Non à notre trans­fert aux col­lec­ti­vi­tés territoriales !

4 Mar, 2020SMEDEN, SNFOIEN

Mon­sieur Edouard Phi­lippe a envoyé un cour­rier daté du 15 jan­vier 2020 aux pré­fets de région et de dépar­te­ment, leur deman­dant d’or­ga­ni­ser une concer­ta­tion sur la répar­ti­tion et l’exer­cice des com­pé­tences des col­lec­ti­vi­tés territoriales.

Il leur est deman­dé une réflexion sur la fai­sa­bi­li­té d’une décen­tra­li­sa­tion de cer­tains ser­vices d’État.

En pages 16 et 17 de ce cour­rier, la fiche tech­nique inti­tu­lée « édu­ca­tion nationale-santé en milieu sco­laire » pose la ques­tion du trans­fert total des acteurs de la san­té à l’école (Méde­cins et infir­miers) aux collectivités.

Ceci n’a rien de nou­veau, depuis de nom­breuses années, les gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs ont évo­qué ce trans­fert et y ont renoncé.

Mon­sieur Édouard Phi­lippe et son gou­ver­ne­ment, sourds et aveugles à la colère des per­son­nels, tentent de pour­suivre la casse de la fonc­tion publique d’é­tat. Ils ne recon­naissent pas les mau­vais trai­te­ments infli­gés aux méde­cins, infir­mières et assis­tants sociaux de l’é­du­ca­tion natio­nale et pro­posent de s’en débarrasser.

Il est inté­res­sant de sou­li­gner que dans son cour­rier, il attire l’at­ten­tion sur les risques d’af­fai­blis­se­ment et la dis­pa­ri­té du ser­vice ren­du qui en décou­le­ra*. L’on ne peut que sous­crire aux craintes expri­mées dans les points d’attention.

C’est la fin orga­ni­sée, pla­ni­fiée d’une poli­tique publique de san­té de pré­ven­tion pour les enfants et jeunes sco­la­ri­sés en France à l’en­contre de tous les objec­tifs expri­més par ailleurs : prise en charge, dépis­tage pré­ven­tion autour de l’au­tisme, l’illet­trisme, la mal­trai­tance, l’obésité, …

Nous ne pou­vons que nous éton­ner que le syn­di­cat majo­ri­taire des méde­cins enté­rine déjà ces pro­po­si­tions et creuse la tombe de nos services.

En consé­quence, nous défen­drons à tous les niveaux :

  • le refus de notre trans­fert aux col­lec­ti­vi­tés territoriales
  • la recon­nais­sance de nos mis­sions d’ac­com­pa­gne­ments et d’éducations.
  • l’arrêt du gel du point d’in­dice et la reva­lo­ri­sa­tion de nos salaires
  • la créa­tion de postes d’infirmiers, de méde­cins et l’arrêt des redé­ploie­ments de

Mon­treuil, le 4 mars 2020

*On peut lire en effet à la page 17 :

« Points d’attention :

- Un risque d’affaiblissement du lien entre pro­mo­tion de la san­té et les ensei­gne­ments et actions éducatives.

- Une décen­tra­li­sa­tion aux dépar­te­ments de la san­té sco­laire com­por­te­rait cer­tains risques de mise en œuvre du fait de la faible attrac­ti­vi­té de ces missions.

  • Si la méde­cine sco­laire se sin­gu­la­rise depuis de nom­breuses années par des vacances de postes impor­tantes, cette réa­li­té n’est cepen­dant pas spé­ci­fique à l’Education Des rap­ports et études montrent que les ser­vices de la PMI sont de la même manière en prise à des dif­fi­cul­tés struc­tu­relles. Le risque existe qu’une dépar­te­men­ta­li­sa­tion de la méde­cine sco­laire aug­mente les dis­pa­ri­tés ter­ri­to­riales de prise en charge des élèves par rap­port aux besoins.

- Une décen­tra­li­sa­tion qui pour­rait ne pas ren­con­trer l’adhésion des per­son­nels concernés

  • Les per­son­nels sont atta­chés au cadre minis­té­riel, et au carac­tère natio­nal de la poli­tique de san­té à l’école, repo­sant sur des ins­truc­tions natio­nales et des méde­cins et infir­miers conseillers tech­niques à tous les éche­lons du ministère. »