Décla­ra­tion limi­naire de la FNEC FP-FO et CR du CTMEN du 15 sep­tembre 2020

17 Sep, 2020CTM/CSE

La FNEC FP-FO condamne la pour­suite et l’aggravation des mesures répres­sives et liber­ti­cides enga­gées par le gou­ver­ne­ment Cas­tex en cette ren­trée. En uti­li­sant les pou­voirs spé­ciaux qui lui ont été confiés par la loi dite d’état d’urgence sani­taire, le gouvernement :

  • Inter­dit tout ras­sem­ble­ment de plus de 5 000 personnes
  • Sou­met à auto­ri­sa­tion préa­lable tout ras­sem­ble­ment de plus de 10 personnes
  • Met en place un déploie­ment poli­cier pour contrô­ler le port du masque dans les rues et jusque dans les établissements

La répres­sion à l’égard des mili­tants syn­di­caux et des per­son­nels qui se mobi­lisent doit ces­ser, ain­si que les pour­suites enga­gées contre nombre d’entre eux (à Cler­mont, dans le Lot, dans les Deux Sèvres,). La FNEC FP-FO se féli­cite de la condam­na­tion du Rec­teur de Cler­mont par le tri­bu­nal Admi­nis­tra­tif suite à la muta­tion d’office d’une syn­di­ca­liste appa­rais­sant, pour le juge, « comme une sanc­tion dégui­sée por­tant une atteinte grave et mani­fes­te­ment illé­gale à la liber­té syndicale ».

Il est inac­cep­table que les sup­pléants dési­gnés par les orga­ni­sa­tions syn­di­cales soient sys­té­ma­tique- ment évin­cés des réunions sta­tu­taires comme les CT ou les CHSCT. L’argument de la dis­tan­cia­tion sociale est incom­pré­hen­sible, alors que les ensei­gnants font cours dans des classes à plus de 35 élèves.

Nous vous deman­dons le réta­blis­se­ment de la tenue en pré­sen­tiel des dif­fé­rentes réunions orga­ni­sées au minis­tère et dans les rectorats.

Nous n’avons pas oublié les décla­ra­tions du ministre de la san­té sur « les masques qui ne ser­vaient à rien » au plus fort de l’épidémie, le tri des malades à l’entrée de l’hôpital dans les régions les plus tou­chées, l’absence de pro­tec­tion, de dépis­tage sys­té­ma­tique… Aujourd’hui le minis­tère four­nit aux per­son­nels un masque non recon­nu par le Code du Tra­vail et poten­tiel­le­ment dan­ge­reux, qu’ils sont contraints de por­ter sans dis­con­ti­nuer, y com­pris dans la cour de récréa­tion… Nous deman­dons que donc le retrait de ces masques en tis­su. Nous deman­dons éga­le­ment un sui­vi médi­cal des agents qui ont dû tra­vailler avec cet équi­pe­ment et la recon­nais­sance de l’imputabilité aux ser­vices des affec­tions liées au port de ce type de masques.

La mul­ti­pli­ca­tion des injonc­tions contra­dic­toires de ce gou­ver­ne­ment abou­tit en cette ren­trée à un chaos sans pré­cé­dent des orga­ni­sa­tions de tra­vail, dans tous les sec­teurs. La FNEC FP-FO dénonce une volon­té d’imposer une nou­velle forme de confi­ne­ment des liber­tés qui ne dit pas son nom, où la peur du virus dis­til­lée par ce gou­ver­ne­ment tend à prendre le pas sur la rai­son, dans l’objectif inavoué de cher­cher à oppo­ser les sala­riés entre eux.

Au même moment, le gou­ver­ne­ment pré­sente son plan de relance des 100 mil­liards d’euros, s’ajoutant aux 470 mil­liards déjà mobi­li­sés en faveur des entre­prises, qui n’est autre qu’un plan de relance des pro­fits et de la spé­cu­la­tion au béné­fice d’une vague sans pré­cé­dent de des­truc­tion d’emplois.

Au même moment, le secré­taire d’Etat aux retraites annonce que la « réforme » uni­ver­selle par points se fera avant la fin du quin­quen­nat. La FNEC FP-FO en exige l’abandon pur et simple.

