Compte-ren­­du de l’audience avec la ministre Bel­lou­bet le 15 février 2024

16 Fév, 2024Compte-ren­du audiences

La FNEC FP-FO a été reçue par la nou­velle ministre de l’Education natio­nale Bel­lou­bet le jeu­di 15 février 2024. La ministre a pré­ci­sé qu’il s’agissait d’une pre­mière ren­contre, qu’elle n’était pas en capa­ci­té d’apporter des réponses à toutes nos ques­tions. « C’est sur­tout un moment d’écoute pour mesu­rer vos inquié­tudes et le niveau d’urgence des déci­sions à prendre. »

La FNEC FP-FO a donc une nou­velle fois dépo­sé les reven­di­ca­tions. En fai­sant remar­quer que le pre­mier ministre Attal avait confir­mé sa feuille de route. C’est le cas notam­ment du « choc des savoirs » : au len­de­main du rejet una­nime au CSE, et alors que les mobi­li­sa­tions se pour­suivent pour son retrait, alors que la péti­tion inter­syn­di­cale recueille des dizaines de mil­liers de signa­tures, le pre­mier ministre main­tient sa réforme pour la rentrée.

« La sta­bi­li­té » sou­hai­tée par la ministre, ce n’est pas main­te­nir ce qui est refu­sé par l’ensemble des per­son­nels. Ce n’est pas la per­sis­tance à mettre en œuvre les réformes sans tenir compte de l’avis des per­son­nels. Nous le redi­sons : FO ne sera pas dans la co-construc­tion, mais dans la volon­té de faire abou­tir les demandes qui s’expriment tous les jours dans la mul­ti­pli­ca­tion des mobi­li­sa­tions, qui se sont expri­mées dans la grève mas­sive du 1er février et dans la mani­fes­ta­tion natio­nale du 25 janvier…

Mar­di à Nantes, 150 chefs d’établissements ont mani­fes­té avec leurs syn­di­cats, en par­ti­cu­lier pour deman­der l’abandon du « choc des savoirs ». Cela devrait don­ner à la ministre une indi­ca­tion sur « le niveau d’urgence des déci­sions à prendre. »

FO a rap­pe­lé son oppo­si­tion aux réformes en cours : « choc des savoirs », voie pro­fes­sion­nelle, acte 2 de l’Ecole inclusive…

Concer­nant l’inclusion sys­té­ma­tique, la ministre a sim­ple­ment indi­qué que toutes les OS ren­con­trées et les inter­lo­cu­teurs lors de ses pre­miers dépla­ce­ments lui ont fait remon­ter des situa­tions « ingé­rables et trop hété­ro­gènes ». Elle se dit pré­oc­cu­pée par la ques­tion et ajoute : « L’inclusion, ça ne peut mar­cher que si on a de l’enseignement spé­cia­li­sé. » Sur les jours de frac­tion­ne­ment des AESH, la conseillère sociale a indi­qué que le cour­rier du DGRH pour rap­pe­ler la régle­men­ta­tion aux rec­teurs était encore en cours d’écriture…

La FNEC FP-FO est reve­nue sur la catas­trophe en cours à Mayotte. Nous avons lu le mes­sage du res­pon­sable aca­dé­mique d’id-FO : « (…) Il n’y a plus de trans­ports sco­laires ni de demi-pen­sion pour beau­coup d’é­ta­blis­se­ments. Beau­coup de pro­fes­seurs sont empê­chés par les bar­rages. Des exac­tions ont lieu toutes les nuits. L’exaspération des per­son­nels de direc­tion qui gèrent des éta­blis­se­ments qua­si­ment vides avec peu de per­son­nels de vie sco­laire est à son comble. Il y a une aug­men­ta­tion des demandes de muta­tion hors pro­cé­dure pour des per­son­nels de direc­tion (ras-le-bol d’être dans une pri­son à ciel ouvert). Nous sommes au bout du rou­leau et attris­tés de tout cela. Les élèves vont pas­ser des exa­mens en fin d’an­née cela va être une catas­trophe. Le rec­teur fait tout ce qu’il peut mais il n’est pas enten­du sur la ques­tion des moyens pour sécu­ri­ser les éta­blis­se­ments. Les ser­vices ont esti­mé à 20 mil­lions d’eu­ros leurs besoins. »

La ministre : « Je vais appe­ler le rec­teur de Mayotte dans la jour­née pour faire le point avec lui, je ne vois pas trop ce que je peux faire pour lui appor­ter l’aide atten­due, com­ment sécu­ri­ser les éta­blis­se­ments. J’ai fait le point avec la ministre des Outre-Mers. Cette situa­tion nous inquiète beau­coup, on va y tra­vailler en interministériel. »

Salaires, condi­tions de tra­vail des per­son­nels, res­pect des sta­tuts : la ministre a pris note de nos reven­di­ca­tions sans appor­ter de réponse. A noter que nous ne savons tou­jours pas si la reva­lo­ri­sa­tion des per­son­nels infir­miers sera sous forme indi­ciaire ou indem­ni­taire. Aucune réponse à nos reven­di­ca­tions concer­nant les autres corps.

