Décla­ra­tion limi­naire de la FNEC FP-FO au CTMEN du 27 novembre 2020

27 Nov, 2020CTM/CSE

Temps de lec­ture : ( mots)

La FNEC FP-FO a été indi­gnée par ce qui est sur­ve­nu le lun­di 23 novembre à Paris lors de la dis­per­sion d’un cam­pe­ment de réfu­giés sans abris.

La police a dis­per­sé la foule d’exilés et de béné­voles de la place de la Répu­blique au gaz lacry­mo­gène avant de les pour­suivre dans le centre de Paris dans des scènes d’une rare vio­lence. Cer­tains migrants ont pris la fuite, empor­tant ce qu’ils ont pu avec eux. D’autres ont été la cible de coups de matraque. Des jour­na­listes ont aus­si été pris à partie.

Ces faits inquié­tants pour la démo­cra­tie sur­viennent au moment même où la loi « sécu­ri­té glo­bale » est en dis­cus­sion accé­lé­rée au par­le­ment. Cette loi est reje­tée par des dizaines de mil­liers de mani­fes­tants same­di der­nier, de syn­di­cats, d’associations, de démo­crates, de jour­na­listes… Elle s’en prend aux liber­tés indi­vi­duelles, à la liber­té de mani­fes­ter et à la liber­té de la presse. Elle consti­tue un pas de plus dans l’escalade de la vio­lence et de la répres­sion à l’encontre des mani­fes­tants et des syndicalistes.

C’est donc bien le gou­ver­ne­ment qui est entiè­re­ment res­pon­sable des bru­ta­li­tés inac­cep­tables com­mises Place de la Répu­blique. La FNEC FP-FO les condamne sans réserve comme elle l’a tou­jours fait, quelles qu’en soient les victimes.

C’est dans ce contexte que notre cama­rade Sabine Ray­naud, mili­tante du SNUDI-FO 34, est convo­quée au tri­bu­nal le 1er décembre, pour avoir mani­fes­té en juin 2019 sur un péage, dans le cadre d’une mani­fes­ta­tion de Gilets Jaunes. Elle est pour­sui­vie pour « entrave à la cir­cu­la­tion » et « dis­si­mu­la­tion du visage lors d’une mani­fes­ta­tion ». Rap­pe­lons qu’elle dif­fu­sait des tracts contre la loi Blan­quer, la bouche dis­si­mu­lée par un fou­lard pour sym­bo­li­ser la volon­té du ministre de faire taire les reven­di­ca­tions. La FNEC FP-FO exige que les pour­suites soient immé­dia­te­ment abandonnées.

C’est éga­le­ment dans ce contexte que la presse publie de nom­breux témoi­gnages accu­sant le Ministre d’a­voir ins­tru­men­ta­li­sé le syn­di­cat « Ave­nir lycéen » pour faire la pro­mo­tion de ses réformes, notam­ment celle du Bac­ca­lau­réat, et sur­tout rompre tout dia­logue avec les syn­di­cats lycéens qui lui sont oppo­sés. La FNEC FP-FO demande que toute la lumière soit faite sur les liens entre « Ave­nir lycéen » et le ministère.

Sans démo­cra­tie, pas de syn­di­ca­lisme libre : la FNEC FP-FO reste déter­mi­née à agir, comme elle l’a fait le same­di 21 novembre, avec toutes celles et ceux qui s’opposent à cette loi de sécu­ri­té glo­bale et en exigent le retrait.

Alors que notre pays est tou­jours sou­mis au confi­ne­ment et au couvre-feu, le Pre­mier ministre a envoyé le 18 novembre 2020 à son gou­ver­ne­ment et en par­ti­cu­lier à ses pré­fets pour une appli­ca­tion sans délais des réformes de l’Etat, une cir­cu­laire sur le sui­vi de l’exécution des prio­ri­tés gou­ver­ne­men­tales. On peut lire dans cette cir­cu­laire que ce n’est pas le virus qui arrête les contre- réformes. Alors que le ser­vice public est indis­pen­sable dans ces moments dif­fi­ciles, le gou­ver­ne­ment per­siste à le réduire, voire à l’anéantir.

C’est ain­si que le gou­ver­ne­ment publie deux décrets d’ap­pli­ca­tion de la loi de Trans­for­ma­tion de la Fonc­tion publique qui abou­tissent à inter­dire aux agents d’être repré­sen­tés. Sup­pri­mer les CHSCT, en pleine crise sani­taire et alors que le gou­ver­ne­ment met en place un plan social qui ins­talle dura­ble­ment des réor­ga­ni­sa­tions de ser­vice per­ma­nentes, relève de l’irresponsabilité. Reti­rer aux CAP leurs pré­ro­ga­tives, c’est trans­for­mer la rela­tion à l’employeur pour pas­ser de garan­ties col­lec­tives à une rela­tion indi­vi­duelle clone du contrat dans le privé.

L’agenda social du ministre – qui n’a de social que le nom – s’inscrit tota­le­ment cette logique de remise en cause des statuts.

