC FP-FO réaf­firme l’exigence du ces­sez-le-feu immé­diat et per­ma­nent, l’arrêt des bom­bar­de­ments et des dépla­ce­ments de popu­la­tion, la libé­ra­tion des otages et des pri­son­niers poli­tiques. Nous sommes pour la paix et nous condam­nons les dis­cours visant à jus­ti­fier le géno­cide en oppo­sant les vic­times pales­ti­niennes et les vic­times israéliennes.

En France, dans la conti­nui­té du suc­cès de la mani­fes­ta­tion du 25 jan­vier à Paris, la grève très lar­ge­ment sui­vie le 1er février a expri­mé l’immense colère des per­son­nels de l’Éducation natio­nale face au sac­cage de l’École publique par le gou­ver­ne­ment Macron-Attal-Oudéa-Castéra.

Comme des mil­lions de sala­riés, ils refusent l’effondrement de leur pou­voir d’achat. Ils refusent leurs condi­tions de tra­vail insup­por­tables : les écoles, les éta­blis­se­ments et les ser­vices manquent de tout, partout.

Avec les parents d’élèves, avec les lycéens, ils refusent les contre-réformes à marche for­cée : Par­cour­sup, la casse des lycées pro­fes­sion­nels, la des­truc­tion de l’enseignement spé­cia­li­sé et l’inclusion sys­té­ma­tique et for­cée, le Ser­vice Natio­nal Uni­ver­sel, le « choc des savoirs »…

Dans toute la France, des cor­tèges impo­sants ont ras­sem­blé des dizaines de mil­liers de per­son­nels de toutes caté­go­ries, y com­pris des chefs d’établissements et des inspecteurs.

Ce qu’ont expri­mé les per­son­nels de tous corps et de toutes caté­go­ries, c’est la déter­mi­na­tion à faire abou­tir leurs reven­di­ca­tions, à com­men­cer par l’augmentation immé­diate des salaires et l’arrêt des poli­tiques d’austérité, de déré­gle­men­ta­tion et de pri­va­ti­sa­tion menées contre l’École publique.

Comme l’immense majo­ri­té, ils veulent en finir avec toutes ces poli­tiques qui remettent en cause aus­si bien les acquis ouvriers de l’École, que ceux de la San­té et de la Sécu­ri­té sociale, qui sont atta­qués chaque jour par le gou­ver­ne­ment Macron-Attal pour satis­faire les mar­chés financiers.

L’École publique, comme tous les ser­vices publics, est la richesse de ceux qui n’en ont pas. Lorsque M. Macron élève les écoles pri­vées au rang de ser­vice public, notre Confé­dé­ra­tion répond : « les fonds publics doivent être réser­vés à la seule École publique ». FO reven­dique la stricte appli­ca­tion de la loi de 1905, l’abrogation de la loi Debré et de toutes les lois qui en ont décou­lé. Cela ne peut pas pas­ser par la rému­né­ra­tion au mérite, mais par le res­pect du sta­tut de fonc­tion­naire, sta­tut qui pro­tège les per­son­nels de toute pres­sion extérieure.

Dans tous les dépar­te­ments, les mobi­li­sa­tions se pour­suivent, notam­ment contre les fer­me­tures de classes et pour exi­ger les postes et les heures néces­saires. Comme les agri­cul­teurs, per­son­nels et parents d’élèves décident des blo­cages, des occu­pa­tions d’é­coles, des ras­sem­ble­ments devant les DSDEN. Force Ouvrière sou­tient toutes ces initiatives.

Par­mi les mul­tiples reven­di­ca­tions qui s’expriment dans les mobi­li­sa­tions, le refus du « choc des savoirs » est unanime.

Ce « choc contre les savoirs » s’inscrit dans la conti­nui­té et dans l’aggravation des contre-réformes menées ces der­nières années. Après la réforme du col­lège de 2015 et la réforme du lycée de 2018, qui ont sup­pri­mé des mil­liers d’heures dis­ci­pli­naires, après le Bac­ca­lau­réat Blan­quer et « Par­cour­sup », véri­tables machines à déqua­li­fier la jeu­nesse, votre « choc des savoirs » fran­chit une étape sup­plé­men­taire dans la des­truc­tion de l’École publique : moins d’enseignements, plus de dérèglementation…

La FNEC FP-FO refuse la désor­ga­ni­sa­tion des col­lèges par l’instauration de groupes de niveaux flexibles en Mathé­ma­tiques et en Fran­çais, dont la mise en place entraîne la sup­pres­sion des dédou­ble­ments, l’éclatement du groupe classe, la dété­rio­ra­tion des emplois du temps et la réduc­tion ou la sup­pres­sion d’enseignements dis­ci­pli­naires et d’options.

