10 octobre 2026

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Compte rendu de l’audience du 9 octobre 2026

Les orga­ni­sa­tions syn­di­cales ont été reçues en mul­ti­la­té­rale par le ministre Gef­fray au sujet de la mobi­li­sa­tion en cours. 

Intro­duc­tion par E. Gef­fray :

Il y a eu 200 per­son­nels bles­sés. La vio­lence doit ces­ser. Il y a les lycéens qui bloquent, mais aus­si ceux, peut-être plus nom­breux, qui se sont sai­sis de la plateforme.

Je veux accé­lé­rer sur le sujet du rem­pla­ce­ment. Je vais donc mobi­li­ser 3024 Titu­laires sur Zone de Rem­pla­ce­ment (TZR) qui ne sont actuel­le­ment pas devant élève. Il y en a 3024. Je vais éga­le­ment regar­der les 3000 autres TZR qui sont en sous-ser­vice pour com­plé­ter leur service.

J’ai eu l’autorisation d’augmenter le pla­fond d’emploi de contrac­tuels. J’attends le retour des aca­dé­mies, mais je compte en recru­ter près de 1000.

Je vais four­nir 18 000 briques de PACTE sup­plé­men­taires pour le rem­pla­ce­ment de courte durée.

Cette situa­tion m’inquiète, car ce sont les publics les plus défa­vo­ri­sés qui sont péna­li­sés par les blo­cages. J’ai peur du décro­chage qu’il pour­rait y avoir en lycée pro­fes­sion­nel par exemple.

Inter­ven­tion de la FNEC FP-FO :

ID-FO : Je vou­drais com­men­cer par dire que ce que disent les lycéens, c’est ce sur quoi nous aler­tons depuis des années, en par­ti­cu­lier sur l’absence de moyens humains pour que nous puis­sions réa­li­ser nos missions.

D’ailleurs, je rap­pelle que, le 23 sep­tembre der­nier, Indé­pen­dance et Direc­tion FO, avec ses ins­tances, a mani­fes­té aux abords du minis­tère pour récla­mer les moyens suf­fi­sants pour réa­li­ser nos missions.

Sur la ques­tion des rem­pla­ce­ments, le rem­pla­ce­ment des pro­fes­seurs absents est abso­lu­ment indis­pen­sable, mais éga­le­ment celui des autres per­son­nels, parce qu’il y a une inter­dé­pen­dance entre les dif­fé­rentes caté­go­ries de per­son­nels. Et d’ailleurs, on a bien vu que, dans l’établissement de Cré­teil dans lequel il y a eu les pre­mières mobi­li­sa­tions, le pro­vi­seur adjoint n’était pas rem­pla­cé. Quand un pro­vi­seur adjoint, un secré­taire géné­ral, des per­son­nels admi­nis­tra­tifs, etc., ne sont pas rem­pla­cés, cela a un impact sur toute la chaîne éducative.

Je vou­drais aus­si par­ler de nos col­lègues des ser­vices rec­to­raux. Ils vivent assez dif­fi­ci­le­ment ce qui est dit depuis hier et qui lais­se­rait à pen­ser qu’ils n’ont pas su faire leur tra­vail parce qu’ils n’ont pas pu iden­ti­fier les ensei­gnants qui auraient été dis­po­nibles. Les ser­vices rec­to­raux sont à l’os. Il y a des choses qui deviennent extrê­me­ment difficiles.

Je m’interroge beau­coup sur l’IA. Y a‑t-il une volon­té de vou­loir rem­pla­cer les per­son­nels admi­nis­tra­tifs par l’IA ?

Ensuite, nous met­tons éga­le­ment en garde contre cette nou­velle pro­pen­sion à vou­loir trans­fé­rer la res­pon­sa­bi­li­té de la ges­tion des dif­fi­cul­tés sur les per­son­nels du terrain.

Il y a la ques­tion des débats avec les élèves. Nous ne nous sommes pas expri­més contre, mais force est de consta­ter que ces débats, si cer­tains col­lègues s’en sai­sissent, ne sont pas de nature à pou­voir appor­ter une solu­tion pérenne à cette crise et à ame­ner la désescalade.

Vous avez fait un cer­tain nombre de pro­po­si­tions. Mais, pour nous, elles ne sont pas de nature à per­mettre la déses­ca­lade et l’apaisement.

Le gou­ver­ne­ment doit abso­lu­ment prendre les déci­sions qui s’imposent pour désa­mor­cer la situa­tion, parce que nos col­lègues per­son­nels de direc­tion sont en dan­ger. J’avais, juste avant la visio­con­fé­rence, encore un col­lègue secré­taire aca­dé­mique qui m’annonçait qu’il avait été ciblé, qu’il avait subi des menaces de mort. Les col­lègues sont ter­ro­ri­sés. La déses­ca­lade doit abso­lu­ment être amor­cée dès la semaine prochaine.

