Choc des savoirs : Tou­jours plus de déré­gle­men­ta­tion, Tou­jours moins de moyens !

11 Fév, 2025Com­mu­ni­qué

Lors des CSE des 29 et 30 jan­vier, à l’ombre du si média­tique pro­gramme EVARS, les nou­veaux textes sur le « choc des savoirs » ont été pré­sen­tés. Après la mobi­li­sa­tion inédite du prin­temps der­nier, mal­gré le constat de désor­ga­ni­sa­tion géné­ra­li­sée et de dégra­da­tion des condi­tions de tra­vail dans les col­lèges, le minis­tère s’acharne à vou­loir impo­ser son « choc des savoirs ». Pour la deuxième année, aucune voix ne s’est expri­mée pour les groupes de besoin en 6e et 5e.

En 6e et 5e

L’arrêté minis­té­riel sur les groupes de besoin en 6e et 5e a été annu­lé par le Conseil d’É­tat le 28 novembre 2024 pour une ques­tion de forme. Le décret pré­sen­té au CSE du 30 jan­vier reprend donc en inté­gra­li­té le texte de 2024.

Tous les col­lèges qui ont mis en place les groupes en 6e et 5e ont consta­té les méfaits de cette réforme : emplois du temps impos­sibles, sur­charge de tra­vail pour l’ensemble des per­son­nels, remise en cause de la liber­té péda­go­gique, hausse des effec­tifs par classe, baisse des dédou­ble­ments et sup­pres­sion de la tech­no­lo­gie en 6e, autant d’organisations que de col­lèges en France… Et aucun béné­fice pour les élèves.

La ministre Borne se réserve la pos­si­bi­li­té de « don­ner des consignes » sur la mise en place des groupes de besoin après la mis­sion d’inspection géné­rale dili­gen­tée… en juin. Au moment où les DHG exsangues sont trans­mises dans les éta­blis­se­ments, de nou­velles consignes pour­raient être don­nées en fin d’année sco­laire, aug­men­tant encore le chaos ? C’est intolérable.

En 4e et 3e

Il s’agirait de mettre en place, jusqu’à deux heures heb­do­ma­daires, des heures de sou­tien sup­plé­men­taires, consa­crées à la maî­trise des savoirs fon­da­men­taux pour les élèves dont les besoins ont été iden­ti­fiés. N’importe quel pro­fes­seur de n’importe quelle dis­ci­pline pour­rait se char­ger de ces heures de « savoirs fondamentaux ».

Ce sera éta­blis­se­ment par éta­blis­se­ment dans un cadre tota­le­ment ter­ri­to­ria­li­sé et sans moyen réel. Lors du CSA minis­té­riel du 17 jan­vier, Éli­sa­beth Borne se van­tait d’annuler la sup­pres­sion de 4 000 postes d’enseignants et même de créer 324 postes dans le second degré… Mais 542 postes auraient été flé­chés pour « construire des dis­po­si­tifs d’approfondissement ».

Dans les éta­blis­se­ments, ce sont des postes sup­pri­més ou des effec­tifs par classe qui aug­mentent encore que les DHG annoncent. Qu’ils s’appellent groupes de niveau, groupes de besoin, dis­po­si­tifs d’accompagnement, ils ont en com­mun de ponc­tion­ner des heures aux autres dis­ci­plines, de désor­ga­ni­ser les col­lèges, et pour finir de pour­suivre la mise en œuvre du pro­gramme de ter­ri­to­ria­li­sa­tion et de déré­gle­men­ta­tion de l’École publique de Macron et ses ministres depuis 2017.

Et main­te­nant en seconde ?

À peine le CSE ter­mi­né, le minis­tère inter­ro­geait les orga­ni­sa­tions syn­di­cales sur la mise en place d’un « plan d’accompagnement en classe de seconde ».

Le minis­tère a renon­cé à faire du DNB un cou­pe­ret en 3e, qui aurait exclu du sys­tème sco­laire les élèves en dif­fi­cul­té (seuls chan­ge­ments, les épreuves ter­mi­nales du DNB pour la ses­sion 2026 comp­te­ront pour 60 % de la note finale et la moyenne de toutes les notes du contrôle conti­nu pour 40 %). Il envi­sage la mise en place d’un « plan d’accompagnement » pour les élèves de seconde (géné­rale ou pro­fes­sion­nelle) non lau­réats du DNB.

