40% de retraite en moins en échange d’un plat de len­tilles et l’augmentation du temps de tra­vail en prime

9 Fév, 2020Non clas­sé

C’est en pré­sence de la conseillère sociale de Jean-Michel Blan­quer et du Direc­teur des Res­sources Humaines que les orga­ni­sa­tions syn­di­cales ont été réunies le 7 février. Il s’agissait de pré­sen­ter les dif­fé­rentes « pistes » de reva­lo­ri­sa­tion cen­sées com­pen­ser la sup­pres­sion du Code des pen­sions civiles et mili­taires et la fin du cal­cul de la pen­sion sur les 6 der­niers mois, pour les ensei­gnants. En effet, il faut rap­pe­ler que les per­son­nels non-ensei­gnants sont exclus de la pré­ten­due « reva­lo­ri­sa­tion », mais ils ver­ront, comme tous les fonc­tion­naires, leur pen­sion baisser.

Que pro­posent le gou­ver­ne­ment et son ministre de l’Education nationale ?

Une pre­mière « marche » de 500 mil­lions d’euros. Une par­tie de cette somme ser­vi­rait à ver­ser une indem­ni­té dégres­sive sur toute la classe nor­male pour les débuts et milieux de car­rière allant, selon les dif­fé­rents scé­na­rios, de 156 € à 15 € nets par mois. La FNEC FP-FO a oppo­sé au régime indem­ni­taire l’augmentation du point d’indice (18%) pour com­pen­ser la perte du pou­voir d’achat.

Le Minis­tère va même plus loin pour décli­ner son indem­ni­té qui serait dif­fé­rente entre les pro­fes­seurs des écoles, les cer­ti­fiés et les agré­gés. Il s’agirait d’opposer les per­son­nels entre eux, les jeunes contre les moins jeunes. La FNEC FP-FO refuse de cau­tion­ner cette mise en concur­rence des personnels.

▪ Exemple 1 : 14 % des ensei­gnants « reva­lo­ri­sés » : ils tou­che­raient, quel que soit le corps, une prime allant de 156 euros nets men­suels (éche­lon 2) à 64 euros (au 5 ème éche­lon) et rien pour les autres.

▪ Exemple 2 : 44 % des ensei­gnants « reva­lo­ri­sés ». Le PE tou­che­rait une prime de 114 euros nets men­suels (éche­lon 2) à 14 euros (éche­lon 8). Un cer­ti­fié tou­che­rait une prime allant de 106 euros nets men­suels (éche­lon 2) à 7 euros (8 ème échelon).

L’agrégé tou­che­rait une prime allant de 99 euros nets men­suels (éche­lon 2) à zéro euros (éche­lon 8).

Il ne s’agit donc pas d’une aug­men­ta­tion de salaire. Et c’est loin, très loin, de limi­ter la baisse dras­tique du mon­tant des pen­sions, dans le cadre de la réforme Macron.

Le mar­ché de dupes ne s’arrête pas là…

Une autre par­tie des 500 mil­lions ser­vi­rait à rému­né­rer la for­ma­tion des per­son­nels… sur le temps de vacances, et des heures sup­plé­men­taires à effec­tuer pour rem­pla­cer les pro­fes­seurs absents dans le 2 nd degré !

Et ce n’est pas l’augmentation annon­cée de 2 points (15% à 17%) du nombre de pro­mus à la Hors-Classe pour les pro­fes­seurs des écoles qui va per­mettre de faire pas­ser la pilule de la réforme des retraites !

Pour Blan­quer, il fau­dra tra­vailler plus pour gagner un tout petit peu plus et sur­tout en finir avec le Code des Pensions.

Les scé­na­rios pro­po­sés seraient valables un an, les autres « marches » seraient négo­ciées chaque année comme dans le pri­vé. Le ministre pro­pose aux per­son­nels une indem­ni­té en contre­par­tie d’une baisse du mon­tant des pen­sions à hau­teur de plu­sieurs cen­taines d’euros par mois (jusqu’à moins 40 %) : une honte !

Le ministre est bien un men­teur quand il dit que le mon­tant des pen­sions ne bais­se­ra pas

La FNEC FP-FO exige tou­jours avec les mil­lions de sala­riés le retrait de la réforme de retraite par points et s’oppose au détri­co­tage du sta­tut de le Fonc­tion Publique d’Etat auquel le Ministre veut asso­cier les orga­ni­sa­tions syndicales.

Le dis­po­si­tif pré­vu par le Ministre confirme les craintes des per­son­nels et le rejet de la réforme Macron. C’est pour­quoi, la FNEC FP-FO appelle l’ensemble des per­son­nels à pour­suivre la tenue des réunions et des Assem­blées Géné­rales et à prendre toutes les ini­tia­tives pour faire échouer la réforme Macron-Philippe.

à Mon­treuil, le 7 février 2020

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