Enfin, les moda­li­tés de mise en œuvre du PACTE posent pro­blème. Il y a des impos­si­bi­li­tés tech­niques. Nous deman­dons le réta­blis­se­ment des enve­loppes d’HSE, qui don­naient beau­coup plus de souplesse.

FNEC FP-FO :

La FNEC FP-FO sou­haite appor­ter tout son sou­tien aux per­son­nels et aux lycéens qui ont été blessés.

La mobi­li­sa­tion des lycéens porte sur des reven­di­ca­tions qui sont les nôtres. Nous sommes aux côtés des lycéens, des étu­diants. Nous deman­dons l’arrêt de la répres­sion d’État et l’arrêt des sanctions.

La seule issue est de répondre aux revendications.

Votre gou­ver­ne­ment va-t-il :

  • Abro­ger Par­cour­sup et Mon­mas­ter, la réforme du lycée, et réta­blir le bac­ca­lau­réat comme pre­mier grade uni­ver­si­taire qui per­met d’accéder à la filière de son choix ? Les 126 000 reca­lés doivent pou­voir étu­dier. Vous dites être sen­sible aux publics les plus défa­vo­ri­sés et contre le décro­chage sco­laire. C’est bien le sujet.
  • Renon­cer à l’année blanche et aug­men­ter tout de suite de 10 % le point d’indice et ouvrir des négo­cia­tions pour rat­tra­per les pertes de 33 % subies par les Fonc­tion­naires depuis 2000 ?
  • Renon­cer aux 1588 sup­pres­sions de postes qui s’ajoutent aux 4000 sup­pres­sions de cette année ? Tous ces postes doivent être res­ti­tués. Com­ment assu­rer les rem­pla­ce­ments en sup­pri­mant et conti­nuant de sup­pri­mer des postes ?
  • Allez-vous mettre en place un plan de titu­la­ri­sa­tion pour tous les contrac­tuels qui le souhaitent ?
  • Allez-vous appe­ler tous les lau­réats du concours sur Listes Com­plé­men­taires. Les LC du CRPE (1er degré) sont venus vous le deman­der au minis­tère. Je vous ai inter­pe­lé à ce sujet en CSE. Qu’en est-il ?
  • Allez-vous créer les postes spé­cia­li­sés néces­saires et les places en IME et ITEP pour accueillir les 30 000 élèves notifiés ?
  • Allez-vous aban­don­ner les PAS et res­ti­tuer les postes comme vous ont deman­dé FO FSU CGT SUD SNALC dans un avis en CSA MEN ?
  • Allez-vous octroyer un véri­table sta­tut pour tous les AESH avec un vrai salaire sur la base d’un temps plein pour 24h ?
  • Allez-vous aban­don­ner le ques­tion­naire VSS qui n’a récol­té aucune voix favo­rable au CSE et créer les postes Infir­miers, assis­tants sociaux, psyEN et méde­cins à hau­teur des besoins

Vous annon­cez des rem­pla­ce­ments dans les lycées en grande dif­fi­cul­té avec 3024 TZR qui seraient dis­po­nibles. De deux choses l’une : soit il y a eu des erreurs et vous nous dites que les rec­teurs sont res­pon­sables de ces erreurs ; soit il y avait une inadé­qua­tion entre les besoins et les dis­ci­plines ou les zones d’intervention de ces TZR. Il n’est évi­dem­ment pas conce­vable pour nous qu’un TZR soit envoyé en dehors de sa zone d’intervention ni qu’il subisse une pres­sion pour ensei­gner dans une autre matière que la sienne.

À l’instant T, aucune consigne n’a été don­née dans les rec­to­rats. Les ser­vices de ges­tion sont déjà sous l’eau et leurs condi­tions de tra­vail sont encore aggra­vées par les cyberattaques.

Concer­nant votre annonce sur le rem­pla­ce­ment de courte durée et le PACTE, cha­cun sait que c’est un fias­co car, là aus­si, il y a les pro­blèmes d’adéquation avec les emplois du temps et les matières. De plus, les col­lègues sont déjà sur­char­gés de tra­vail. Peu sont volon­taires mal­gré la pau­pé­ri­sa­tion qui s’accélère.

En conclu­sion, votre gou­ver­ne­ment sera bien ins­pi­ré d’entendre la colère qui monte chez les lycéens, chez les étu­diants, chez les Fonc­tion­naires et tous les sala­riés, face aux bud­gets d’austérité qu’ils subissent déjà, et que vous pro­po­sez encore d’aggraver avec 54 mil­liards de coupes supplémentaires.

