Décla­ra­tion de la FNEC FP-FO pour le CTMEN du 3 novembre 2020

6 Nov, 2020CTM/CSE

Temps de lec­ture : ( mots)

La FNEC FP-FO avec sa Confé­dé­ra­tion a pris toute sa place dans les ini­tia­tives et ras­sem­ble­ments en sou­tien à la famille de Samuel Paty, à ses col­lègues, en défense des liber­tés indi­vi­duelles, de la liber­té d’instruire, de la liber­té pédagogique.

C’est pour­quoi aus­si dans le sou­ci du res­pect des liber­tés indi­vi­duelles et d’expression, il nous semble essen­tiel que l’état d’urgence soit annu­lé et que les liber­tés indi­vi­duelles et col­lec­tives soient rétablies.

Dans toute son atro­ci­té, l’assassinat de ce pro­fes­seur nous rap­pelle que les per­son­nels de l’Éducation natio­nale sont de plus en plus expo­sés aux dan­gers qui tra­versent la socié­té. Trop sou­vent, nombre de nos col­lègues se retrouvent iso­lés face à des pres­sions et à des menaces exté­rieures à l’école.

La FNEC FP-FO réaf­firme la place indis­pen­sable de la loi de 1905 sur la sépa­ra­tion des Églises et de l’État, pilier de la Répu­blique, qu’Emmanuel Macron entend aujourd’hui révi­ser au nom de la lutte contre les « séparatismes ».

Avec la FGF-FO, nous rap­pe­lons que le Sta­tut géné­ral des fonc­tion­naires est le garant de la neu­tra­li­té et de la laï­ci­té dans la Fonc­tion publique. Le gou­ver­ne­ment serait donc bien avi­sé de le res­pec­ter et d’ac­cep­ter d’en amé­lio­rer les garan­ties, au lieu de cher­cher à le détruire pour pro­mou­voir une fonc­tion publique fon­dée sur le contrat. Cela passe par l’a­bro­ga­tion de la loi de Trans­for­ma­tion de la Fonc­tion publique.

Cela passe éga­le­ment par l’abrogation de la Loi sur l’École de la Confiance et son article sur le devoir d’exemplarité. Les consé­quences de cette obli­ga­tion « d’exemplarité » sont aujourd’hui visibles dans la répres­sion insup­por­table qui s’abat sur les per­son­nels et les élèves. La liber­té d’expression vaut aus­si pour les per­son­nels qui se sont mobi­li­sés pour exi­ger le retrait de la réforme du lycée et du bac­ca­lau­réat, et qui aujourd’hui passent en Conseil de dis­ci­pline. Nous deman­dons l’arrêt des pour­suites et des sanc­tions à l’encontre de ces personnels.

Pour ensei­gner il faut que la parole de l’enseignant soit res­pec­tée. Pour qu’elle soit res­pec­tée, il faut que l’autorité de l’enseignant, comme de tous les per­son­nels, soit réta­blie. Pour cela le cadre régle­men­taire existe. Il porte un nom : c’est le sta­tut de la Fonc­tion publique et en par­ti­cu­lier son article 11. La FNEC FP-FO demande donc que l’administration, à tous les niveaux, appuie de manière sys­té­ma­tique les demandes de pro­tec­tion fonc­tion­nelle sol­li­ci­tées par les agents.

Venons-en à la situa­tion géné­rale. Les déci­sions prises dans la panique par le Pré­sident de la Répu­blique et le gou­ver­ne­ment engendrent une nou­velle fois un chaos sans nom.

Après avoir décou­vert deux jours avant la reprise un nou­veau pro­to­cole qui n’est pas plus pro­tec­teur que les pré­cé­dents, sans réunion du CHSCT minis­té­riel, après avoir décou­vert les déci­sions prises en der­nière minute par le Ministre sur l’organisation du 2 novembre, la colère des per­son­nels est mon­tée encore d’un cran.

Mal­gré les pres­sions, des mil­liers de col­lègues se sont réunis le 2 novembre pour rédi­ger leurs reven­di­ca­tions. Des dizaines d’établissements ont débrayé pour dire « ça suf­fit ! Nous vou­lons nos revendications ! »

Pour la FNEC FP-FO, il est hors de ques­tion que la res­pon­sa­bi­li­té des direc­teurs et des per­son­nels de direc­tion soit enga­gée et qu’ils deviennent les boucs émis­saires en cas de pro­blème dans la mise en place de ce pro­to­cole, qui plus est dans le cadre du plan Vigi­pi­rate renforcé.

Les per­son­nels sont appe­lés à reprendre le tra­vail dans des condi­tions dis­lo­quées, à faire cours dans des classes tou­jours pleines à craquer.

La seule mesure prise pour réduire le nombre d’élèves par classe est la mise en place de plans de conti­nui­té défi­nis loca­le­ment, sans moyens sup­plé­men­taires, rédui­sant le nombre de cours en pré­sen­tiel, fai­sant explo­ser les emplois du temps des per­son­nels char­gés de suivre les élèves à distance.

