Des miettes de primes et des ensei­gnants « pac­tés » : inac­cep­table pour la FNEC FP-FO !

17 Fév, 2023Com­mu­ni­qué, Défense du statut

La FNEC FP-FO a été reçue en audience par le minis­tère et a réaf­fir­mé sa reven­di­ca­tion d’augmentation indi­ciaire pour tous les per­son­nels sans contre­par­tie. Alors que l’inflation prend tous les agents à la gorge, et que l’augmentation de 3,5% du point d’indice est jugée bien suf­fi­sante par le ministre de la Fonc­tion publique, qu’en est-il de la reva­lo­ri­sa­tion « his­to­rique » pro­mise par le ministre Ndiaye ? L’annonce pré­si­den­tielle d’une aug­men­ta­tion de 10 % de la rému­né­ra­tion des ensei­gnants est oubliée. Le ministre de l’Éducation natio­nale ne pro­pose que quelques miettes de primes pour les ensei­gnants, et rien pour les autres ! Il pour­suit sa volon­té de divi­ser les ensei­gnants en ins­ti­tuant son « pacte » de 3650 € bruts annuels en échange de mis­sions défi­nies loca­le­ment. La FNEC FP-FO refuse ce piège qui vise à écla­ter le sta­tut et ter­ri­to­ria­li­ser l’École. En cohé­rence, elle a quit­té les concer­ta­tions et s’oppose à ces pro­jets destructeurs !

Des miettes de primes

Le ministre a revu son pro­jet ini­tial pour main­te­nant pro­po­ser une aug­men­ta­tion de l’ISOE et de l’ISAE jusqu’à 2000 € bruts annuels (soit + 800 € dans le 1er degré et + 744 € dans le 2nd degré). Les autres primes de fonc­tions (CPE, Doc, PsyEN…) connaî­traient la même aug­men­ta­tion indem­ni­taire. Il s’agirait donc d’une aug­men­ta­tion de 53 € à 60 € nets men­suels de prime pour solde de tout compte.

Des primes d’attractivité en début de car­rière s’élèveraient (aug­men­ta­tion ISOE/ISAE incluse) à +258 € net men­suel à 5 ans de car­rière, +284 € à 10 ans, + 223 € à 15 ans et retour à la seule aug­men­ta­tion ISOE/ISAE pour le reste de la carrière.

Bref : cette poli­tique de primes au lance-pierre pour ne pas dire d’aumône, en lieu et place d’une véri­table reva­lo­ri­sa­tion indi­ciaire, confirme la volon­té du gou­ver­ne­ment de pour­suivre l’austérité.

Pour les per­son­nels en milieu et fin de car­rière, le ministre laisse entre­voir une légère aug­men­ta­tion des taux de pas­sage à la hors-classe et à la classe excep­tion­nelle, tout en conser­vant l’arbitraire de l’évaluation PPCR.

Pas de quoi pavoi­ser donc… et cela ne s’arrête pas là, puisque les annonces sur le « pacte » sont encore plus édifiantes !

Les direc­teurs et les chefs d’établissements contre­maîtres du « pacte »

Les besoins locaux de chaque école et éta­blis­se­ment devrait être éva­lués par le direc­teur de l’école (en lien avec l’IEN) et par le chef d’établissement. S’ensuivraient des concer­ta­tions, des appels à can­di­da­tures, qui abou­ti­raient à une lettre de mis­sion locale pour les ensei­gnants sélec­tion­nés pour le « pacte ». Un nou­veau cycle de dis­cus­sion sur les mis­sions des direc­teurs d’école, des chefs d’établissements et des ins­pec­teurs devrait s’ouvrir pro­chai­ne­ment pour « redé­fi­nir les mis­sions péda­go­giques que sou­lève cette charge de pilo­tage ». Il s’agit ain­si de mettre plei­ne­ment en œuvre la loi Ril­hac sur la direc­tion d’école et conti­nuer à pres­su­rer les chefs d’établissements pour qu’ils fassent du chiffre. Un inté­res­se­ment finan­cier serait envi­sa­gé face à cette charge de tra­vail sup­plé­men­taire. Serait-il lié aux résultats ?

Tout cela s’inscrit dans la logique ter­ri­to­riale impul­sée par le pré­sident Macron à Mar­seille et s’articule avec les pro­jets dits « inno­vants » du CNR puisque le « pacte » pour­rait s’appliquer aux per­son­nels les plus « inves­tis ». Une nou­velle mou­ture du décret « ins­ti­tuant une indem­ni­té pour mis­sion d’innovation péda­go­gique » a d’ailleurs été envoyée aujourd’hui pour avis au CSA ministériel.

« Pac­té » or not « pacté » ?