Pour la FNEC FP-FO, il ne s’agit pas pour le gou­ver­ne­ment de com­battre une épi­dé­mie mais d’empêcher l’action collective.

Notre fédé­ra­tion a deman­dé une audience en urgence pour por­ter les reven­di­ca­tions des per­son­nels en cette ren­trée, qui est loin d’être « normale. »

Pour que les per­son­nels puissent tra­vailler dans des condi­tions nor­males, les moyens doivent être don­nés, les postes néces­saires doivent être créés, les mis­sions de l’école et de ses per­son­nels doivent être réta­blies. Le bac­ca­lau­réat doit être restauré.

Dans de nom­breuses écoles et éta­blis­se­ments, la sur­charge des effec­tifs, au-delà de 30 élèves par classe, est deve­nue la règle.

Dix jours après la ren­trée, nous sommes déjà confron­tés à un manque criant de rem­pla­çants. Nous deman­dons la créa­tion des postes néces­saires, le recru­te­ment immé­diat – et non au fil l’eau – de tous les per­son­nels pla­cés sur listes com­plé­men­taires. Ces listes com­plé­men­taires doivent être abondées.

Les admis­sibles aux concours internes doivent être admis.

Les per­son­nels contrac­tuels doivent être renou­ve­lés. Des mil­liers de col­lègues sont encore en attente d’affectation.

L’oral de titu­la­ri­sa­tion pour les concours 2020 doit être abandonné.

Lors du CHST Minis­té­riel, l’administration a elle-même recon­nu que les mises en qua­tor­zaines mas­sives se tra­dui­saient par la remise en cause des sta­tuts des personnels.

Nous réaf­fir­mons notre demande de levée du pro­to­cole sani­taire et de ses décli­nai­sons à géo­mé­trie variable, qui abou­tissent au désen­ga­ge­ment de l’Etat, lais­sant les per­son­nels seuls res­pon­sables, gérant la pénu­rie des moyens. Nous deman­dons le res­pect des sta­tuts par­ti­cu­liers et des ORS.

La FNEC FP-FO sou­tient toutes les mobi­li­sa­tions de per­son­nels qui, mal­gré la situa­tion, se déroulent un peu par­tout dans les aca­dé­mies, pour des créa­tions de postes et de classes, pour la défense des sta­tuts, l’augmentation des salaires. Elle engage le ministre à les entendre et à répondre aux revendications.

Les reven­di­ca­tions ne sont pas bâillonnées.

Nous saluons la vic­toire rem­por­tée par les per­son­nels hos­pi­ta­liers et des EHPAD ter­ri­to­riaux qui ont obte­nu par la grève une aug­men­ta­tion géné­rale de 183 € pour tous.

A ce pro­pos, les 400 mil­lions d’euros mis sur la table du « Gre­nelle des Pro­fes­seurs » ne pèsent pas lourd par rap­port à l’enveloppe de 7,5 mil­liards déblo­quée pour les per­son­nels des hôpi­taux (dont
900 000 fonc­tion­naires hos­pi­ta­liers) et des EPHAD. Nous reven­di­quons, comme pour les per­son­nels hos­pi­ta­liers, 183 euros d’augmentation indi­ciaire, pour tous les per­son­nels, sans contrepartie.

Nous ne sommes pas deman­deurs d’une pré­ten­due « reva­lo­ri­sa­tion » qui s’accompagnerait d’une trans­for­ma­tion pro­fonde du sys­tème édu­ca­tif et des car­rières. Nous réaf­fir­mons notre totale oppo­si­tion à la remise en cause du Code des Pen­sions civiles et mili­taires, qui pour­rait faire perdre jusqu’à 40 % du mon­tant des pensions.