Il faut immé­dia­te­ment créer des postes et mas­si­ve­ment dans les écoles, les éta­blis­se­ments et les ser­vices. Cette mesure est tout aus­si urgente que la créa­tion de mil­liers de lits dans les hôpitaux.

C’est ce que demandent les orga­ni­sa­tions FNEC FP-FO, FSU, SUD Edu­ca­tion, UNSA Edu­ca­tion, Sgen-CFDT, SNALC, CGT Educ’action, SNCL-FAEN, FCPE et UNL.

Cette mesure doit et peut être prise maintenant.

En ce qui concerne les sup­pres­sions de postes pré­vues au bud­get 2021, la FNEC FP-FO vous demande d’y renoncer.

Abor­dons main­te­nant les reven­di­ca­tions que nous vous avons expo­sées à la veille des congés.

Les 4 sce­na­rii du Gre­nelle excluent la majo­ri­té des per­son­nels de toute reva­lo­ri­sa­tion : pour la plu­part d’entre eux, la « reva­lo­ri­sa­tion », ce sera 0 €.

La « prime d’équipement infor­ma­tique » de 150 € nets par an ne cou­vrant que les per­son­nels ensei­gnants n’est pas non plus accep­table au regard des sommes avan­cées, par exemple, pen­dant le confi­ne­ment. Elle ne doit en aucun cas ser­vir de pré­texte à géné­ra­li­ser le tra­vail à dis­tance et le télé-enseignement.

Les repré­sen­tants du ministre ont beau expli­quer que 2021 n’est que la pre­mière étape de la reva­lo­ri­sa­tion, c’est main­te­nant qu’il faut aug­men­ter les salaires.

Alors que les hos­pi­ta­liers qui ont été en « pre­mière ligne » pen­dant la pre­mière vague ont obte­nu une aug­men­ta­tion indi­ciaire de 183€ net par mois, la FNEC FP-FO reven­dique immé­dia­te­ment la même aug­men­ta­tion pour les per­son­nels de l’Éducation natio­nale, qui aujourd’hui se retrouvent éga­le­ment en pre­mière ligne. Qu’attend le ministre pour, en lien avec la ministre de la Fonc­tion publique, ouvrir des dis­cus­sions sur l’augmentation du point d’indice et le rat­tra­page des pertes finan­cières subies depuis 20 ans par les personnels ?

Nous vous deman­dons éga­le­ment de réta­blir l’indemnité ZEP sur tout le ter­ri­toire et non pas de deman­der aux rec­teurs de trou­ver, aca­dé­mie par aca­dé­mie, une solu­tion. Il est inac­cep­table de nous avan­cer des argu­ments budgétaires.

Les mesures du Gre­nelle sont d’autant plus inac­cep­tables qu’elles sont tota­le­ment imbri­quées dans l’agenda social du Ministre, qui pré­voit de révi­ser les sta­tuts et les mis­sions, comme par exemple dans le pre­mier degré avec la for­ma­tion en constel­la­tions qui remet en cause le libre choix de la for­ma­tion, la liber­té péda­go­gique et qui pré­pare le ter­rain à l’évaluation entre col­lègues. C’est aus­si la pour­suite de la mise en œuvre de l’accompagnement PPCR. La FNEC FP-FO a tou­jours com­bat­tu ce protocole.

Enfin, nous sou­hai­tons avoir une réponse à nos courriers.

Nous vous avons notam­ment deman­dé des garan­ties sur le néces­saire main­tien du droit syn­di­cal et la pos­si­bi­li­té pour les mili­tants de péné­trer dans les écoles, les éta­blis­se­ments et les ser­vices pour tenir des réunions, faire de l’affichage syn­di­cal, la col­lecte des coti­sa­tions, confor­mé­ment au décret n° 82–447 du 28 mai 1982 modi­fié, et dans le res­pect des gestes barrières.

Si l’activité pro­fes­sion­nelle est main­te­nue, les liber­tés syn­di­cales doivent être garan­ties et donc le droit pour les per­son­nels à se défendre et à être défen­dus. Il va de soi que les réunions d’information syn­di­cale doivent pou­voir se tenir dans les écoles, les éta­blis­se­ments et les ser­vices. Les mil­liers de per­son­nels réunis en AG hier ont démon­tré leur volon­té de ne pas confi­ner l’action revendicative.

Nous sol­li­ci­tons tou­jours votre inter­ven­tion auprès du Direc­teur Aca­dé­mique du dépar­te­ment des Yve­lines afin qu’il dili­gente au plus vite l’enquête du CHSCT D, suite à l’assassinat de M. Paty, et que ce qui a été bien fait, ou moins bien fait, soit connu et ana­ly­sé, et ce dans l’intérêt de tous, que les mesures adé­quates de pré­ven­tion immé­diates soient prises et que celles devant faire l’objet d’un trai­te­ment à moyens et longs termes soient lis­tées et programmées.

Je vous remercie.

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