Grève le 10 octobre dans la fonc­tion publique Mobi­li­sa­tion inter­pro­fes­sion­nelle en novembre (Édi­to­rial du SI 202 )

4 Oct, 2017Non clas­sé

Les ordon­nances sur le code du tra­vail adop­tées par le conseil des ministres seraient rati­fiées par un vote de l’assemblée natio­nale autour du 20 novembre.

Contre les ordon­nances, le comi­té confé­dé­ral natio­nal (CCN) a déci­dé de prendre l’initiative d’une mobi­li­sa­tion inter­pro­fes­sion­nelle avant cette rati­fi­ca­tion. Cette déci­sion est le pro­lon­ge­ment de la reven­di­ca­tion, confir­mée par le CCN des 28 et 29 sep­tembre, d’abrogation de la loi El-Khom­ri, des­truc­trice des garan­ties col­lec­tives ins­crites dans le code du tra­vail et en par­ti­cu­lier la hié­rar­chie des normes et le prin­cipe de faveur. La confé­dé­ra­tion va donc, dans les pro­chains jours, s’adresser aux autres confé­dé­ra­tions pour leur pro­po­ser l’action com­mune sur ces objec­tifs et cette ini­tia­tive. La démo­cra­tie syn­di­cale s’est expri­mée. Le CCN n’est ni un par­le­ment ni un corps inter­mé­diaire. Les repré­sen­tants des fédé­ra­tions et des unions dépar­te­men­tales ont por­té le man­dat des syn­di­cats et des syn­di­qués de la cgt-FO.

Il s’agit là d’une déci­sion très impor­tante : prendre nos res­pon­sa­bi­li­tés contre une régres­sion sociale sans pré­cé­dent met­tant en péril la capa­ci­té du syn­di­ca­lisme confé­dé­ré à agir, c’est-à-dire son exis­tence même.

Blo­quer la rati­fi­ca­tion des ordon­nances, c’est se don­ner les moyens de blo­quer toute la poli­tique de ce gou­ver­ne­ment ‑réformes en cours et réformes annon­cées– : code du tra­vail, assu­rance chô­mage, retraites, for­ma­tion pro­fes­sion­nelle et appren­tis­sage. Le menu est certes copieux mais il n’est pas sûr que ce gou­ver­ne­ment ait la force et la capa­ci­té de le mettre en œuvre, en par­ti­cu­lier si l’action com­mune se réa­lise sur les reven­di­ca­tions autour de l’initiative de Force Ouvrière.

Dans tous nos sec­teurs d’intervention, l’éducation natio­nale, l’enseignement supé­rieur et la recherche, l’enseignement pri­vé, la culture, la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle, à jeu­nesse et sports, la ren­trée est mar­quée par la menace de ces pro­jets et par la réa­li­té quo­ti­dienne des mesures gou­ver­ne­men­tales. Les postes et les moyens manquent. Les mis­sions des per­son­nels sont remises en cause. Le ser­vice répu­bli­cain est affai­bli, la réforme ter­ri­to­riale s’en prend à toute l’architecture de tous les ser­vices publics. Le ministre Blan­quer et sa col­lègue de l’enseignement supé­rieur et de la recherche, sup­priment les emplois aidés, s’en prennent au bac­ca­lau­réat, pré­tendent ins­tau­rer la sélec­tion à l’entrée des uni­ver­si­tés et confirment la poli­tique de leurs pré­dé­ces­seurs trans­for­mant l’école et l’université répu­bli­caines en écoles et uni­ver­si­tés des territoires.

A l’AFPA, les nuages s’amoncellent et toutes choses res­tant égales, la faillite et le dépôt de bilan risquent d’être l’aboutissement des mul­tiples plans stra­té­giques ou de refon­da­tion qui ont déman­te­lé l’AFPA en régio­na­li­sant la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle. Dans ces condi­tions, les sala­riés et leurs orga­ni­sa­tions ont rai­son d’exiger des garan­ties pour leur ave­nir, ils n’attendent rien d’une nou­velle réforme qui vou­drait pour­suivre et ache­ver les précédentes.

Rien n’échappe à cette poli­tique, ni les pro­grammes sco­laires, ni les diplômes natio­naux, ni les qua­li­fi­ca­tions, ni les sta­tuts des per­son­nels, et pas même le calen­drier scolaire !

En réa­li­té, la poli­tique sala­riale du gou­ver­ne­ment déter­mine tout le reste. Les ordon­nances visent en défi­ni­tive à dimi­nuer le coût du tra­vail, et dans la fonc­tion publique la valeur du point d’indice est blo­quée, la hausse de la CSG ne sera pas com­pen­sée, le jour de carence est impo­sé, et par­tout le salaire au mérite est sub­sti­tué à la grille indi­ciaire. Même les maigres mesures caté­go­rielles que le gou­ver­ne­ment avait dû concé­der pour impo­ser le PPCR (refu­sé par Force Ouvrière) sont remises en cause ; le blo­cage de la valeur du point d’indice et l’évaluation impo­sée aux per­son­nels sont, eux, confirmés !

En toute logique, contre ce sac­cage et ce mépris des per­son­nels, les fédé­ra­tions de fonc­tion­naires appellent à la grève et à la mani­fes­ta­tion le 10 octobre pro­chain. Les syn­di­cats Force Ouvrière vont tout mettre en œuvre pour le suc­cès de la grève et des mani­fes­ta­tions en mul­ti­pliant les assem­blées des per­son­nels et réunions d’information.

Nous savons bien et les sala­riés savent aus­si, qu’une jour­née de grève dans la fonc­tion publique ne suf­fi­ra pas et que c’est au niveau inter­pro­fes­sion­nel, tous ensemble, public-pri­vé, qu’il faut se pré­pa­rer à blo­quer le pays pour blo­quer cette poli­tique. En ce sens, la jour­née du 10 octobre pré­pare la mobi­li­sa­tion inter­pro­fes­sion­nelle dont Force Ouvrière a pris l’initiative pour le mois de novembre. Il en va du main­tien ou non de toutes nos garan­ties col­lec­tives, sta­tuts, conven­tions col­lec­tives et code du tra­vail. Il en va aus­si de la place du syn­di­ca­lisme indépendant.

Réponse au pré­sident de la République

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