Non seule­ment cette réforme remet en cause la liber­té péda­go­gique avec des méthodes, des manuels et des pro­gres­sions com­munes impo­sés, mais elle va dégra­der consi­dé­ra­ble­ment les condi­tions de tra­vail par la grande insuf­fi­sance des postes, par l’absence de créa­tion des postes sta­tu­taires néces­saires et la sur­charge des classes.

En outre, cette réforme trans­for­me­rait le col­lège en machine à trier les élèves en orga­ni­sant les cours de mathé­ma­tiques et de fran­çais en groupe de niveaux et en condi­tion­nant l’accès direct au lycée par la mise en place de pré­pas lycées 2de en LGT ou LP.

Dans la logique de la réforme de la voie pro­fes­sion­nelle, des stages en entre­prises en fin de 2de et de la géné­ra­li­sa­tion du SNU, il s’agit pour le gou­ver­ne­ment d’orienter des mil­lions d’élèves vers l’exploitation patro­nale ou l’embrigadement dès leur plus jeune âge.

À ce titre, la FNEC FP-FO se féli­cite de l’annulation de toutes les fer­me­tures de CPGE à Paris. Défendre les CPGE au sein des lycées publics, c’est défendre le droit d’accès pour tous à un ensei­gne­ment d’excellence. Cette vic­toire en appelle d’autres.

La FNEC FP-FO est tota­le­ment par­tie pre­nante de la mobi­li­sa­tion pour l’abandon du « choc des savoirs. »

Pour conclure, comme tous les sala­riés, les per­son­nels de l’Éducation natio­nale ont regar­dé atten­ti­ve­ment ce qu’ont fait les agri­cul­teurs qui ont remis à l’ordre du jour la ques­tion du blo­cage du pays res­tée en sus­pens durant la mobi­li­sa­tion contre la réforme des retraites.

D’ailleurs ils n’ont pas tour­né la page parce que la colère sociale reste totale… Elle est même aug­men­tée par les consé­quences de l’inflation et la poli­tique d’austérité et de gel des salaires impul­sée par le gou­ver­ne­ment. Elle est exa­cer­bée par les mesures et les annonces du pré­sident Macron et de ses ministres contre les droits et garan­ties col­lec­tives, de la « loi immi­gra­tion » à l’acte 2 de la réforme du mar­ché du tra­vail en pas­sant par la future loi de des­truc­tion du Sta­tut de fonctionnaire.

Parce que le gou­ver­ne­ment ne nous laisse pas d’autre choix que celui de tout blo­quer, la FNEC FP-FO pro­po­se­ra par­tout, dans les écoles, les éta­blis­se­ments et les ser­vices, de dis­cu­ter et d’organiser le blo­cage par la grève, si pos­sible dans l’unité des orga­ni­sa­tions syn­di­cales et avec les parents d’élèves, pour gagner sur nos revendications :

  • Reva­lo­ri­sa­tion du point d’indice à hau­teur de l’inflation, 10% tout de suite !
  • Annu­la­tion des sup­pres­sions de postes et la créa­tion des postes nécessaires,
  • Aban­don défi­ni­tif de l’acte 2 de l’École inclu­sive (sta­tut d’emploi d’ARE fusion­nant les AESH et les AED, mise en place des pôles d’appui à la sco­la­ri­té per­met­tant à l’Éducation natio­nale de mettre la main sur les noti­fi­ca­tions MDPH) ; main­tien et créa­tion des places néces­saires dans les éta­blis­se­ments sociaux et médico-sociaux,
  • Un sta­tut de fonc­tion­naire et un vrai salaire pour les AESH et les AED !
  • Arrêt de toutes les mesures qui remettent en cause nos sta­tuts et dégradent nos condi­tions de tra­vail (Pacte, « Choc des savoirs », mise en place à marche for­cée d Opale et Renoi­rH, etc.),
  • Retrait pur et simple de la réforme de la voie professionnelle !
  • Aban­don de la séquence d’observation en milieu pro­fes­sion­nel en classe de seconde, aban­don de la réforme du lycée et du bac­ca­lau­réat Blan­quer, de Par­cour­sup et du SNU !
  • Réta­blis­se­ment des heures d’enseignement dis­ci­pli­naire (tech­no­lo­gie en sixième, LCA en collège..) !

Le ministre tente d’associer syn­di­cats et élus locaux à la des­truc­tion de l’École publique : Non à l’expérimentation Geffray !

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Non à la guerre ! Non aux bud­gets de guerre ! Non à la nou­velle loi de pro­gram­ma­tion mili­taire ! Ras­sem­ble­ments le 4 mai !

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Les per­son­nels, parents, élus n’acceptent pas le cadre impo­sé et obtiennent gain de cause !

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