21 avril 2025

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Concours d’enseignement : le gouvernement passe en force !

Face au tol­lé pro­vo­qué par son pro­jet de réforme des concours et de la for­ma­tion des ensei­gnants, la ministre Nicole Bel­lou­bet avait dû renon­cer à publier le décret fon­da­teur de cette réforme. Un an plus tard, presque jour pour jour, Éli­sa­beth Borne, déten­trice du record des 49.3 comme Pre­mière ministre, deve­nue ministre de l’Éducation natio­nale et de l’ESR, publie au jour­nal offi­ciel du 17 avril un texte inchan­gé après avoir refu­sé toute expres­sion à ce sujet des syn­di­cats en CSA ministériel !

Un décret tou­jours por­teur des graves reculs dénon­cés par la FNEC FP-FO :

Main­tien de la mas­te­ri­sa­tion, cette fois en paral­lèle de la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle ini­tiale, après le concours pas­sé en fin de L3 : élèves fonc­tion­naires durant le M1 puis fonc­tion­naires sta­giaires durant le M2, les lau­réats seront sur­char­gés d’exigences multiples.

Main­tien de concours où la part dis­ci­pli­naire est réduite à peau de cha­grin, en par­ti­cu­lier à l’oral (épreuves d’admission), où, plus que la maî­trise des connais­sances dis­ci­pli­naires ou l’es­prit cri­tique, c’est la doci­li­té aux attentes hié­rar­chiques qui sera évaluée.

Bar­rage sup­plé­men­taire entre le M1 et le M2 pour des lau­réats de concours qui seraient taxés d’ « insuf­fi­sance manifeste ».

Inéga­li­té devant le concours de pro­fes­seurs des écoles, ceux ayant réus­si les deux pre­mières années d’une licence spé­ciale « PE » étant dis­pen­sés des épreuves écrites d’admissibilité.

Des rému­né­ra­tions de misère pour des lau­réats de concours de caté­go­rie A : en net, moins que le SMIC durant l’année d’élève fonc­tion­naire, à peine 10 % au-des­sus lors de l’année de fonc­tion­naire sta­giaire. Contrai­re­ment à ce qu’affirme le minis­tère, l’ « attrac­ti­vi­té » n’est pas au ren­dez- vous !

« Période de tran­si­tion » ou mise à mort des concours ?

Une telle réforme, enclen­chée dès la ren­trée 2025, implique la mise en place dans la plus grande pré­ci­pi­ta­tion de modules pour la pré­pa­ra­tion du CRPE et des CAPES en fin de L3, tout en main­te­nant les for­ma­tions « MEEF » exis­tantes pour les concours en fin de M2, avec par rico­chet de nom­breuses adap­ta­tions des licences comme des mas­ters durant la « période de tran­si­tion », qui va se pro­lon­ger jusqu’en 2028–29…

Outre la mar­gi­na­li­sa­tion défi­ni­tive de l’agrégation, les effets néfastes pré­vi­sibles sont mul­tiples, en particulier :

La réduc­tion du nombre des filières pré­pa­ra­tions aux concours, qui vont consom­mer beau­coup d’heures, notam­ment durant la « période de tran­si­tion », ce que ne pour­ront pas assu­mer toutes les uni­ver­si­tés, alors que 80 % d’entre elles sont en défi­cit et que les manques de postes sont abys­saux. L’alternative, ce seront des dis­pa­ri­tions de licences et mas­ters disciplinaires.

L’impossibilité concrète pour des déten­teurs de licences dis­ci­pli­naires de réus­sir le concours de PE dans des aca­dé­mies « attrac­tives », où se déver­se­ront les flots de dis­pen­sés d’épreuves d’admissibilité venus de la France entière.

L’accroissement du nombre de postes non pour­vus en rai­son de la pos­si­bi­li­té pour les M2 de 2025–26 et 2026–27 de pas­ser et donc réus­sir les concours de niveau L3 comme de M2.

On vou­drait tuer les concours de recru­te­ments d’enseignants de l’École publique et laïque qu’on ne s’y pren­drait pas autrement.

La FNEC FP FO appelle les per­son­nels à se réunir, à prendre posi­tion pour l’a­bro­ga­tion du décret et à rejoindre les mani­fes­ta­tions du 1er mai.

Elle exige l’ou­ver­ture d’une véri­table négo­cia­tion sur la base des reven­di­ca­tions des personnels.

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