Enfin, la FNEC FP-FO vous a envoyé un cour­rier sur la situa­tion des AESH : Quand serons-nous reçus sur la ques­tion des rému­né­ra­tions des AESH ? Quelle est la date de report de la réunion ini­tia­le­ment pré­vue le 2 juillet ? Car der­rière les dis­cours sur l’inclusion, il y a la réa­li­té du ter­rain. Avec les PIAL : c’est plus d’élèves à suivre dans plus d’écoles ou d’établissements, avec des affec­ta­tions à la der­nière minute et des chan­ge­ments pos­sibles du jour au len­de­main au cours de l’année ! Il y a la réa­li­té du salaire : un AESH à 62% c’est un salaire de misère de 760 € ! C’est bien en des­sous du seuil de pau­vre­té fixé par l’INSEE à 1041€ par mois ! La FNEC FP-FO exige l’abandon des PIAL. Elle exige un véri­table sta­tut de la fonc­tion publique et un vrai salaire pour les AESH.

Pro­jet de décret por­tant attri­bu­tion d’une indem­ni­té de res­pon­sa­bi­li­té aux direc­teurs d’école pour la ren­trée sco­laire 2020

Dans le pro­lon­ge­ment de notre inter­ven­tion au groupe de tra­vail du 4 sep­tembre, la FNEC FP-FO réaf­firme que la prime de 450€ accor­dée aux direc­teurs – deux euros cin­quante par jour, sur l’année sco­laire – ne cor­res­pond pas aux attentes des personnels.

Nous notons tout d’abord qu’elle ne concerne que les direc­teurs en poste cette année et pas ceux en poste l’année der­nière. Les col­lègues direc­teurs en 2019–2020 (et qui ne le sont plus cette année) qui ont eu à gérer le confi­ne­ment, le décon­fi­ne­ment, l’accueil des enfants de soi­gnants… apprécieront !

D’autre part, les direc­teurs ne pour­ront se conten­ter de cette prime déri­soire et conti­nuent d’exiger une aug­men­ta­tion signi­fi­ca­tive et indi­ciaire de leurs indem­ni­tés de direc­teur. Force Ouvrière rap­pelle à ce sujet sa reven­di­ca­tion d’augmentation de 100 points d’indice des indem­ni­tés de direc­teurs. Un groupe de tra­vail est certes pré­vu pro­chai­ne­ment sur cette ques­tion mais force est de consta­ter que les der­nières annonces minis­té­rielles sur la direc­tion ne nous incitent pas à l’optimisme.

Cette prime ne sau­rait par ailleurs nous faire oublier qu’une pro­po­si­tion de loi sur la direc­tion d’école est actuel­le­ment en dis­cus­sion au Par­le­ment. Cette pro­po­si­tion de loi vise à orga­ni­ser des délé­ga­tions de com­pé­tences des auto­ri­tés aca­dé­miques envers les direc­teurs et à pla­cer ceux-ci sous la tutelle des conseils d’école dont ils devraient désor­mais faire appli­quer les déci­sions. La FNEC FP-FO refuse un tel bou­le­ver­se­ment du fonc­tion­ne­ment des écoles et du rôle des direc­teurs et rap­pelle son exi­gence d’abandon de cette pro­po­si­tion de loi.

Ce n’est pas le sau­pou­drage de mesures caté­go­rielles, comme par exemple la simple jour­née bana­li­sée concé­dée suite à l’émotion et à la colère légi­times pro­vo­quées par le sui­cide de notre col­lègue Chris­tine Renon, et qui par ailleurs n’a pu être mise en œuvre, qui feront taire les revendications.

Enfin, sur les ques­tions sala­riales, à l’opposé de primes attri­buées ici et là, caté­go­rie par caté­go­rie, au gré de l’évolution de la situa­tion, la FNEC FP-FO rap­pelle son exi­gence d’une aug­men­ta­tion immé­diate de 183€ pour tous les per­son­nels de l’Éducation natio­nale, comme l’ont obte­nu les hos­pi­ta­liers. C’est ce man­dat que notre fédé­ra­tion por­te­ra auprès du minis­tère, ain­si que la néces­saire aug­men­ta­tion de la valeur du point d’indice pour com­pen­ser la baisse du pou­voir d’achat que connaissent les per­son­nels depuis 20 ans.

C’est pour ces rai­sons que la FNEC FP-FO ne par­ti­ci­pe­ra pas au vote.

POUR : UNSA, CFDT, SNALC, FSU.

NPPV : FO et CGT.

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