Réponse d’E. Gef­fray :

Il n’y aura aucun renon­ce­ment de ma part concer­nant les sanc­tions, notam­ment en cas d’atteinte aux per­son­nels. Ceux qui ont été mar­qués dans leur chair, mena­cés, doivent être protégés.

Pour les TZR, il y a deux configurations :

  • La vitesse de réac­tion des ser­vices est par­fois inégale.
  • Il n’y a pas d’adéquation dis­ci­pli­naire, mais ces per­son­nels sou­haitent quand même être devant des élèves.

On res­pec­te­ra les mêmes règles que d’habitude. On va uti­li­ser de nou­veaux outils pour pro­cé­der à leur affec­ta­tion. [Note de la fédé­ra­tion : En ce cas, pour­quoi n’ont-ils pas déjà été appe­lés ?]

Concer­nant les listes com­plé­men­taires, ils ont tous été recru­tés dans le 2d degré. Pour le pre­mier degré, je vais regar­der. [Note de la fédé­ra­tion : même réponse qu’au CSE du 17 sep­tembre. Pen­dant ce temps, les col­lègues ne sont pas recru­tés alors qu’il y a des besoins.]

Concer­nant Par­cour­sup, un tra­vail est enga­gé pour qu’il y ait plus de trans­pa­rence, mais il n’est pas ques­tion de sup­pri­mer cet outil qui a fait ses preuves. Par quoi le rem­pla­ce­rait-on ? [Note de la fédé­ra­tion : Par l’inscription de tous les lau­réats du bac­ca­lau­réat dans la filière de leur choix en ouvrant les places néces­saires dans l’enseignement supé­rieur.]

Concer­nant les rem­pla­ce­ments de courte durée et le PACTE, s’il y a des col­lègues volon­taires, où est le problème ?

Concer­nant les postes et le bud­get, le par­le­ment est la bonne enceinte pour en débattre. Mais si on suit la baisse démo­gra­phique, ce sont 10 000 postes qui devraient être sup­pri­més. Nous n’en sup­pri­mons que 1588. Le taux d’encadrement va s’améliorer. Dans le pre­mier degré, nous allons repas­ser sous la moyenne de l’OCDE. Je compte sur les orga­ni­sa­tions syn­di­cales pour le signa­ler aux per­son­nels. [Sic !]

Concer­nant les places man­quantes en éta­blis­se­ment spé­cia­li­sé, il y a le plan 50 000 solu­tions. [Note de la fédé­ra­tion : ce plan nébu­leux, qui com­prend la mise en place des PAS, ne répond en rien aux reven­di­ca­tions et à l’exigence de recru­te­ment d’enseignants spé­cia­li­sés pour faire face aux besoins.]

Je main­tiens les Pôles d’Appui à la Sco­la­ri­té (PAS).

Concer­nant le sta­tut des AESH, le tra­vail se pour­suit. [Note de la fédé­ra­tion : les der­nières pro­po­si­tions étaient un « Sta­tut » à 1607h pour 20% des AESH pour deve­nir « assis­tants d’accessibilité. Inac­cep­table !]

Concer­nant les postes infir­miers, assis­tants sociaux et psyEN, je compte créer à nou­veau 300 postes. Je ne peux pas en créer plus, car il n’y a pas assez de vivier. [Note de la fédé­ra­tion : les concours pour ces caté­go­ries sont lar­ge­ment pour­vus, donc cette affir­ma­tion régu­liè­re­ment assé­née est fausse. De plus, 300 postes, c’est ridi­cule par rap­port aux besoins.]

Concer­nant le bâti sco­laire, c’est en dis­cus­sion au pro­jet de loi de finances. [Note de la fédé­ra­tion : avec 54 mil­liards de coupes bud­gé­taires, on est confiant pour les dis­cus­sions.]

Concer­nant les emplois du temps, j’avais cru com­prendre que vous ne sou­hai­tiez pas ouvrir de nou­velles dis­cus­sions sur les rythmes sco­laires. Mais on peut l’envisager. [Note de la fédé­ra­tion : nou­velle pro­vo­ca­tion du ministre alors que la ques­tion est l’abrogation de la réforme du lycée.]

Conclu­sion :

Le ministre ne répond à aucune reven­di­ca­tion. La FNEC FP-FO appelle à ampli­fier la mobi­li­sa­tion et à la grève le 13 octobre. En région pari­sienne, des AG d’étudiants appellent à mani­fes­ter en direc­tion de Mati­gnon le 13 octobre, lors du vote du bud­get.” Ils ont rai­son : c’est là où ça se décide, et nous en serons !

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Compte rendu de l’audience du 9 octobre 2026

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