Alors que les effec­tifs des classes explosent, que les dédou­ble­ments ont été un à un sup­pri­més, que les dégâts de l’inclusion sys­té­ma­tique sans moyen sont lar­ge­ment dénon­cés, la FNEC FP-FO dénonce l’hypocrisie de deux heures de « sou­tien » en classe de seconde, quelles qu’en soient les moda­li­tés, dans le cadre des bud­gets d’austérité qui se succèdent.

Épreuve anti­ci­pée de mathé­ma­tiques en classe de première

Cher­chant à répondre aux « pres­sions de la socié­té » et à « ras­su­rer » la popu­la­tion, le minis­tère envi­sage la mise en place d’une épreuve anti­ci­pée de mathé­ma­tiques et d’enseignement scien­ti­fique en fin de pre­mière après y avoir réin­tro­duit 1,5 heure de mathé­ma­tiques. La réforme du bac­ca­lau­réat rend le mois de juin inte­nable dans les lycées, en par­ti­cu­lier pour les ensei­gnants de lettres. Au lieu de réta­blir un bac­ca­lau­réat natio­nal, pre­mier grade uni­ver­si­taire, le minis­tère aug­mente là aus­si le chaos.

Aucun bri­co­lage ne sau­rait rendre accep­tables les réformes du « choc des savoirs » Attal, du lycée et du bac­ca­lau­réat Blan­quer. La FNEC FP-FO reven­dique leur totale abrogation !

Dans ce contexte, les mobi­li­sa­tions qui se pro­pagent dans toute la France et qui voient per­son­nels et parents unis pour défendre les postes et les classes sont un point d’ap­pui pour blo­quer ce gou­ver­ne­ment et ses mesures illé­gi­times. La FNEC FP-FO les sou­tient et appelle à les amplifier.

Plus de 4000 sup­pres­sions de postes ! Des mil­liers de fer­me­tures de classes à venir ! Inac­cep­table ! Pré­pa­rons la mobi­li­sa­tion sans attendre !

Plus de 4 000 sup­pres­sions de postes sont annon­cées pour la ren­trée pro­chaine dans l’É­du­ca­tion natio­nale, impo­sées par le 49–3 du Pre­mier ministre Lecor­nu. Der­rière l’an­nonce de 2 000 postes pour l’É­cole inclu­sive se cache un véri­table enfu­mage, tan­dis que les aca­dé­mies de Lille, Ver­sailles et Nan­­cy-Metz figurent par­mi les plus dure­ment frap­pées par cette saignée.

Échos des mobilisations

De la pre­mière vic­toire contre les « classes défense » dans les Hauts-de-Seine aux grèves d’AESH exas­pé­rées par leurs condi­tions de tra­vail, en pas­sant par les mobi­li­sa­tions contre les fer­me­tures de classes à Paris et l’ap­pel à la grève en Gua­de­loupe contre un décret dis­cri­mi­na­toire : par­tout sur le ter­ri­toire, les per­son­nels de l’É­du­ca­tion natio­nale se mobi­lisent. Un pano­ra­ma des luttes en cours qui témoigne d’une colère gran­dis­sante face à la dégra­da­tion du ser­vice public d’éducation.

À l’attention de Mes­dames les dépu­tées, Mes­sieurs les dépu­tés : Votez CONTRE la pro­po­si­tion de loi « Yadan » !

Une pro­po­si­tion de loi adop­tée de jus­tesse en com­mis­sion sera sou­mise au vote de l’As­sem­blée natio­nale la semaine pro­chaine. La FNEC FP-FO appelle les par­le­men­taires à reje­ter ce texte qui intro­duit de nou­veaux délits et reprend une défi­ni­tion contro­ver­sée de l’an­ti­sé­mi­tisme, crai­gnant une atteinte majeure aux liber­tés aca­dé­miques et à la liber­té d’ex­pres­sion sur la Palestine.