Sur la ques­tion de la for­ma­tion des PE sta­giaires qui sont en exer­cice à temps plein en classe et qu’on menace de non titu­la­ri­sa­tion s’ils ne par­ti­cipent pas à des for­ma­tions orga­ni­sées en dehors de leur temps de ser­vice, la conseillère sociale a indi­qué qu’elle pre­nait contact avec les aca­dé­mies et dépar­te­ments où nous ren­con­trons des difficultés…

La ministre a une nou­velle fois noté nos demandes d’audiences (ins­pec­teurs, infir­mières…) sans pro­po­ser de date.

Nous avons insis­té sur l’urgence de répondre aux avis de la For­ma­tion spé­cia­li­sée minis­té­rielle concer­nant les condi­tions de tra­vail des per­son­nels de direction.

FO est inter­ve­nue sur le non-res­pect de l’article 48 par cer­tains rec­teurs et DASEN qui ne recon­voquent pas les CSA en cas de vote una­nime défa­vo­rables (Vau­cluse) ou qui refusent la mise au vote de la carte sco­laire dans les dépar­te­ments (aca­dé­mie de Bor­deaux). La ministre a relu l’article 48 et a conve­nu que la régle­men­ta­tion n’était pas res­pec­tée… Nous avons deman­dé qu’elle inter­vienne là où cela bloquait.

Nous sommes inter­ve­nus sur plu­sieurs dos­siers par­ti­cu­liers (notam­ment des demandes de pro­tec­tion fonc­tion­nelle refusées).

Nous avons deman­dé l’arrêt du déploie­ment à marche for­cée de logi­ciels non abou­tis (OPALE, Renoi­RH) qui entraîne un chaos général.

Enfin la FNEC FP-FO a rap­pe­lé son oppo­si­tion à la ter­ri­to­ria­li­sa­tion en cours, en s’appuyant notam­ment sur l’exemple nor­mand qui a conduit à une dégra­da­tion des condi­tions de tra­vail des per­son­nels, à la désor­ga­ni­sa­tion des services,…

A la fin de l’audience, la ministre a indi­qué qu’elle revien­drait vers les OS dans les pro­chains jours pour faire le point, en par­ti­cu­lier sur la mise en œuvre du « choc des savoirs ».

Plus que jamais, la FNEC FP-FO appelle ses syn­di­cats à ampli­fier la cam­pagne de réunions syn­di­cales, de tour­nées, d’assemblées géné­rales pour réaf­fir­mer les reven­di­ca­tions et dis­cu­ter des moyens de les faire abou­tir. Les pre­mières annu­la­tions de fer­me­tures de classes obte­nues par les grèves, les ras­sem­ble­ments et les blo­cages dans les dépar­te­ments sont un encou­ra­ge­ment à pour­suivre. Uti­li­sons à fond la péti­tion inter­syn­di­cale contre le « choc des savoirs » pour orga­ni­ser par­tout, dans les écoles, les éta­blis­se­ments, les AG la dis­cus­sion : le gou­ver­ne­ment nous laisse-t-il un autre choix que celui de tout bloquer ?

La FNEC FP-FO a renou­ve­lé son pré­avis de grève pour cou­vrir tous les per­son­nels dès la rentrée.

Contre le bud­get Macron-Lecor­­nu, la mobi­li­sa­tion a commencé !

La mobi­li­sa­tion s’in­ten­si­fie dans toute la France contre les sup­pres­sions de postes dans l’É­du­ca­tion natio­nale. Des grèves éclatent dans plu­sieurs dépar­te­ments, avec des AESH en lutte depuis une semaine dans le Tarn et plus de 20 col­lèges pari­siens qui appellent à rejoindre le mou­ve­ment le 10 février. La FNEC FP-FO pré­pare une résis­tance d’am­pleur avec blo­cages et occu­pa­tions d’écoles.

Plus de 4000 sup­pres­sions de postes ! Des mil­liers de fer­me­tures de classes à venir ! Inac­cep­table ! Pré­pa­rons la mobi­li­sa­tion sans attendre !

Plus de 4 000 sup­pres­sions de postes sont annon­cées pour la ren­trée pro­chaine dans l’É­du­ca­tion natio­nale, impo­sées par le 49–3 du Pre­mier ministre Lecor­nu. Der­rière l’an­nonce de 2 000 postes pour l’É­cole inclu­sive se cache un véri­table enfu­mage, tan­dis que les aca­dé­mies de Lille, Ver­sailles et Nan­­cy-Metz figurent par­mi les plus dure­ment frap­pées par cette saignée.

