Étu­diants contrac­tuels alter­nants MEEF : une usine à gaz pour exploi­ter, contrac­tua­li­ser, détruire les postes

23 Juin, 2021Com­mu­ni­qué

Actuel­le­ment se dis­cutent dans les aca­dé­mies les moda­li­tés « d’accueil » des futurs étu­diants contrac­tuels MEEF dits « alternants ».

Il est pré­vu qu’une par­tie au moins d’entre eux seront « alter­nants », en 2021–22 seule­ment durant l’année de M2. Pour ceux, pour les­quels il n’aura pas été pré­vu de « ber­ceaux » d’accueil, ils seront en stage (obser­va­tion et accom­pa­gne­ment). C’est l’inégalité offi­cia­li­sée dans la for­ma­tion professionnelle.

Une usine à gaz … pour exploi­ter les étudiants

Par­tout il appa­raît que la mise en œuvre de l’insertion des « alter­nants » relève de l’usine à gaz.

En effet, ils auront à faire un tiers-temps de ser­vice en res­pon­sa­bi­li­té. Mais ce tiers-temps est annua­li­sé, il peut donc être décli­né sous une forme heb­do­ma­daire (8H+1H dans le pre­mier degré, 6H dans le second degré) ou sous une forme « mas­sée », avec des ser­vices heb­do­ma­daires de 50 %, 75 %, voire 100 %… En cer­tains cas, comme dans l’académie de Lyon, il est même ima­gi­né un mixte filé/massé !

Concrè­te­ment les « alter­nants » vont ser­vir de moyens de rem­pla­ce­ments bouche-trous.

Com­ment leurs emplois du temps seront-ils orga­ni­sés pour faire en sorte qu’ils puissent tous suivre les cours ou for­ma­tions pré­vus en uni­ver­si­té ou à l’INSPÉ ? C’est presque mis­sion impossible !

Aucune garan­tie n’est par ailleurs don­née que les alter­nants puissent ne pas avoir à se dépla­cer dans une même jour­née entre leur lieu de tra­vail et leurs lieux de formation.

Et tout ceci pour 664 € nets par mois !

Pour les col­lègues dans les éta­blis­se­ments : sur­charge de tra­vail, désor­ga­ni­sa­tion des emplois du temps, pres­sions sur les temps par­tiels, blo­cage du mouvement

Il va fal­loir enca­drer ces « alter­nants ». Il est pré­vu pour les tuteurs 600 € de rému­né­ra­tion annuelle (contre 1500 € pour les anciens fonc­tion­naires sta­giaires) ! À ce tarif, il n’est pas du tout sûr que tous les contrac­tuels aient un tuteur.

Quant aux simples « sta­giaires », aucune rému­né­ra­tion n’est à ce jour pré­vue. D’autres consé­quences appa­raissent également :

  • Dans le 2nd degré, amé­na­ger les emplois du temps pour que les alter­nants puissent suivre l’essentiel de leur for­ma­tion en INSPÉ ou à l’université impli­que­rait de modi­fier au moins en par­tie les emplois du temps dans les dis­ci­plines concernées.
  • Dans le 1er degré, les direc­teurs seraient char­gés « d’accompagner » les alter­nants pour qu’ils acquièrent des connais­sances « rele­vant de l’organisation admi­nis­tra­tive et péda­go­gique de l’école » ! Ceci sans aucune décharge ou rému­né­ra­tion ! Comme si les direc­teurs n’avaient que ça à faire !
  • Il est aus­si fait pres­sion sur les temps par­tiels, en sorte que les niveaux de temps par­tiels soient adap­tés aux pour­cen­tages d’interventions des « alternants ».
  • Par­tout, le fait de devoir ména­ger des « ber­ceaux » pour pla­cer les alter­nants va concrè­te­ment blo­quer des postes mis au mou­ve­ment.

L’objectif réel : éco­no­mi­ser des postes, géné­ra­li­ser et péren­ni­ser la contractualisation

Le fait que le concours passe en fin de 2e année de mas­ter retarde encore l’entrée dans la car­rière. Ceci sans aucune aug­men­ta­tion : en revanche, les nou­veaux fonc­tion­naires sta­giaires n’auront plus de réduc­tion de leur ser­vice heb­do­ma­daire, ils seront à 100 % ! Si l’on ajoute l’apport que repré­sente les contrac­tuels alter­nants, l’objectif appa­raît clai­re­ment : ce sont des mil­liers de postes qui dis­pa­raissent : 9000 pour le pas­sage de 50 à 100 % des lau­réats sta­giaires, envi­ron 4000 pour les « alter­nants » qui seraient 12 000 l’an pro­chain, peut-être plus encore les années suivantes…

Il fau­drait encore ajou­ter les mor­ceaux de postes qui vont être affec­tés dans les INSPÉ pour satis­faire à l’exigence d’une inter­ven­tion ren­for­cée des col­lègues « de ter­rain » (le tiers du volume de la for­ma­tion) : PEMF, PFA, temps par­ta­gés… ce qui repré­sente au moins une ving­taine d’ETP par aca­dé­mie, qui vont dégar­nir d’autant les rangs des col­lègues ensei­gnant dans les écoles, col­lèges et lycées.

Par ailleurs les étu­diants « alter­nants », qui seront une par­tie du temps en classe pour ensei­gner pour la pre­mière fois, auront des chances encore plus faibles de réus­sir le concours, que ce soit en 2021–22 (où concrè­te­ment les alter­nants de M2 seront ceux qui ont échoué aux concours 2021) ou après.

Que pour­ra-t-il être pro­po­sé à tous ces étu­diants ex-contrac­tuels « alter­nants » ain­si mis en échec, si ce n’est de rem­pi­ler comme contractuels ?

Plus que jamais, les reven­di­ca­tions de la FNEC FP-FO sont justifiées :

  • Aban­don de la réforme des concours et de la for­ma­tion des ensei­gnants, abro­ga­tion de la mas­te­ri­sa­tion » des concours (que les syn­di­cats de la FNEC FP-FO étaient les seuls à deman­der expli­ci­te­ment en 2009–2010) et dont on voit à quoi elle conduit
  • Recru­te­ment au niveau Bac+3
  • Main­tien des exi­gences dis­ci­pli­naires (plu­ri-dis­ci­pli­naires pour les PE) des concours, en par­ti­cu­lier contre « l’entretien de moti­va­tion » qui repré­sente dans la réforme la moi­tié de l’oral (soit 30 % du total des coefficients)
  • Une for­ma­tion pro­fes­sion­nelle ini­tiale rému­né­rée sous sta­tut, incluant la pré­pa­ra­tion aux concours, finan­cée par le MEN.

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