« Conces­sions » ? « Avan­cées sociales » ? Non ! Lecor­nu impose par 49–3 son bud­get d’austérité et de guerre

Alors que 4 000 postes d’en­sei­gnants sont sup­pri­més et que le bud­get de la vie étu­diante baisse de 200 mil­lions d’eu­ros, le bud­get des armées béné­fi­cie de 36 mil­liards sup­plé­men­taires pour « un enga­ge­ment majeur d’i­ci 3 ou 4 ans ». Face à ce bud­get d’aus­té­ri­té et de guerre impo­sé par le 49–3, la FNEC FP-FO appelle les per­son­nels à la mobilisation.

L’État se désen­gage du CNED : vers une pri­va­ti­sa­tion de sa mis­sion de ser­vice public

Le CNED fait face à un désen­ga­ge­ment finan­cier mas­sif de l’É­tat : sa sub­ven­tion publique ampu­tée de près de 25% d’i­ci 2026, une ponc­tion sup­plé­men­taire de 15 M€ votée par les séna­teurs, et un retrait du finan­ce­ment de la pro­tec­tion sociale des per­son­nels. Cette poli­tique de rigueur menace direc­te­ment l’a­ve­nir de l’é­ta­blis­se­ment et sa mis­sion de ser­vice public.

Sou­tien total aux étu­diants et per­son­nels de l’Université de Bir­zeit en Cis­jor­da­nie occupée !

Une inter­ven­tion mili­taire israé­lienne sur un cam­pus uni­ver­si­taire en Cis­jor­da­nie a fait plu­sieurs bles­sés par­mi les étu­diants. Le motif ? Le refus de cen­su­rer un film docu­men­taire. La FNEC FP-FO réagit fer­me­ment face à cette attaque contre le monde uni­ver­si­taire et la liber­té d’expression.

AESH : pour un sta­tut à 24h temps plein, avec un vrai salaire ! Pour l’abandon des PAS et des PIAL !

Le Sénat rejette le sta­tut des AESH pour rai­sons bud­gé­taires, tan­dis que 7 mil­liards sup­plé­men­taires sont pré­vus pour les dépenses mili­taires. La FNEC FP-FO dénonce cette contra­dic­tion et appelle les per­son­nels à se mobi­li­ser pour obte­nir un véri­table sta­tut de fonc­tion­naire et la fin de la précarité.

Audience FO au Minis­tère : la refon­da­tion de la san­té sco­laire à marche forcée !

Alors que le cadre natio­nal n’est pas encore adop­té, des aca­dé­mies mettent déjà en œuvre les mesures des assises de la san­té sco­laire, allant jus­qu’à nom­mer des per­sonnes sans diplôme en psy­cho­lo­gie à des postes de réfé­rents en san­té men­tale. La FNEC FP-FO alerte sur une refon­da­tion qui remet en cause les sta­tuts et mis­sions des per­son­nels dans un contexte de baisse dras­tique des recru­te­ments et de vacance mas­sive des postes.

Ser­vice natio­nal volon­taire : STOP à la mili­ta­ri­sa­tion de l’École !

Alors que 103 000 jeunes se retrouvent sans affec­ta­tion Par­cour­sup chaque année, le gou­ver­ne­ment lance un ser­vice natio­nal « volon­taire » ali­gné sur le calen­drier de l’o­rien­ta­tion sco­laire. Der­rière les 800 euros men­suels et les cré­dits uni­ver­si­taires pro­mis, la FNEC FP-FO dénonce une entre­prise d’embrigadement de la jeunesse.

Tem­pé­ra­tures néga­tives et neige le chaos n’est pas une fatalité !

Face aux tem­pé­ra­tures néga­tives, les écoles sombrent dans le chaos : salles non chauf­fées, ensei­gne­ment à dis­tance impro­vi­sé, et des enfants sans abri dor­mant dans la rue. La FNEC FP-FO dénonce l’i­nac­tion de l’É­tat et s’en­gage à blo­quer le bud­get gou­ver­ne­men­tal pour défendre les droits des per­son­nels et des élèves.