La FNEC FP-FO n’a pas vou­lu être asso­ciée à l’opération bap­ti­sée « Gre­nelle » et nous avons tou­jours consi­dé­ré que notre place n’était pas dans ces ate­liers mélan­geant syn­di­cats et socié­té civile, pré­si­dés par des « per­son­na­li­tés », où les repré­sen­tants des per­son­nels sont réduits au rôle de faire-valoir des déci­sions du ministre.

Les sce­na­rios de « reva­lo­ri­sa­tion » sont donc main­te­nant connus. Ils sont pour la FNEC FP-FO par­fai­te­ment insuf­fi­sants et ne peuvent être pris par les per­son­nels que comme une provocation.

Ce « Gre­nelle » est éga­le­ment l’occasion pour le ministre de pré­pa­rer de nou­velles attaques sans pré­cé­dents contre les droits et sta­tuts des per­son­nels de l’Education natio­nale. De nom­breuses dis­po­si­tions pré­sen­tées dans l’agenda minis­té­riel aggravent le PPCR, la réforme ter­ri­to­riale et la loi Ecole de la Confiance pour ins­tau­rer un non-droit local, où la car­rière des agents est « managée

» par un « accom­pa­gne­ment indi­vi­duel et col­lec­tif », des for­ma­tions for­ma­tage impo­sées, le télé­tra­vail per­ma­nent et déré­gle­men­té, tout cela sous la hou­lette de RH de proxi­mi­té, véri­table DRH d’une École ter­ri­to­ria­li­sée. Ces dis­po­si­tions s’articulent avec des mesures telle que la loi Ril­hac sur la direc­tion d’école, la fusion des dif­fé­rents corps d’inspection en un corps unique, la réforme de pré­pro­fes­sion­na­li­sa­tion du concours qui déve­loppe la contrac­tua­li­sa­tion à l’entrée dans le métier, la remise en cause du Bac­ca­lau­réat natio­nal, Parcoursup…

Les per­son­nels n’acceptent pas la remise en cause de leurs garan­ties sta­tu­taires, de leurs missions.

Pas plus qu’ils ne sont dupes des pro­messes sala­riales qui feraient miroi­ter une hypo­thé­tique aug­men­ta­tion, qu’elle soit pro­mise ou non dans une loi pluriannuelle.

L’heure est à la néces­saire mobi­li­sa­tion contre le « Gre­nelle » du ministre pour y oppo­ser les revendications :

  • L’augmentation immé­diate des salaires, le rat­tra­page du pou­voir d’achat per­du depuis 20 ans avec l’augmentation de 20% de la valeur du point d’indice et une aug­men­ta­tion immé­diate de 183€ net pour tous les per­son­nels de l’Education Natio­nale, comme l’ont obte­nu les hospitaliers ;
  • Le retrait de toutes les remises en cause sta­tu­taires enga­gées par le ministre : pro­jet de loi Ril­hac sur la direc­tion, for­ma­tions en constel­la­tion, réforme des concours, fusion des corps d’inspection, mise en place d’un 4ème RDV de car­rière, déve­lop­pe­ment de la RH de proxi­mi­té visant à ins­tau­rer un mana­ge­ment sur le modèle du pri­vé au sein de l’Education Nationale…

La FNEC FP-FO a pris connais­sance des pro­po­si­tions d’expérimentation sur l’Education prioritaire.

Elles ne répondent pas aux demandes des per­son­nels. Elle revendique :

  • Aucun recul en termes de condi­tions de tra­vail et de régime indem­ni­taire pour les per­son­nels : ce qui signi­fie aucune sor­tie pour les écoles et col­lèges actuel­le­ment en REP et REP + et main­tien du paie­ment de la prime ZEP pour les lycées ;
  • Ouver­ture de négo­cia­tion pour que de nou­velles écoles, de nou­veaux col­lèges, de nou­veaux lycées puissent être labellisés ;
  • Refus d’une part variable pour les indem­ni­tés REP et REP + ;
  • Indem­ni­tés pour tous les per­son­nels, quelle que soit leur caté­go­rie en par­ti­cu­lier AESH, AED ;
  • Main­tien de tous les dis­po­si­tifs pour que les per­son­nels puissent faire valoir leur ancien­ne­té en

Edu­ca­tion prio­ri­taire, notam­ment pour les muta­tions et l’avancement de grade.

Enfin, face à la mobi­li­sa­tion impor­tante des per­son­nels, par la grève notam­ment le 10 novembre, le ministre a annon­cé l’embauche de mil­liers de contrac­tuels dans les écoles et les établissements.

Pour la FNEC FP-FO, puisque le ministre recon­naît le manque de per­son­nels, une évi­dence s’impose : ces per­son­nels recru­tés doivent immé­dia­te­ment deve­nir fonc­tion­naires stagiaires !

La FNEC FP-FO sou­tien­dra toutes les ini­tia­tives déci­dées par les per­son­nels et leurs orga­ni­sa­tions en défense des reven­di­ca­tions et des liber­tés, à com­men­cer par les liber­tés syndicales.

Elle par­ti­ci­pe­ra, avec d’autres orga­ni­sa­tions syn­di­cales, aux mani­fes­ta­tions et ras­sem­ble­ments qui s’annoncent mas­sifs ce same­di 28 novembre pour le retrait du pro­jet de loi « sécu­ri­té globale ».

le 27 novembre 2020

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