Le campus des métiers de Blanquer : menace aggravée sur les statuts et la formation professionnelle initiale publique

23 Mai, 2019Actualités, Communiqué

Un projet de décret rejeté au CSE du 16 mai vise à « sécuriser dans la loi » les nouveaux critères de labellisation du campus des métiers « réseaux de formation public-privé, formation initiale-continue, secondaire-supérieur » inscrits dans « cahier des charges pour l’obtention ou le renouvellement du label » du 13 décembre 2018.  (Vote : Pour 7 (SNPDEN,MEDEF), Contre 41 (FO, FSU, CGT, SUD, SNALC, UNSA), Abstention : 8)

C’est à la fois la mise en œuvre de la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel et la continuité de la loi de refondation Peillon 2012 : généralisation de l’apprentissage, transfert des compétences aux régions au nom des « besoins économiques des entreprises du territoire » pour reprendre les termes du ministère.

Une gouvernance à égalité entre les établissements scolaires, universitaires et les entreprises

« Aujourd’hui, la gouvernance doit être plus formalisée qu’elle ne l’est aujourd’hui » déclare le ministère. Le texte crée une instance de gouvernance du « Campus des métiers » qui devra intégrer au moins un établissement du second degré, un établissement de l’enseignement supérieur et une entreprise. Bien que le ministère s’en défende, cela ressemble fort à la volonté d’aller au-delà du « réseau d’établissements », vers « un nouvel établissement » dans lequel l’entreprise serait à égalité avec l’éducation nationale.

Le projet crée un nouvel label, « Excellence », qui implique la collaboration et le partage des ressources avec les entreprises, au niveau national comme international : le « partage de plateaux techniques, parcours communs de formation, diplômes communs, construction de supports et de plateforme de formation. »

C’est ni plus ni moins un pas de plus vers la privatisation de la formation professionnelle.

Le continuum bac-3 bac+3 et la menace d’une fusion des corps

C’est la mise en place du continuum bac-3 bac+3 prévue par la loi Peillon, du lycée à l’université. Avec la mixité des publics, se profile une suppression des corps particuliers de la fonction publique, dans la droite ligne de la loi dite de transformation de la fonction publique. Les corps de certifiés, d’agrégés, de PLP pourraient être fusionnés et les garanties statutaires qui y sont attachées, disparaître. Il n’y aurait alors plus qu’un vivier d’ETP.

Un label de durée variable, 5 ans maximum

Le label est de durée variable : « durée maximale de 5 ans » au lieu d’une durée fixe de 4 ans auparavant « pour donner une chance à des projets en devenir sans entamer l’image du label ». Les 5 ans correspondent à la durée des diplômes, réévalués tous les cinq ans par France Compétence, instance dans laquelle les organisations syndicales ne siègent pas au contraire du CNEFOP qui était un organisme public et paritaire.

Cette logique de projets territoriaux se conjugue avec les contrats de projet inscrits dans l’article 6 du projet de loi de Transformation de la fonction publique.

Un label validé par un « groupe d’experts » désigné par les ministères de l’Education nationale, de l’Enseignement Supérieur et du Travail

Au niveau national, le Conseil National de l’Education et de l’Economie qui donnait son avis sur le projet définitif de labellisation disparaît. Il ne restera qu’un groupe d’experts ad hoc désigné par les trois ministères, composé de 12 experts issus du monde économique (représentants de branches), 12 de l’état et 12 des collectivités territoriales. Aucune garantie n’est donnée, par ailleurs, sur la participation effective des organisations des salariés à cette instance dont les contours juridiques restent flous.

La FNEC-FP FO défend inconditionnellement la formation professionnelle initiale publique sous statut scolaire. Elle s’oppose toujours à la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel et aux nouveaux campus des métiers qui en sont une déclinaison.

Elle défend inconditionnellement le statut général et les statuts particuliers de la fonction publique. Elle demande l’abandon de la loi Dussopt.

Multiplication des attaques contre l’École publique, l’Université et leurs personnels

Chaque jour qui passe met un peu plus en évidence que la crise du Covid-19 devient prétexte à poursuivre et amplifier les contre-réformes engagées à l’encontre de l’école publique républicaine et ses personnels. Ce n’est pas ça, l’école publique et laïque La...

Déclaration de la FNEC FP-FO au Comité Technique ministériel du 20 mai 2020

La FNEC FP-FO revendique le retrait immédiat de la loi sur l’état d’urgence « sanitaire », que le gouvernement vient de prolonger, toujours sans tests de dépistage systématique, sans masques, sans mesures réellement sanitaires. Il se donne les pleins pouvoirs pour...

Réforme des concours et de la «formation des enseignants» : un concentré de territorialisation et de contractualisation

Dans ce domaine comme dans d’autres, la crise du Covid-19 n’a aucunement infléchi les projets du ministère : en effet la nouvelle présentation le 14 mai du projet d’arrêté «fixant le cadre national des formations dispensées au sein des masters MEEF» enkyste la...

Courrier au ministre sur la fiche pédagogique « Coronavirus et risque de replis communautaristes »

Monsieur le Ministre, Nous avons été stupéfaits à la lecture de la fiche pédagogique « Coronavirus et risque de replis communautaristes », publiée sur le site du ministère, et annexée à la circulaire du 5 mai 2020 relative à la réouverture des établissements...

Comité Technique Ministériel : le ministre déréglemente et territorialise au prétexte de la crise sanitaire !

Le Comité Technique Ministériel de l’Education nationale, réuni le 5 mai en présence du ministre, avait à l’ordre du jour la réouverture des écoles et des établissements. La FNEC FP-FO a fait valoir les revendications des milliers de personnels et la colère qui monte...

« Protocoles » sanitaires : la FNEC FP-FO refuse le chaos que veut nous imposer le ministre !

Les projets de « protocoles », dont tout le monde a été destinataire avant les organisations syndicales, ont mis en lumière l’impréparation et la précipitation du ministre face aux injonctions présidentielles et patronales pour une réouverture « coûte que coûte » le...

Annonces du Premier ministre : aucune réponse, aucune garantie !

Le Premier ministre a présenté son plan de déconfinement : il a surtout mis en avant les impératifs économiques, face auxquels la santé des personnels et des élèves ne compte pas. Les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits, sauf dans les établissements...

Le 11 mai ou après… Pas de reprise sans dépistage systématique, sans tous les moyens de protection nécessaires !

Les personnels soussignés considèrent que l’annonce du président de la République le 13 avril de rouvrir les crèches, écoles et établissement scolaires à partir du 11 mai, alors même que tous les lieux publics resteront fermés, est irresponsable, dangereuse,...

Imposer les congés en plein confinement : une honte ! Abrogation des ordonnances !

Cela fait plus d’un mois que les personnels assurent la continuité des activités dans les services comme dans les établissements, parfois dans des conditions difficiles, en présentiel, en télétravail, en dispense d'activité ou en ASA… Les agents sont toujours présents...

Les stagiaires ne doivent pas être les victimes collatérales du Coronavirus !

 Dans la plupart des académies, les recteurs ont annoncé une titularisation des stagiaires en décembre 2020. Inadmissible ! En quoi ont-ils démérité ? Rien ne justifie ce report. Rien ne justifie que le statut de stagiaire, leur mutation et déroulement de carrière...