Échos des mobilisations

De la pre­mière vic­toire contre les « classes défense » dans les Hauts-de-Seine aux grèves d’AESH exas­pé­rées par leurs condi­tions de tra­vail, en pas­sant par les mobi­li­sa­tions contre les fer­me­tures de classes à Paris et l’ap­pel à la grève en Gua­de­loupe contre un décret dis­cri­mi­na­toire : par­tout sur le ter­ri­toire, les per­son­nels de l’É­du­ca­tion natio­nale se mobi­lisent. Un pano­ra­ma des luttes en cours qui témoigne d’une colère gran­dis­sante face à la dégra­da­tion du ser­vice public d’éducation.

À l’attention de Mes­dames les dépu­tées, Mes­sieurs les dépu­tés : Votez CONTRE la pro­po­si­tion de loi « Yadan » !

Une pro­po­si­tion de loi adop­tée de jus­tesse en com­mis­sion sera sou­mise au vote de l’As­sem­blée natio­nale la semaine pro­chaine. La FNEC FP-FO appelle les par­le­men­taires à reje­ter ce texte qui intro­duit de nou­veaux délits et reprend une défi­ni­tion contro­ver­sée de l’an­ti­sé­mi­tisme, crai­gnant une atteinte majeure aux liber­tés aca­dé­miques et à la liber­té d’ex­pres­sion sur la Palestine.

« Conces­sions » ? « Avan­cées sociales » ? Non ! Lecor­nu impose par 49–3 son bud­get d’austérité et de guerre

Alors que 4 000 postes d’en­sei­gnants sont sup­pri­més et que le bud­get de la vie étu­diante baisse de 200 mil­lions d’eu­ros, le bud­get des armées béné­fi­cie de 36 mil­liards sup­plé­men­taires pour « un enga­ge­ment majeur d’i­ci 3 ou 4 ans ». Face à ce bud­get d’aus­té­ri­té et de guerre impo­sé par le 49–3, la FNEC FP-FO appelle les per­son­nels à la mobilisation.

L’État se désen­gage du CNED : vers une pri­va­ti­sa­tion de sa mis­sion de ser­vice public

Le CNED fait face à un désen­ga­ge­ment finan­cier mas­sif de l’É­tat : sa sub­ven­tion publique ampu­tée de près de 25% d’i­ci 2026, une ponc­tion sup­plé­men­taire de 15 M€ votée par les séna­teurs, et un retrait du finan­ce­ment de la pro­tec­tion sociale des per­son­nels. Cette poli­tique de rigueur menace direc­te­ment l’a­ve­nir de l’é­ta­blis­se­ment et sa mis­sion de ser­vice public.

Sou­tien total aux étu­diants et per­son­nels de l’Université de Bir­zeit en Cis­jor­da­nie occupée !

Une inter­ven­tion mili­taire israé­lienne sur un cam­pus uni­ver­si­taire en Cis­jor­da­nie a fait plu­sieurs bles­sés par­mi les étu­diants. Le motif ? Le refus de cen­su­rer un film docu­men­taire. La FNEC FP-FO réagit fer­me­ment face à cette attaque contre le monde uni­ver­si­taire et la liber­té d’expression.

AESH : pour un sta­tut à 24h temps plein, avec un vrai salaire ! Pour l’abandon des PAS et des PIAL !

Le Sénat rejette le sta­tut des AESH pour rai­sons bud­gé­taires, tan­dis que 7 mil­liards sup­plé­men­taires sont pré­vus pour les dépenses mili­taires. La FNEC FP-FO dénonce cette contra­dic­tion et appelle les per­son­nels à se mobi­li­ser pour obte­nir un véri­table sta­tut de fonc­tion­naire et la fin de la précarité.

Audience FO au Minis­tère : la refon­da­tion de la san­té sco­laire à marche forcée !

Alors que le cadre natio­nal n’est pas encore adop­té, des aca­dé­mies mettent déjà en œuvre les mesures des assises de la san­té sco­laire, allant jus­qu’à nom­mer des per­sonnes sans diplôme en psy­cho­lo­gie à des postes de réfé­rents en san­té men­tale. La FNEC FP-FO alerte sur une refon­da­tion qui remet en cause les sta­tuts et mis­sions des per­son­nels dans un contexte de baisse dras­tique des recru­te­ments et de vacance mas­sive des postes.

Ser­vice natio­nal volon­taire : STOP à la mili­ta­ri­sa­tion de l’École !

Alors que 103 000 jeunes se retrouvent sans affec­ta­tion Par­cour­sup chaque année, le gou­ver­ne­ment lance un ser­vice natio­nal « volon­taire » ali­gné sur le calen­drier de l’o­rien­ta­tion sco­laire. Der­rière les 800 euros men­suels et les cré­dits uni­ver­si­taires pro­mis, la FNEC FP-FO dénonce une entre­prise d’embrigadement de la jeunesse.