Il est déjà annon­cé qu’on pour­rait être « sous-pac­té » (50 % du pacte) ou « sur-pac­té » (150 %), pour­cen­tage s’appliquant à la rému­né­ra­tion (prime de 3650 € brut annuelle) et au temps de ser­vice (72h par an). A quoi s’engage-t-on en étant « pacté » ?

Il s’agirait d’une adhé­sion volon­taire sur la base d’une lettre de mis­sion. Cer­taines mis­sions seraient prio­ri­taires (inter­ven­tion en 6ème pour les PE, rem­pla­ce­ment de courte durée dans le 2nd degré) et s’effectueraient sur la base de 72h heures. Pour les autres mis­sions, il s’agirait d’un for­fait et il fau­drait tra­vailler au-delà de ces 72h supplémentaires.

Par­mi les missions :

  • Coor­don­ner les « pro­jets inno­vants » du CNR pour les écoles et les éta­blis­se­ments qui s’y sont enga­gées. Il n’y aurait pas de pacte pour tous les ensei­gnants enga­gés dans les projets.
  • Des mis­sions de coor­di­na­tion, réfé­rent, tuto­rat de nou­veaux pro­fes­seurs : le minis­tère indique que dans un pre­mier temps, les mis­sions déjà exis­tantes ouvrant droit à des primes pour­raient être main­te­nues et coexis­ter avec le pacte mais seraient à terme inté­grées dans le pacte.
  • Ses­sion d’une heure de conso­li­da­tion (maths/français en 6ème) : elle serait effec­tuée par des PE (plu­tôt en fran­çais) ou par des ensei­gnants du second degré. Il s’agirait d’une heure obli­ga­toire pour les élèves. Elle pour­rait s’organiser selon des moda­li­tés locales (le mer­cre­di, le soir…) ou même en échange de ser­vice entre les PE et les pro­fes­seurs du collège…
  • Rem­pla­ce­ment de courte durée dans le 2nd degré : les 72h seraient annua­li­sées (pas limi­tées à 2h max par semaine) en fonc­tion des besoins. Le minis­tère envi­sage d’utiliser l’application And­ja­ro (déjà uti­li­sée dans cer­tains dépar­te­ments pour le rem­pla­ce­ment dans le pre­mier degré) pour croi­ser les emplois du temps des ensei­gnants absents et des ensei­gnants « pac­tés » et les mobi­li­ser en envoyant un SMS.
  • Pour les PLP : dans le cadre de la réforme de la voie pro­fes­sion­nelle Macron-Gran­jean, les PLP« pac­tés » pour­raient effec­tuer les accueils et la pré­sen­ta­tion de leur dis­ci­pline au col­lège mais aus­si suivre l’insertion pro­fes­sion­nelle de leur élève après l’obtention du diplôme, une sorte de« ser­vice après-vente » selon l’expression du ministère.
  • Des mis­sions liées à l’inclusion sco­laire : accom­pa­gne­ment des ensei­gnants et men­to­rat des élèves en situa­tion de han­di­cap. Ces mis­sions effec­tuées par des ensei­gnants ordi­naires en charge de classe pour­raient se sub­sti­tuer aux mis­sions déjà exis­tantes des ensei­gnants spé­cia­li­sés (en classes et struc­tures adap­tés, de RASED…) ou les mis­sions des AESH. Ces annonces confirment la volon­té d’accélérer le déman­tè­le­ment de l’enseignement spécialisé.

Autant de tâches sup­plé­men­taires donc, qui remettent au cause les sta­tuts et le cadre natio­nal de l’Ecole, qui trans­forment les direc­teurs d’école et les chefs d’établissement en pilotes des contre- réformes, qui ins­ti­tuent une hié­rar­chie inter­mé­diaire avec des ensei­gnants « pac­tés » char­gés à tra­vers leur mis­sion de « coor­di­na­tion » de capo­ra­li­ser leurs col­lègues. Le minis­tère indique d’ailleurs à nos repré­sen­tants chefs d’établissements qu’ils pour­raient ain­si s’appuyer sur l’équipe des ensei­gnants « pactés » !

Faire recu­ler Macron sur les retraites, pour avan­cer sur toutes nos revendications !

La FNEC FP-FO refuse cette ten­ta­tive d’opposer les per­son­nels et de les divi­ser. Elle reven­dique une reva­lo­ri­sa­tion indi­ciaire pour tous les per­son­nels, sans contre­par­tie ! Face au ministre Ndiaye qui reste sourd à cette exi­gence légi­time, face au pré­sident Macron et sa ministre Borne qui res­tent sourds au puis­sant rejet de leur réforme des retraites, il n’y a plus d’autre choix que la grève, le blocage !

Pour la défense de nos retraites, pour la satis­fac­tion de toutes nos reven­di­ca­tions, met­tons le pays à l’arrêt à par­tir du 7 mars pour faire plier le gouvernement !

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